Un mort dans des manifestations contre la hausse du prix du pain au Soudan

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(Crédits : Mohamed Nureldin Abdallah)
Un étudiant a été tué dimanche au Darfour, dans l'ouest du Soudan, lors de manifestations contre la hausse du prix du pain, ont indiqué des responsables et des témoins.

Des manifestations ont eu lieu dans les régions en conflit du Darfour et du Nil Bleu, ainsi que dans la capitale Khartoum, où des protestataires ont brûlé des pneus et bloqué des routes, la police répondant par des tirs de gaz lacrymogènes.

Le récent doublement du prix du pain, consécutif à la décision du gouvernement de confier les importations céréalières au secteur privé, a suscité un vif mécontentement au sein de la population.

Des policiers anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes sur des centaines d'étudiants et d'habitants qui s'étaient rassemblés dans les villes de Geneina et Nyala au Darfour, et à Damazin dans le Nil Bleu, selon des témoins.

"Dans les incidents survenus à Geneina, un étudiant a été tué et six personnes ont été blessées", a annoncé Fadalelmola Al-Haja, gouverneur du Darfour-Ouest, dont Geneina est la capitale, dans un communiqué.

"La situation est maintenant calme", a-t-il ajouté, sans préciser comment l'étudiant avait été tué.

Des étudiants ont également jeté des pierre sur la police anti-émeute devant l'université de Khartoum, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Non aux prix élevés du pain!", ont scandé des étudiants et des résidents de Damazin alors que la police dispersait leur rassemblement, ont indiqué des témoins.

Des photos et vidéos des manifestations ont été rapidement diffusées sur les réseaux sociaux. Les partis d'opposition avaient appelé à des rassemblements dimanche dans tout le pays.

Six journaux saisis

 Plus tôt dimanche, les exemplaires de six quotidiens critiquant l'envolée du prix du pain ont été saisis par les autorités, selon les responsables éditoriaux de ces journaux. Des membres du puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) ont saisi l'intégralité des exemplaires des quotidiens Al-Tayar, Al-Mustaqilla, Al-Karar, Al-Midan, Al-Assayha et Akhbar Al-Watan, ont indiqué ces mêmes sources.

"Aucun motif n'a été communiqué (...) mais je pense que cela est dû à notre couverture sans filtre de la hausse des prix", a dit à l'AFP Hanadi Al-Sidiq, rédacteur en chef d'Akhbar Al-Watan, un des principaux quotidiens de l'opposition, avec Al-Midan.

Les quatre autres parutions visées sont considérées comme des journaux indépendants faisant état des critiques des opposants au régime du président Omar el-Béchir.

Le Soudan avait été le théâtre en 2016 d'un mouvement de protestation après la décision des autorités de réduire les subventions sur le carburant, mesure qui avait entraîné une forte hausse des prix. Le régime avait rapidement réprimé ce mouvement afin de ne pas voir se reproduire les heurts sanglants de 2013, déjà liés à une précédente réduction des subventions sur l'essence, qui avaient fait des dizaines de morts.

La presse soudanaise est souvent l'objet de mesures punitives de la part des autorités, et le pays figure de longue date en bas de classements en matière de respect de la liberté de la presse. Au pouvoir depuis 1989, Omar el-Béchir est sous le coup de deux mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

(avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/01/2018 à 23:26 :
Tiens c'est comme ça qu'a commencé notre révolution, j'ignorais qu'au Soudan le pain avait une telle importance.
L'info serait plus intéressante serait de savoir combien le boulanger soudanais payait la farine et le gluten, ou le meunier son blé (chez-nous de 15 à 45 cmes).
Et la ça serait un beau travail de journaliste.
a écrit le 08/01/2018 à 12:50 :
Oui bon enfin vous savez, un mort c'est aussi le bilan de l'intervention policière en France sur la ZAD de NDDL.

Il ne faut pas pas remettre en question les décisions des actionnaires milliardaires qui payent bien assez chers nos politiciens pour avoir la paix hein.

Nous ne pourrons jamais comprendre tout ces frais que la corruption engendre nous autres citoyens, car andouilles que nous sommes nous votons pour les politiciens alors qu'ils appartiennent déjà à des intérêts privés.

Bien entendu soutien total envers ces manifestants qui veulent juste pouvoir continuer de se nourrir, merci pour eux.

ZAD partout.

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