"Trump a payé 750 dollars d'impôt en 2016" (et zéro pendant dix ans) : les révélations explosives du New York Times

 |  | 983 mots
Lecture 5 min.
Les déclarations d'impôt de l'homme d'affaire new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au cœur d'une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970.
Les déclarations d'impôt de l'homme d'affaire new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au cœur d'une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970. (Crédits : Reuters)
Le quotidien américain a publié une enquête après s'être procuré les données fiscales "sur plus de vingt ans" de l'actuel président des États-Unis et ex-magnat de l'immobilier ainsi que sur "les centaines de sociétés qui composent son groupe" non coté. Des informations "bidon" selon l'intéressé qui s'est toujours refusé à dévoiler ses déclarations fiscales, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970. Publiées juste avant le débat très attendu face à Joe Biden, ces révélations donneront peut-être un avantage au challenger démocrate, mais rien n'est moins sûr, ce dernier étant loin d'être à l'aise dans cet exercice télévisuel.

Peu ou pas d'impôt: des révélations du New York Times sur les déclarations fiscales que Donald Trump s'est toujours refusé à dévoiler ont fait irruption dimanche dans la course à la Maison Blanche avant son débat très attendu face au candidat démocrate Joe Biden.

Le quotidien américain a publié une enquête après s'être procuré les données fiscales "sur plus de vingt ans" concernant l'ex-magnat de l'immobilier "et les centaines de sociétés qui composent son groupe" non coté.

Zéro impôt sur le revenu pendant dix ans

"Donald J. Trump a payé 750 dollars d'impôt fédéral sur le revenu l'année où il a remporté la présidence", en 2016, et autant "sa première année à la Maison Blanche", en 2017, écrit le journal.

"Il n'a pas du tout payé d'impôt sur le revenu au cours de 10 des 15 années précédentes, en grande partie car il a déclaré plus de pertes d'argent que de gains", écrit le quotidien américain. Selon le New York Times, M. Trump a également appliqué des déductions pour ses résidences, son avion privé et, à hauteur de 70.000 dollars, pour ses frais de coiffeur avant ses apparitions à la télévision.

"Informations bidon" selon Donald Trump

"Ce sont des informations bidon, totalement inventées", a répondu le milliardaire républicain dans une conférence de presse à la Maison Blanche.

"J'ai payé beaucoup, et j'ai payé beaucoup d'impôts sur le revenu au niveau de l'Etat aussi", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Les déclarations d'impôt de l'homme d'affaire new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au coeur d'une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970.

Celui qui a fait de sa fortune un argument de campagne a aussi alimenté, par son refus, les spéculations sur l'étendue de cette richesse, sur de possibles pratiques d'optimisation fiscale à la frontière de la légalité ou sur de potentiels conflits d'intérêt.

Trump, Air Force One, Mountain View,

[Donald Trump, en septembre 2019 sur l'aéroport de Moffett, en Californie, remonte dans son avion présidentiel, Air Force One, un billet dépassant de sa poche arrière. Photo: Tom Brenner/ Reuters]

Le sujet risque d'électriser un peu plus la campagne pour la présidentielle du 3 novembre, deux jours avant le premier duel télévisé de mardi soir.

Les informations du New York Times montrent "le mépris total de Trump pour les familles de travailleurs américaines", a réagi la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

"Le président a joué avec le code des impôts à son avantage et s'est servi de combats juridiques pour retarder ou éviter de payer ce qu'il doit", a estimé le représentant démocrate Richard Neal, qui demande inlassablement mais sans succès que les déclarations de revenus de M. Trump soient publiées.

Dans un tweet, l'équipe de campagne de Joe Biden s'est contentée de rappeler le montant moyen de l'impôt fédéral sur le revenu payé par un enseignant (7.239 dollars), un pompier (5.283 dollars) ou un infirmier (10.216 dollars), professions durement frappées par la crise sanitaire ou par les récents incendies géants dans l'Ouest américain.

Trump veut faire passer Biden au "test antidopage"

Signe du climat ambiant de divisions extrêmes, Donald Trump a très sérieusement soupçonné dimanche son adversaire démocrate de prendre des drogues ou des médicaments pour "améliorer ses performances".

"Je vais fermement exiger un test antidopage pour Joe Biden l'endormi avant ou après le débat mardi soir", a tweeté le président américain, en retard dans les sondages, tout en assurant qu'il accepterait de se soumettre aux mêmes analyses.

"Ses performances lors des débats ont été INEGALES comme jamais, pour dire les choses gentiment. Seuls des médicaments ont-ils pu provoquer ces écarts ???", a-t-il ajouté, avant de s'interroger sur la prestation "correcte" de son rival lors du débat de la primaire démocrate contre Bernie Sanders.

Interrogé par la presse, Joe Biden s'est refusé, en souriant, à tout commentaire sur ce sujet.

Le président sortant de 74 ans ne cesse de railler l'absence de dynamisme présumée de son rival de 77 ans, voire de suggérer une forme de sénilité chez l'ancien vice-président. Mais avec son tweet dominical, il a aussi semblé vouloir prendre les devants en cas de bonne performance de Joe Biden mardi.

La confrontation télévisée ne sera pas facile pour le challenger Joe Biden

Le démocrate qui, au nom des précautions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, mène une campagne plus discrète que celle tambour battant du républicain et ne s'expose que rarement à la contradiction, sera comme rarement sous les projecteurs.

Connu pour ses gaffes et dérapages, il a admis que la confrontation télévisée serait "difficile". "Ce sera essentiellement attaques personnelles et mensonges", "c'est tout ce qu'il sait faire", a-t-il dit au sujet du président.

Donald Trump entend, lui, arriver au débat auréolé, auprès de sa base, du choix annoncé samedi d'Amy Coney Barrett, une magistrate connue pour ses convictions religieuses traditionalistes, pour siéger à la Cour suprême.

Il a de nouveau prédit dimanche, sur la chaîne Fox News, une confirmation "rapide" de cette nomination par le Sénat, où son camp républicain est majoritaire.

Joe Biden a lui réitéré son appel au Sénat à ne "pas se prononcer" avant l'élection présidentielle, conscient que cette nomination devrait renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé qui tranche les grands débats de société.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/09/2020 à 12:24 :
les américains ne votent pas pour Trump par adhésion mais par défaut, c est le seul à renverser la table du politiquement correct et de la mondialisation sans limite que les élites américaines ont infligés à la classe pauvre et moyenne blanche, c est un vote de colère et de rage ou le rationnel a disparu d ou le risque d’une confrontation violente entre les 2 Amériques.
a écrit le 29/09/2020 à 11:13 :
les américains ne votent pas pour Trump par adhésion mais par défaut, c est le seul à renverser la table du politiquement correct et de la mondialisation sans limite que les élites américaines ont infligés à la classe pauvre et moyenne blanche, c est un vote de colère et de rage ou le rationnel a disparu d ou le risque d’une confrontation violente entre les 2 Amériques.
a écrit le 28/09/2020 à 19:42 :
Un scoop qui était déjà sorti il y a 1 ou 2 ans il me semble... Quand on publie 2 fois la même info avant une élection, n'est ce pas faire de la politique et plus du journalisme ?
a écrit le 28/09/2020 à 17:29 :
"Donald Trump a très sérieusement soupçonné dimanche son adversaire démocrate de prendre des drogues".

En même temps, si on s'occupait de notre ancien banquier devenu président,on aurait surement des surprises car la plupart dans ce milieu prennent pas mal de substance illicite pour tenir la cadence.Juste un cheveu avec la racine suffirait, faut demander à son coiffeur.
a écrit le 28/09/2020 à 15:14 :
"car il a déclaré plus de pertes d'argent que de gains" heuuu donc ?!!!
C'est illégal ou juste un petit buzz pour continuer la propagande anti Trump ?
Le populisme médiatique est hallucinant ! Qu'on ne l'apprécie pas ça c'est bon on aura compris !!! je crois qu'il est même interdit de dire qu'il fait des choses bien comme Israel - UAE !
Que les excités se calment, ils auront Joe et tout sera merveilleux, plus de réchauffement, plus de Covid, plus de migrants ... c'est extraordinaire comme Biden sera meilleur qu'Obama !

A ce jour le programme de Biden est inconnu, on est dans la formule "Hollande pour éviter Sarko" la suite a donné ... strictement rien, ce sera la même aux USA !
Sauf évidemment le retour à l'OMS, les masques, le Vaccin et la Chine !
Réponse de le 28/09/2020 à 19:18 :
En effet, ça commence à devenir grave ce Trump bushing. Je persiste à croire que cette homme fera de garndes choses pour les USA. Votre formule "Hollande pour éviter Sarko, Macron pour éviter, etc..." est succulente.
Quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage.
Réponse de le 29/09/2020 à 9:25 :
que de naiveté. !!
Encore faudrait il que les pertes déclarées soient légitimes. ce dont doute le fisc US avec qui trump est en procès depuis des années sur ce sujet précisément
a écrit le 28/09/2020 à 14:52 :
Quoiqu'il advienne en novembre, il faudra lui reconnaître la qualité d'avoir été le pionnier d'une lignée de politiciens voyous.
a écrit le 28/09/2020 à 13:32 :
Il a bien déclaré combien ça lui faisait perdre comme revenus d'être Président des USA, pour gagner plus il lui faut arrêter rapidement cette activité. :-) :-)
Ne pas vouloir présenter ses feuilles d'imposition (ou fichier pdf si les américains sont modernes), on sait bien quelle en était la raison, mais c'est devenu public, non imposable, presque nécessiteux...
a écrit le 28/09/2020 à 13:28 :
La plus grande puissance économique a désormais franchi le degré zéro de la politique pour passer en territoire négatif. Dire que c'est dangereux pour l'équilibre du monde est un doux euphémisme. Pas mieux du côté de la dictature communiste staliniste chinoise ou dictature tout court de la Russie. l'Europe reste bien seule dans le marigot.
a écrit le 28/09/2020 à 12:28 :
Ce qui est étonnant, c'est que l'on s'en étonne juste maintenant! Où sont les journalistes d'investigation? Cela laisse a penser que nous n'avons droit qu'a des médias perroquets!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :