Au 10 Downing Street, Boris Johnson promet de "faire le Brexit coûte que coûte"
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Peter Nicholls
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Il était donné favori. Boris Johnson a bien été élu ce mardi 23 juillet à la tête du Parti conservateur, devançant largement son adversaire Jeremy Hunt, le secrétaire au Foreign Office, ce qui fera de lui dès ce mercredi le nouveau Premier ministre britannique en remplacement de Theresa May.
Les 160.000 adhérents du Parti conservateur étaient appelés à se prononcer sur l'identité du nouveau chef des Tories, majoritaires, et donc du gouvernement.
L'ancien maire de Londres, âgé de 55 ans, a recueilli 92.153 voix et Jeremy Hunt 46.656. Lui-même ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson avait quitté ses fonctions l'an dernier en désaccord avec le plan de Brexit négocié par Theresa May.
Sa première mission sera de mener à bien la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, qu'il est déterminé à finaliser coûte que coûte. Il a employé ces derniers jours l'expression de "do-or-die" (ça passe ou ça casse), nouvelle version du "deal or no deal".
Cette sortie, qui aurait dû se produire en mars dernier, a été reportée à deux reprises malgré les efforts déployés par Theresa May qui a fini par jeter l'éponge. Johnson entend persuader les Européens de revoir les termes de l'accord négocié par May, mais Bruxelles s'y oppose, ce qui laisse entrevoir une sortie non négociée aux conséquences politiques et économiques incertaines.
Le président Donald Trump a adressé ses félicitations au nouveau dirigeant britannique. "Il va être super !", a-t-il écrit sur Twitter.
A Paris, Emmanuel Macron a également félicité Boris Johnson et souhaité pouvoir travailler au plus vite avec lui.
L'Union européenne aussi a félicité Boris Johnson dès l'annonce de sa victoire tout en réaffirmant qu'il n'était pas question de renégocier le Brexit.
Il a cependant rappelé que l'UE était prête à retravailler la déclaration politique sur ses relations futures avec le Royaume-Uni.
Quelques minutes avant l'annonce de la victoire de Johnson, le numéro deux de la Commission européenne, Frans Timmermans, a déclaré que l'UE n'accepterait pas de modifier l'accord signé avec Theresa May et qui a été rejeté à trois reprises par le Parlement britannique.
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Même le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a félicité l'homme politique britannique, soulignant dans un tweet que l'Iran ne recherchait pas la confrontation avec Londres.
Le ministre iranien des Affaires étrangères ajoute "que la saisie d'un pétrolier iranien (à Gibraltar) par le gouvernement de May, à la demande des Etats-Unis, est un acte de piraterie pure et simple".
La livre sterling, qui se situe déjà à son plus bas niveau depuis deux ans, a peu réagi à l'élection de Boris Johnson, en attendant de voir si le nouveau Premier ministre conduira le Royaume-Uni vers un Brexit sans accord. La livre a progressivement effacé ses pertes du début de journée pour s'inscrire dans le vert sur la séance, les analystes évoquant un "mini-rally" de soulagement après des semaines de baisse pendant lesquelles le marché a eu le temps de digérer la nouvelle donne politique.
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Le ton guerrier de Johnson a fait perdre au sterling 2% de sa valeur face au dollar depuis le début du mois de juillet, et la devise de sa Majesté s'est dépréciée sur 11 des 12 semaines écoulées.
L'attention des investisseurs se tourne désormais vers la composition du futur gouvernement britannique et le ton qu'il adoptera pour sa prise de contact avec Bruxelles.
Un "no deal" est le scénario jusqu'au-boutiste cauchemardesque des milieux économiques.
(avec AFP et Reuters)
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