"Une centrale nucléaire portable", le nouveau gadget réclamé par l'armée américaine

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(Crédits : Suzanne Plunkett)
L'armée américaine a annoncé lundi son intention de déployer des petites centrales nucléaires portables sur les théâtres de guerre pour alimenter en énergie ses bases avancées quasiment indéfiniment, sans devoir compter sur l'acheminement de carburant.

Le ministère américain de la Défense a accordé trois contrats de deux ans à des sociétés autour de Washington pour entamer le développement d'un prototype de "micro réacteur nucléaire sûr, mobile et avancé pour soutenir diverses missions, notamment générer de l'énergie pour des bases isolées", a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Des centrales pesant 40 tonnes

A l'issue des deux ans, "une des trois sociétés pourrait être sélectionnée pour construire et tester un prototype", précise le communiqué détaillant ce nouveau projet appelé "Pele". Les trois contrats s'élèvent à une douzaine de millions de dollars chacun.

L'idée est de fabriquer des mini centrales nucléaires d'une capacité de 1 à 5 mégawatts et pesant moins de 40 tonnes, transportables à bord d'un camion, d'un train, d'un bateau ou d'un avion, et qui soient aisément mises en service ou fermées.

"Un réacteur sûr, petit et mobile accorderait aux unités d'emporter une source d'énergie quasiment illimitée et propre, qui leur permettrait d'étendre ou de consolider des opérations pendant des périodes prolongées partout sur la planète", note le communiqué.

L'annonce a aussitôt soulevé l'inquiétude. "Attention, ça risque de mal tourner", a tweeté Hans Kristensen, un expert des armes nucléaires à la Federation of American Scientists.

Un risque élevé sur les terrains d'opérations

Le risque est en effet que le camion contenant la centrale portable soit bombardé et que les militaires autour de lui soient contaminés par la radioactivité, selon Edwin Lyman, un expert du risque nucléaire pour le "Bulletin of the atomic scientists". Ou alors, l'ennemi pourrait s'en emparer et même s'il n'utilisait pas l'énergie pour ses propres troupes, il pourrait fabriquer avec le combustible des "bombes sales", ces armes qui utilisent un explosif conventionnel pour disséminer des substances radioactives avec l'effet de souffle, ajoute-t-il.

Le Pentagone travaille par ailleurs sur un autre projet de "micro réacteur nucléaire" destiné aux installations militaires sur le sol américain. Ce projet de "très petits réacteurs modulaires (vSMR)", d'une puissance de 2 à 10 mégawatts, est destiné à permettre aux bases militaires américaines de continuer à fonctionner si les réseaux électriques étaient désactivés, par une cyberattaque par exemple.

Ce projet, financé depuis 2019 par le Pentagone, pourrait être testé dès 2023 sur un site du ministère américain de l'Energie, selon un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2020 à 15:27 :
Pour rappel, la Chine voulait déployer des cette année des réacteurs ''flottants'' similaire a la barge russe pour ses installations militaires en Mer de Chine. Mais cela fait quelques mois que l'on n'a pas d'échos en français sur ce projet.
a écrit le 10/03/2020 à 13:31 :
Personnellement je m'interroge; Que nous prépare donc les américains pour réclamer encore et toujours plus de dépenses militaires mâtinées de nouveaux gadgets technologiques. Apparemment leurs errances dans leur guerre en Irak, qui auront déstabilisé pour encore de longues années le moyen orient (Chirac avait vu juste), ne leur suffisent pas...
Réponse de le 10/03/2020 à 20:08 :
La longue (et désastreuse) errance de l'armée US au moyen-orient lui a précisément fait sentir à quel point elle était logistiquement dépendante de ses approvisionnement en énergie, notamment en électricité (pour alimenter les frigos, les supermarchés et les climatiseurs de ses immenses villes-campements) et en carburant...
a écrit le 10/03/2020 à 9:20 :
C'est nous qui étions maîtres de la technologie nucléaire, la compromission généralisée entre politiciens et hommes d'affaires ajoutée à ce désastreux secret défense leur permettant de magouiller encore plus tranquillement fait que nous sommes complètement dépassés.

Après les russes les américains ont eu la même idée que moi, à savoir simple quidam passionné par l'économie et doté d'un cerveau bien irrigué, mais pas formaté c'est sûr, à croire que tout est mort en consortium européen financier, à se demander si autant de nullité, d'incompétence et de corruption concentrée n'était pas voulue à la base telle notre UE n'est plus capable de quoi que ce soit, un gros tas de graisse financière alimenté par ses paradis fiscaux.
Réponse de le 10/03/2020 à 10:16 :
Comme les avions avec leur slots, l'UERSS tourne à vide et plus personne pour l'arrêter ? A part Orban, Salvini, Marine ou autres patriotes bien sûr
Réponse de le 10/03/2020 à 10:44 :
@ Multipseudos:

"A part Orban, Salvini, Marine ou autres patriotes bien sûr "

Trois personnalités totalement différentes d'une part et qui n'ont absolument rien à faire sur ce sujet d'autre part, bref t'es juste là pour bêtement troller.

Cherches toi et trouves surtout, une activité saine, après avoir investi dans des neurones, merci.

Signalé et si je peux pas et-c...
Réponse de le 10/03/2020 à 13:01 :
"C'est nous qui étions maîtres de la technologie nucléaire". À part si on remonte à Marie Curie, la France n'a jamais été maitre de la techno nucléaire. Nos centrales sont de conception américaine, et celles de conception française vivent des errements (phenix, Astrid, EPR...). La France a une très grande expertise dans le nucléaire, mais elle n'est absolument pas maitre devant les US, ou surtout les russes.
Réponse de le 10/03/2020 à 13:37 :
@ Multipseudos: "la France n'a jamais été maitre de la techno nucléaire"

Une nouvelle donc vu que l'on arrête pas de lire ici que l'on est de véritables experts et que c'est pour ça qu'il faut construire encore plus de centrales nucléaires, que Fukushima c'est parce que les japonais sont nuls et-c...

Alors que nous avons 55 réacteurs en activité sur notre tout petit territoire, ce que tu dis là est très inquiétant non ? Même si pas franchement étonnant.

Je remarque que l'on me reproche bien souvent mes outrances, toi le premier d'ailleurs même si j'ai fini par te calmer, alors qu'au final plusieurs ici pourraient aller bien plus loin que moi, étonnant. :-)

Bref j'ai bien trop souvent raison...
a écrit le 10/03/2020 à 8:48 :
Quand on pense que les Russes et les Américains ont leur "gadget nucléaire" et nous ont est pas capable de faie démarrer un EPR à Flamanville,quel foutoir ! Celà me fait penser à ce que j'avais dit au CEA il y a vingt ans : les Américains et les Russes ainsi que les Chinois ne sortirait jamais du nucléaire et continuerai à utiliser comme combustible l'uranium ou le plutonium. Personne ne m'a cru car j'étais trop jeune et surtout que le CEA etait dans une certaine phase d'incertitude face à la stratégie energetique à tenir ! Sortir du nucléaire ? Non Reduire la part du nucléaire dans l''équation energetique en France ? Problème plus que sérieux avec Superphenix ? Oui cette phase d'incertitude et non de certitude face au nucléaire à relancer les polemiques antinucléaires en France : des réacteurs d'essais ont été arrêté et totalement demantelé comme le reacteur Siloe au CENG de Grenoble. 1997 : fin de superphenix qui doit être fini de demantelé en 2026 ! Oui les Américains et les Russes n'ont pas du tout les perspectives energetiques que nous et ils n'ont pas à repsacter l'accord de Paris sur le rechauffement climatique. Oui ce mois de juin de 1996 a été quelque peu une desillusion pour moi car j'avais a peine commencer à travailler dans le monde nucléaire. Il y a 20 ans on apprenais à construire des réacteurs à les mettre enservice et rarement à les déconstruire. Le nucléaire était largement accepté dans l'opinion publique ce qui n'est plus vraiment le cas maintenant. Celà changera t-il avec le démarrage de l'EPR de Flamanville, je n'en suis pas sur car EDFne prévoit de construire que 6 EPR supplémentaire en France alors que l'on doit reduire de 15 à 20 le nombre de reacteur REP/REB dans le parc electronucléaire français et augmenter largement les solutions renouvelables en France. Vaste dilemne en perspective. La question posée par le Figaro il y a 15 jours est totalement juste sait-on encore construire des réacteurs nucléaires en France ? Je pense que toutes les compétences nucléaires ne sont pas parti hors hexagone mais que le temps faisant on s'y perd beaucoup ! Mais non il y a encore des compétences à construire des réacteurs de type EPR en France, comme continuer la recherche sur la "fermeture du cycle comme le réemploi du plutonium dans le cycle combustible". Politiquement celà parait improbable voir impossible mais je pense "tout n'est pas catastrophique".
Je suis toujours convaincu que l'on peut améliorer le cycle et reduire le nombre de déchets nucléaires comme les HAVL (actinides ou le plutonium) mais ce qui est complexe c'est l'acceptation de l'opinion du "fait nucléaire" du fait que le nucléaire sert à lutter contre les gaz à effet de serre comme le CO2. Voir le film de Marjane Satrapi sur Marie Curie et la découverte de la radioactivité du radium et du polonium !
a écrit le 10/03/2020 à 7:07 :
Une première tentative a eu lieu dans les années 1950, j'ai justement écrit cela dans l'article Consommation énergétique des forces armées des États-Unis du Wiki :)

L'US Army a mit en œuvre le Army Nuclear Power Program avec huit prototypes de réacteurs nucléaires de faible puissance pour l'expérimentation de nouvelles technologies et l'alimentation d'installations isolés comme le Camp Century au Groenland. Le premier fonctionne en 1957 et la dernière en service est la première centrale flottante du monde avec la MH-1A de 10 MW construite à partir de 1961 et en service dans la zone du canal de Panama de 1968 à 1975.

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