Travail  : les Américains se privent de vacances pour ne pas fâcher leur boss

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Le temps de vacances inutilisé a coûté aux employés américains 272 milliards de dollars en 2015, soit 2.226 dollars par tête.
Le temps de vacances inutilisé a coûté aux employés américains 272 milliards de dollars en 2015, soit 2.226 dollars par tête. (Crédits : Reuters)
En 2015, les Américains ont laissé s'envoler 658 millions de jours de vacances. En cause : les managers n'ont pas assez incité les employés à prendre des congés.

Aux Etats-Unis, les vacances sont délaissées au profit du travail. Une étude de Project Time Off, réalisée grâce aux données de GfK et Oxford Economics, montre que les américains ne profitent pas intégralement de leurs congés payés. En 2015, ils ont laissé filer 658 millions de jours de vacances. Les Américains ont posé en moyenne 16,2 jours contre 20,3 jours avant le début des années 2000. Et l'addition est salée : "Ce temps inutilisé a coûté aux employés 272 milliards de dollars l'an passé, soit 2.226 dollars par tête", souligne Project Time Off. En un an, cette somme a augmenté de 21 %.

Une déconnexion entre les managers et les salariés

L'étude pointe du doigt le management à l'américaine : 91% des managers disent encourager activement les employés à prendre leurs vacances, mais seulement 39% des employés se sentent soutenus lorsqu'ils délaissent le bureau. Parmi eux, 68% disent entendre des messages négatifs ou ne rien entendre du tout à propos des vacances, "ce qui renforce la déconnexion entre les managers et les salariés en première ligne", assure Project Time Off.

Le rapport remarque aussi que les managers ne montrent pas l'exemple : "93% d'entre eux reconnaissent que les vacances sont importantes pour leurs employés, mais 59% ont laissé des jours de congés sur la table l'année dernière." Parmi les managers, trois raisons principales sont invoquées pour laisser passer ses vacances : "Revenir avec une montagne de travail à rattraper", "personne d'autre ne peut faire mon travail" et "il est plus difficile de prendre des congés lorsque l'on gravit des échelons dans l'entreprise".

Les vacances favorisent la créativité

Pourtant, se la couler douce en vacances permettrait de revenir au travail plus concentré et créatif selon 84% des managers. L'étude rapporte que l'idée des filtres Instagram, qui ont rendu l'application si populaire, a été trouvée par le fondateur Kevin Systrom à Mexico alors qu'il se baladait sur la plage avec sa fiancée. Howard Schultz, président de Starbucks, a quant à lui trouvé l'inspiration à Vérone, dans les années 1980. Il a remarqué le savoir-faire utilisé dans chaque café. "Dans chaque boutique que je visitais, je commençais à voir les mêmes personnes interagir. Il m'est apparu que ce que ces cafés ont créé un rituel du matin et un sens de la communauté."

Si tous les américains prenaient la totalité de leurs vacances, cela générerait 223 milliards de dollars pour l'activité économique du pays et 1,6 millions d'emplois. Pour inciter à prendre des vacances, certaines entreprises américaines vont jusqu'à offrir des bonus à leurs salariés. Dans le Colorado, l'entreprise de logiciels Full Contact donne depuis 2012 à chaque employé 7.500 dollars pour s'évader avec trois commandements à respecter : "1/ Tu dois partir en vacances, sinon tu ne recevras pas l'argent. 2/ Tu dois déconnecter. 3/ Tu ne peux pas travailler pendant tes congés."

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Commentaires
a écrit le 19/10/2016 à 9:48 :
Pas possible en France car travailler plus alors les gains sont confisqués, donc pour nous c'est vacances toute l'année, un petit pastis ?
a écrit le 19/10/2016 à 9:06 :
Merci pour cet article.

Et oui pour être compétitif il faut se reposer, il serait temps de le dire aux petits caporaux chefs névrosés qui adorent dominer le personnel.

Mais comment vont ils faire pour se sentir exister sans personne à soumettre ?
Réponse de le 20/10/2016 à 10:06 :
Je pense comme l'intervenant précédant qu'il traine encore beaucoup trop de parasites hiérarchiques incompétents et auto-protectionnistes invétérés. Des donneurs de leçons bien plus exigeants avec les autres qu'avec eux-même souvent à l'origine de frustrations injustifiées. Être performant ne peut s'envisager qu'à condition d'évoluer dans environnement favorable à son propre épanouissement.

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