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Trump déclare le retrait des troupes de Syrie, le chef du Pentagone démissionne

latribune.fr

Publié le 21 décembre 2018 à 08:25 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:09

James Mattis et Donald Trump

James Mattis et Donald Trump

Reuters

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Vingt-quatre heures après la décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie - contre son avis -, James Mattis, le secrétaire à la Défense, a annoncé qu'il renoncera à ses fonctions à la tête du Pentagone en février prochain. Le ministre démissionnaire prônait aussi le maintien d'une forte présence militaire américaine en Afghanistan. Or, Donald Trump envisage de rapatrier jusqu'à 7.000 soldats de cette zone du monde.

Désavoué par Donald Trump alors qu'il plaidait en faveur du maintien des troupes américaines en Syrie pour lutter contre l'organisation État islamique (EI), le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a présenté sa démission jeudi 20 décembre et quittera ses fonctions fin février.

Dans un courrier adressé au locataire de la Maison Blanche, cet ex-général des Marines, assez respecté, a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de "conserver des alliances fortes" et "de traiter ses alliés avec respect" - une critique à peine voilée envers Donald Trump et ses politiques isolationnistes. Il a expliqué qu'il préférait laisser la place à un secrétaire à la Défense qui partagera davantage la vision du chef de la Maison blanche.

La veille, le président américain avait proclamé avec stupeur sur Twitter la défaite de l'État islamique en Syrie, en soulignant qu'il s'agissait du seul objectif des forces américaines sur place, puis a annoncé le début immédiat de leur rapatriement. Les États-Unis disposent actuellement d'environ 2.000 hommes en Syrie.

Trump a "perdu toute patience" avec la présence des troupes en Afghanistan

Bien que le ministre démissionnaire n'évoque pas directement le dossier syrien dans sa lettre de démission, il était opposé au retrait des forces américaines de Syrie et prônait aussi le maintien d'une forte présence militaire en Afghanistan, afin de contraindre les insurgés taliban à venir à la table des négociations. Or, deux représentants américains ont fait part à Reuters que Donald Trump envisage de retirer une grande partie des forces américaines en Afghanistan - jusqu'à 7.000 soldats selon les informations du New York Times.

Donald Trump a«perdu toute patience»avec la présence des troupes américaines en Afghanistan, a déclaré une source proche de la présidence, sous le sceau de l'anonymat.«Qu'est-ce que nous faisons là-bas, depuis toutes ces années ? », a dit Trump à un allié mercredi, a ajouté la source.

Quelque 14.000 soldats américains stationnent encore dans cette zone dans le cadre de la mission de l'Otan "Resolute Support" qui consiste à conseiller et entraîner l'armée afghane et à conduire des opérations antiterroristes. Washington, qui a admis qu'une victoire purement militaire n'était plus possible, s'efforce ces dernières semaines de contraindre les taliban à accepter d'engager un processus de paix avec le gouvernement afghan.

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Par le passé, des représentants du Pentagone ont averti contre les risques d'un retrait précipité d'Afghanistan qui pourrait laisser champ libre aux terroristes pour préparer de nouvelles attaques sur le sol américain.

L'EI pas rayé de la carte, dit Parly

Chez nos confrères de RTL ce vendredi, la ministre française des Armées, Florence Parly, a salué l'action de Jim Mattis, en soulignant l'importance du travail mené ensemble sur la Syrie, et a répété que la France ne partageait pas l'opinion de Donald Trump sur le fait que la lutte contre l'EI était terminée en Syrie.

«Nous ne partageons pas du tout l'analyse selon laquelle le califat territorial serait anéanti. Le risque, en ne finissant pas ce travail, c'est de laisser perdurer des groupes et que ces groupes reprennent leurs activités et qu'au-delà du califat territorial, ils puissent agir sur un territoire qui est au moins aussi grand que celui l'Europe.»

Un départ brusque, comme Cyrus Vance en 1980

Pour le New York Times, il s'agit de la première démission d'un membre influent du Cabinet sur un problème majeur de sécurité nationale depuis 1980 - année de la démission de Cyrus Vance.

À lire également

  • Sanctions américaines contre le régime syrien
  • Macron sur les frappes en Syrie : des missiles pour "ouvrir le dialogue"

Chargé de la diplomatie américaine sous la présidence de Jimmy Carter, il avait quitté ses fonctions pour protester contre l'aventureuse opération commando organisée par l'administration américaine - contre son avis et sans qu'il en soit informé -, pour délivrer des otages américains retenus à Téhéran. La mission avait échoué.

(avec Reuters)

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