Trump déclare le retrait des troupes de Syrie, le chef du Pentagone démissionne

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(Crédits : Reuters)
Vingt-quatre heures après la décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie - contre son avis -, James Mattis, le secrétaire à la Défense, a annoncé qu'il renoncera à ses fonctions à la tête du Pentagone en février prochain. Le ministre démissionnaire prônait aussi le maintien d'une forte présence militaire américaine en Afghanistan. Or, Donald Trump envisage de rapatrier jusqu'à 7.000 soldats de cette zone du monde.

Désavoué par Donald Trump alors qu'il plaidait en faveur du maintien des troupes américaines en Syrie pour lutter contre l'organisation État islamique (EI), le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a présenté sa démission jeudi 20 décembre et quittera ses fonctions fin février.

Dans un courrier adressé au locataire de la Maison Blanche, cet ex-général des Marines, assez respecté, a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de "conserver des alliances fortes" et "de traiter ses alliés avec respect" - une critique à peine voilée envers Donald Trump et ses politiques isolationnistes. Il a expliqué qu'il préférait laisser la place à un secrétaire à la Défense qui partagera davantage la vision du chef de la Maison blanche.

La veille, le président américain avait proclamé avec stupeur sur Twitter la défaite de l'État islamique en Syrie, en soulignant qu'il s'agissait du seul objectif des forces américaines sur place, puis a annoncé le début immédiat de leur rapatriement. Les États-Unis disposent actuellement d'environ 2.000 hommes en Syrie.

Trump a "perdu toute patience" avec la présence des troupes en Afghanistan

Bien que le ministre démissionnaire n'évoque pas directement le dossier syrien dans sa lettre de démission, il était opposé au retrait des forces américaines de Syrie et prônait aussi le maintien d'une forte présence militaire en Afghanistan, afin de contraindre les insurgés taliban à venir à la table des négociations. Or, deux représentants américains ont fait part à Reuters que Donald Trump envisage de retirer une grande partie des forces américaines en Afghanistan - jusqu'à 7.000 soldats selon les informations du New York Times.

Donald Trump a « perdu toute patience » avec la présence des troupes américaines en Afghanistan, a déclaré une source proche de la présidence, sous le sceau de l'anonymat. « Qu'est-ce que nous faisons là-bas, depuis toutes ces années ? », a dit Trump à un allié mercredi, a ajouté la source.

Quelque 14.000 soldats américains stationnent encore dans cette zone dans le cadre de la mission de l'Otan "Resolute Support" qui consiste à conseiller et entraîner l'armée afghane et à conduire des opérations antiterroristes. Washington, qui a admis qu'une victoire purement militaire n'était plus possible, s'efforce ces dernières semaines de contraindre les taliban à accepter d'engager un processus de paix avec le gouvernement afghan.

Par le passé, des représentants du Pentagone ont averti contre les risques d'un retrait précipité d'Afghanistan qui pourrait laisser champ libre aux terroristes pour préparer de nouvelles attaques sur le sol américain.

L'EI pas rayé de la carte, dit Parly

Chez nos confrères de RTL ce vendredi, la ministre française des Armées, Florence Parly, a salué l'action de Jim Mattis, en soulignant l'importance du travail mené ensemble sur la Syrie, et a répété que la France ne partageait pas l'opinion de Donald Trump sur le fait que la lutte contre l'EI était terminée en Syrie.

« Nous ne partageons pas du tout l'analyse selon laquelle le califat territorial serait anéanti. Le risque, en ne finissant pas ce travail, c'est de laisser perdurer des groupes et que ces groupes reprennent leurs activités et qu'au-delà du califat territorial, ils puissent agir sur un territoire qui est au moins aussi grand que celui l'Europe. »

Un départ brusque, comme Cyrus Vance en 1980

Pour le New York Times, il s'agit de la première démission d'un membre influent du Cabinet sur un problème majeur de sécurité nationale depuis 1980 - année de la démission de Cyrus Vance.

Chargé de la diplomatie américaine sous la présidence de Jimmy Carter, il avait quitté ses fonctions pour protester contre l'aventureuse opération commando organisée par l'administration américaine - contre son avis et sans qu'il en soit informé -, pour délivrer des otages américains retenus à Téhéran. La mission avait échoué.

(avec Reuters)

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a écrit le 23/12/2018 à 21:08 :
Bravo ! Décidément Trump fait le boulot ! Déjà sous OBAMA avait aussi promis qu'il le ferait. Le pétrole et ces guérillas qui occupent du monde et qui coûte des milliards avec Trump c'est terminé. Evidemment ça met les grosses boules à ceux qui aiment faire joujou avec des gros canons ! Encore Bravo !
a écrit le 22/12/2018 à 17:43 :
Évidemment! Alors que leur joujou technologique F35 ultra-invicible et mega-furtif se vend bien, ce n'est pas le moment qu'il se fasse descendre par un vieux S300 obsolète.
La propagande russe qui disait que les américains ne voulaient pas se frotter à leur matériel parait moins ridicule maintenant.
Réponse de le 22/12/2018 à 18:18 :
N'importe quoi !
Israel à choisit précisément cette avion. Ils ont bombardé au nez et à la barbe du S400 situé à Heymin lors de l'épisode grotesque de l'avion russe shooter par un Snawak syrien.
Réponse de le 23/12/2018 à 14:26 :
@fuseau
Premièrement votre base militaire n'est pas administrée par la Syrie mais par la Russie, deuxièmement Israël prévient les russes quelques minutes avant chaque raid aérien, le but étant justement que les russes ne leur tirent pas dessus, troisièmement l'attaque dont vous parlez est constituée de F16 qui lui est un excellent avion.
Enfin et pour finir tout le monde sait qu'Israel a choisit le F35 pour faire plaisir à l'oncle Sam et pour aucune autre raison.
a écrit le 22/12/2018 à 17:12 :
Les États-Unis sont engagés dans un processus de déclin inévitable. Le principal bénéficiaire de cette situation est évidemment Xi Jinping : l’Empire du Milieu, donc la Chine.
Elle le doit à ses efforts considérables qui ont permis au pays de devenir la deuxième économie mondiale en trois décennies, mais aussi à Donald Trump qui précipite les États-Unis dans le déclin. Donald Trump est en train d’affaiblir son pays et sa stature dans le monde. L'Europe devrait penser sérieusement et même décider d'être l'acteur de sa propre destinée.
Réponse de le 24/12/2018 à 11:19 :
effectivement l'Amérique n'est pas actuellement un interlocuteur fiable et vouloir une Europe moins dépendante de cet allié serait souhaitable. Le seul petit problème est que l'Europe n'est qu'une addition d'intérêts personnels et obtenir l'adhésion de tous les état qui la composent, sur un projet commun de défense ,relève de la mission impossible. On ne peut que le déplorer mais c'est malheureusement la réalité.
a écrit le 22/12/2018 à 16:01 :
Et pour cause les USA et les Israéliens ne peuvent plus intervenir militairement par les voit belle analyse expliquée ::es maritimes ou aériennes faute d'un matériel capable de surpassé le matériel Russe fourni à la Syrie,
voir cette analyse explicite: http://www.voltairenet.org/article204426.html
Réponse de le 22/12/2018 à 18:51 :
Faut pas exagérer quand-meme, la Russie est largement distancée par les US en terme d’armement, regardez ne serait-ce que la différence budgétaire.
a écrit le 22/12/2018 à 6:51 :
Excellente initiative de Trump ,inutile de faire perdurer le fiasco du printemps arabes promu par Obama ….
a écrit le 22/12/2018 à 2:43 :
Les États-Unis n’ont qu’un millier de forces spéciales en Syrie, soit une présence très, très faible (pour Les Etats-Unis) avec relativement peu de pertes.

Retirer leurs troupes de ce pays ne feront donc pas économiser grand chose aux américains, leur fait perdre totalement la main sur la région, et toute crédibilité en tant qu’allié. Ils trahissent les intérêts kurdes et israéliens, avec qui ils sont alliés, et arrange totalement les russes, les iraniens, les turcs, les syriens, et les islamistes.

Les américains n’ont donc quasiment rien à gagner à ce retrait, et beaucoup à perdre. Il est curieux que Trump fasse quelque chose qui une nouvelle fois arrange énormément Poutine, au détriment des intérêts de son propre pays, sans rien obtenir en retour...
Réponse de le 22/12/2018 à 19:07 :
Donald Trump fait tout simplement ce sur quoi il s'était engagé lors de sa campagne présidentielle : enfin un président qui applique son projet !
Evidemment, le complexe militaro industriel et le Pentagone s'y opposent.
Les millions de morts et de blessés au Moyen Orient, les millions de personnes jetées sur les routes de l'exode, les milliers de milliards dépensés en pure perte, c'est le bilan des interventions américaines…...
a écrit le 21/12/2018 à 23:36 :
Trump a compris que virer Assad était impossible avec la présence des russes, seule légale en Syrie. Les manœuvres pour activer les réseaux terroriste, les fausses attaques chimiques du "régime", la comédie des casques blancs, ect .. n'ont pas fonctionné . Les supplétifs franco-britanniques se retrouvent seuls en première ligne, un peu ridicules. Trump rentre chez lui et le faucon Mattis qui n'admet pas sa défaite, dégage. Quant à Florence Parly pour qui les expéditions militaires à grands frais nous mettent à l'abri du terrorisme sur le sol européen, c'est juste un déni de réalité.
Réponse de le 22/12/2018 à 6:59 :
@alban , bien vu, c'est exactement la réalité de la situation actuelle .
a écrit le 21/12/2018 à 18:48 :
Encore une preuve que Trump roule pour le kremlin.
a écrit le 21/12/2018 à 17:54 :
La tentation isolationniste est une constante de la politique US.

Sauf que la réalité de la géopolitique mondiale les a toujours obligé à en sortir, en 1917, en 1941, et plus récemment au Koweit, en Irak...

En 2011 Obama avait sorti les troupes US du bourbier Irakien que Bush avait créé et s'était bien juré de ne jamais y revenir.
Six ans plus tard les GI's étaient de retour pour contrer Daesh.

Je prends les paris que les USA reviendront bientôt dans la région, Daesh est tout sauf fini et Assad n'est pas plus qu'il y a 5 ans capable de tenir le pays, même avec le soutien russe.

Le problème des USA c'est qu'ils sont incapables de laisser des régimes acceptables pour les peuples quand ils quittent un théatre de guerre.

Que ce soit au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Lybie, au Philippine, en Somalie, ils laissent une situation pire qu'ils ne l'ont trouvé et comme ils se sont désengagés de l'ONU ce sont les autres pays qui doivent s'engager financièrement pour l'aide humanitaire aux réfugiés et la reconstruction des pays.
a écrit le 21/12/2018 à 16:12 :
Trump est cohérent (America first), de plus ce retrait n'implique pas la fin totale de l'aide US, les drones et les missiles tirés de navires peuvent se passer de troupes au sol.
Macron joue le chef de guerre (tout en coupant les crédits des militaires), mais le développement des services de renseignement (insuffisants) et de police (épuisés) en France et plus de drones français seraient bien plus utiles.
a écrit le 21/12/2018 à 16:10 :
Commentaire censuré, ce serait bien de donner une explication plutôt que de donner seulement l'impression de protéger un mensonge, merci.
a écrit le 21/12/2018 à 15:52 :
Ces 20 dernières années, l'interventionnisme américain n'a créé que désolation et instabilité. Ces retraits américains sont une excellente nouvelle pour le monde!
Merci Donald!
a écrit le 21/12/2018 à 14:42 :
On peut faire dire n'importe quoi en mélangeant les causes et les conséquences, et il s'agit de les vérifier en changeant de politique! Un bon point pour Trump!
a écrit le 21/12/2018 à 11:42 :
Le pire c'est que Trump parait rationnel par rapport aux autres dirigeants US ! Je n'apprécie pas trop ce zombi mais je reconnais qu'il a raison sur le retour des troupes aux USA car ce n'est pas l'intérêt des citoyens US d'aller se faire tuer pour des intérêts troubles ...
Par cette décision, il casse une dynamique meurtrière, se met à dos toute l'industrie militaire qui dirige les USA depuis la deuxième guerre mondiale. Ces dirigeants sont partis à l'assaut de la planète en faisant la guerre partout, de façon directe (et pas seulement au Vietnam) ou indirecte (mise en place de dictatures en Amérique Latine, en Asie, jusqu'au soutien au putch en Ukraine etc ...), créant un nombre de bases militaires incroyable réparties sur toute la Terre !
Cette dérive agressive permettait de s'imposer, de s'emparer des richesses des pays (comme tout récemment le pétrole en Irak ...), de faire fortune, de diriger le monde au détriment de ce dernier ... Un pouvoir dictatorial d'une minorité assoiffée de richesse et de pouvoir qui, selon moi, pousse le monde à une destruction inévitable.
Je suis curieux de voir ce qui va se passer (si les décisions Trump sont confirmées). Un assassinat de Trump ? Habitude courante aux USA où tous les dirigeants anti système depuis un siècle ont tous été assassinés ! Démission forcée ? Quant aux dirigeants français, cela leur apprendra à cirer les bottes des USA et faire des guerres coloniales dissimulées qui prouvent que le système politique français est vraiment dépassé !
Il faut remettre en place les choses en Europe, assurer nos responsabilités, arrêter cet affrontement créé par l'OTAN contre la Russie (divisant ainsi l'Europe). Proposons à nos voisins (je me méfie de la Pologne et d'autres qui n'ont rien à faire dans une UE indépendante) que la France soit la force nucléaire protectrice en lieu et place des USA, au lieu de laisser nos entreprises compétentes dans le nucléaire civil et militaire se faire accaparer par les USA (Alstom) ! Je n'en reviens toujours pas ... Il faut assurer notre indépendance politique, technologique, et industrielle.
Réponse de le 21/12/2018 à 16:12 :
Tu as raison en partie , pour l' ingérence au moyen Orient son attitude envers l' Iran est contradictoire et pour le coup il abandonne son copain BMS qui voulait faire tomber Bachard...Allaouite d' origine ChÏÏte Chrétienne, avec une avancée Iranienne dans la région ! Bref des bombes à retardement dont nous aurons des éclaboussures . Après il y a l' hégémonie Turques dans le Kurdistan le bras armé des Occidentaux...Merci pour les services rendus! La grande question , qui financera la reconstruction .
a écrit le 21/12/2018 à 10:59 :
notre ami Donald fait le vide autour de lui. On se demande pourquoi il a constitué une équipe de conseillers puisque apparemment il n'écoute personne avant de prendre ses décisions souvent improbables. Poutine est ravi , l'Iran également , le Hezbolla et Erdogan aussi, l'Israel un peu moins. Bref cette région du monde se prépare des moments agités.

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