Shutdown : Fitch menace de dégrader la note souveraine AAA des États-Unis

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Le président des États-Unis tient conférence le 13 mars 2018 au poste frontière d'Otay Mesa, près de San Diego, devant un prototype de mur anti-immigration destiné à équiper la frontière avec le Mexique.
Le président des États-Unis tient conférence le 13 mars 2018 au poste frontière d'Otay Mesa, près de San Diego, devant un prototype de mur anti-immigration destiné à équiper la frontière avec le Mexique. (Crédits : Reuters)
Si l'impasse budgétaire actuelle -800.000 fonctionnaires ne touchent plus de salaires- continue d'entraver l'établissement du budget et conduit le gouvernement à dépasser le plafond d'endettement, l'agence de notation estime que la crédibilité du pays est affaiblie. Mais Donald Trump s'accroche à son mur : il veut que le Congrès débloque une ligne budgétaire de 5,7 milliards de dollars pour ériger une barrière (et non plus un mur, trop cher) à la frontière mexicaine pour lutter contre l'immigration clandestine, l'une de ses principales promesses de campagne.

Ce mercredi 9 janvier est le 19e jour de "shutdown", c'est-à-dire de paralysie partielle des services fédéraux américains en l'absence d'accord entre le Congrès et le président Donald Trump sur sa demande de financement pour construire un mur à la frontière avec le Mexique.

Fitch, agence américaine de notation financière, a fait savoir mercredi qu'elle pourrait réduire sa note de crédit "triple A" (notée "AAA") accordée aux États-Unis cette année si l'impasse budgétaire actuelle -le "shutdown"- continue d'entraver l'établissement du budget et conduit le gouvernement à dépasser le plafond d'endettement.

"Si le 'shutdown' se prolonge jusqu'au 1er mars et si le plafond de la dette devient un problème quelques mois plus tard, on risque de devoir réfléchir au cadre politique, à l'incapacité d'adopter un budget (...) et au fait de savoir si tout cela est compatible avec un triple A", a déclaré James McCormack, responsable mondial des notes souveraines chez Fitch, une agence de notation internationale fondée à New York en 1913.

"Du point de vue de la notation, c'est le plafond de la dette qui est problématique", a-t-il ajouté.

La lutte contre l'immigration clandestine, promesse de Trump

Donald Trump n'a pas renoncé à recourir à l'état d'urgence pour contourner l'opposition du Congrès au financement qu'il réclame pour construire un mur à la frontière avec le Mexique (voir 2e graphique en pied d'article), a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison blanche.

Mardi soir, le président américain, dans une allocution à la nation américaine, la première qu'il prononçait du Bureau ovale de la Maison blanche, a défendu la nécessité de ce mur qui fut sa principale promesse lors de la campagne présidentielle de 2016.

Donald Trump a répété qu'il attendait que le Congrès débloque une ligne budgétaire de 5,7 milliards de dollars qu'il estime nécessaire pour ériger une barrière en métal - et non plus un mur en béton - à la frontière mexicaine.

Un quart de l'administration fédérale paralysée

La satisfaction de cette demande est la condition à la fin du shutdown, la paralysie partielle d'environ un quart de l'administration fédérale qui dure depuis le 22 décembre.

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[L'état des lieux, au 9 janvier 2019, de la paralysie de l'administration des Etats-Unis, à cause du conflit budgétaire entre le Congrès et le président Trump. Crédit : Statista*. Cliquez sur l'infographie pour l'agrandir plein écran]

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Le président américain a justifié ses exigences par des questions de sécurité, de lutte contre l'immigration clandestine et contre le trafic de drogue, ainsi que pour résoudre ce qu'il a qualifié de "crise humanitaire".

Une proclamation de l'état d'urgence "reste certainement une option, quelque chose qui demeure envisageable. C'est une question que l'on étudie", a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de la présidence américaine, sur la chaîne Fox News.

Sarah Sanders a émis l'espoir que les discussions entre l'administration et le Congrès puissent aboutir à une solution sur le financement et la fin du shutdown, le deuxième de l'histoire des Etats-Unis en termes de durée.

Donald Trump et son vice-président Mike Pence doivent se rendre mercredi à Capitol Hill pour un déjeuner hebdomadaire privé avec des sénateurs républicains.

Trump et Pence devraient appeler les parlementaires à demeurer fermes sur les demandes présidentielles en faveur du financement du mur à la frontière mexicaine.

800.000 fonctionnaires privés de salaires

Des élus républicains ont exprimé leur lassitude face à l'impasse politique provoquée par la décision de Trump de ne pas ratifier certains budgets, privant de rémunération quelque 800.000 fonctionnaires appartenant à neuf agences fédérales.

Plus tard dans la journée, Donald Trump doit s'entretenir avec des dirigeants démocrates et républicains pour tenter de trouver une issue à ce blocage institutionnel.

Le président américain a prévu de se rendre jeudi à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour faire la preuve de ce qu'il qualifie de "crise" migratoire et démontrer à ses partisans qu'il se bat pour tenir les promesses électorales qu'il leur a faites.

Les démocrates restent inflexibles

Du côté des démocrates, l'heure ne semble pas à la conciliation, si on en juge par la réponse que Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, leader de la minorité démocrate au Sénat, ont apportée à l'allocution présidentielle mardi soir. Pelosi et Schumer ont réaffirmé leur opposition au financement de la barrière frontalière.

Dans le courant de la semaine, Pelosi devrait demander à la Chambre des représentants de voter une série de lignes budgétaires en faveur des départements de la Sécurité intérieure, de la Justice, de l'Agriculture, du Commerce et du Travail.

Division dans l'opinion publique qui pointe la responsabilité de Trump

Pelosi espère que ces propositions de loi obtiendront ensuite le soutien du Sénat avec le concours de quelques élus du Parti républicain, qui dispose de la majorité dans cette assemblée.

Ce premier bras de fer entre Trump et la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants se traduit par une division de l'opinion sur cette question dont le président américain a fait un cheval de bataille politique.

Selon un sondage Reuters/Ipsos publié la semaine dernière, 50% des personnes interrogées imputent à Trump la responsabilité du "shutdown" alors que 32% estiment qu'elle incombe aux parlementaires démocrates et 7% aux élus républicains.

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(*) Deux graphiques de notre partenaire Statista.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 11/01/2019 à 10:39 :
Boff. ! On a déjà vu ce que valent les cotations des instituts de sondage...
L'Amérique, à l'inverse des désidérata de nos zélées zélites Françaises et supra (ex : traité de Marrakech) de rêve pas d'ouvrir ses frontières à tous les illégaux du monde pour casser les salaires et les lois du travail locales. Elle veut faire respecter l'ordre et ses lois. Et également casser les flux financiers alimentés par les trafics de drogue et les passeurs finançant depuis des lustres le deep state avec la complicité entre autres d'organismes fédéraux (CIA). Sur ce point il n'a pas tort.
a écrit le 10/01/2019 à 11:09 :
"Selon un sondage Reuters/Ipsos publié la semaine dernière, 50% des personnes interrogées imputent à Trump la responsabilité du "shutdown" alors que 32% estiment qu'elle incombe aux parlementaires démocrates et 7% aux élus républicains"

Heu... Sondage IPSOS aux états unis ou bien ne me dites pas quand même que vous avez interrogé les français sur ce problème 100% américain hein ?

Je n'ose pas l'imaginer mais je préfère poser la question...
a écrit le 10/01/2019 à 7:29 :
Fox news, le pendant de tf1. Des infos approximatives: L'amerique de trump.

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