Virus mortel chinois : alerte maximale en Asie, les aéroports sous haute tension

 |   |  789  mots
Le 21 janvier 2020, à l'aéroport international, un employé des services sanitaires et épidémiologiques kazakh utilise un scanner thermique pour détecter les voyageurs en provenance de Chine à leur arrivée au Kazakhstan qui pourraient présenter des symptômes liés au nouveau coronavirus chinois .
Le 21 janvier 2020, à l'aéroport international, un employé des services sanitaires et épidémiologiques kazakh utilise un scanner thermique pour détecter les voyageurs en provenance de Chine à leur arrivée au Kazakhstan qui pourraient présenter des symptômes liés au nouveau coronavirus chinois . (Crédits : Reuters)
Le monde est sans doute à l'orée d'une crise sanitaire mondiale. De Bangkok à Hong Kong, de Singapour à Sydney, les autorités procèdent à des contrôles systématiques à l'arrivée des vols en provenance des zones à risques, après que Pékin a confirmé que ce nouveau coronavirus était transmissible entre humains. Quelque 300 cas ont été recensés à ce jour, au moins six personnes sont décédées, le bilan s'alourdit très vite. L'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui y avait fait plusieurs centaines de morts en 2002-2003 hante toujours les esprits. Le Japon, la Corée du sud et la Thaïlande sont déjà touchés

De nombreux pays d'Asie ont renforcé mardi leurs contrôles face à la propagation du nouveau virus semblable au Sras, qui a déjà provoqué la mort de six personnes en Chine et fait craindre une crise sanitaire mondiale.

De Bangkok à Hong Kong, de Singapour à Sydney, les autorités procèdent à des contrôles systématiques à l'arrivée des vols en provenance des zones à risques, après que Pékin a confirmé que ce nouveau coronavirus était transmissible entre humains.

Le Japon, la Corée du sud et la Thaïlande déjà touchés

La Chine a recensé mardi 77 nouveaux cas, portant le total à près de 300, alors que la maladie a fait trois nouvelles victimes à Wuhan (centre), l'épicentre de l'épidémie qui a contaminé plusieurs autres personnes au Japon, en Corée du sud et en Thaïlande.

Et 922 patients restaient en observation dans les hôpitaux chinois, selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunira mercredi pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

Mise en quarantaine en cas de fièvre

Les autorités thaïlandaises ont mis en place des détections thermiques obligatoires dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques.

Dans un communiqué, le ministre thaïlandais de la Santé, Anutin Charnvirakul, a annoncé que ces passagers étaient contrôlés "sans exception", et placés sous observation en quarantaine pendant 24 heures s'ils présentent des signes de fièvre.

La Thaïlande accueille à elle seule un quart des vols internationaux au départ de Wuhan, ville de 11 millions d'habitants où la maladie a été détectée pour la première fois en décembre sur un marché.

A l'occasion du Nouvel An chinois, qui commence ce week-end, autour de 1.300 passagers devraient emprunter chaque jour ce trajet et le royaume tient à éviter tout risque d'épidémie alors que la saison touristique bat son plein.

"Nous sommes prêts pour le pire"

A Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en "alerte maximale", alors que le souvenir de l'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui y avait fait plusieurs centaines de morts en 2002-2003 hante toujours les esprits.

"Nous sommes prêts pour le pire. Nous n'avons pas baissé la garde", a déclaré à la presse Matthew Cheung, numéro deux de l'exécutif hongkongais.

L'aéroport de la ville, l'un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s'exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'à 6 mois de prison en cas de mensonge.

Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l'objet d'un examen minutieux.

Au Vietnam, le ministère de la Santé a proclamé un "risque d'infection élevé" et ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

Le Sras avait tué 774 personnes dans le monde, dont 349 en Chine

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'était la première fois qu'une telle affirmation était faite publiquement.

L'OMS estime pour sa part que l'animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

Sur 8.096 cas, le virus du Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'Organisation mondiale de la santé. L'OMS avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

En pleines festivités du Nouvel an chinois

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a appelé lundi à enrayer l'épidémie. Les consignes n'ont pas tardé à être appliquées.

Pékin a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras. L'isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée. Des mesures de quarantaine peuvent être décrétées.

Par Sébastien Ricci à Pékin avec Stéphane Delfour à Bangkok / AFP

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/01/2020 à 23:40 :
Si l’homme est souvent son propre ennemi, son avenir sur notre planète dépend d’infiniment petits : qui de l’homme ou du virus aura le dernier mot ?
L’histoire rappelle les grandes épidémies du Moyen-Âge. La grippe espagnole est encore dans toutes les mémoires et chaque année la grippe saisonnière frappe, sans que la sagesse de la vaccination soit acquise. Ne pas se protéger, c’est pourtant aussi faire courir des risques aux autres en devenant vecteur de propagation du virus. Les règles sanitaires simples, qui devraient être appliquées par tous, ne le sont pas et sont même combattues par l’ignorance élevée au niveau de science et de respect de la liberté individuelle.
Après contamination par un virus, il y a toujours une période d’incubation avant que la maladie se manifeste par des signes cliniques. Pendant cette phase silencieuse, il est ainsi possible de voyager loin, par exemple venir de Chine jusqu’au point le plus reculé de notre pays. La contamination peut donc se répandre simultanément dans le « pays source » et toute autre partie du monde avant détection.
Souvenez-vous de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. Une campagne d’une ampleur jamais vue, qui mobilisa trop d’énergies contre elle. Aucune obligation de vaccination, mais surtout aucune obligation de participer à la mise en place des moyens humains ! Ce qui en dit long sur la conception du civisme dans notre société où chacun trouve la bonne mesure au prix de l’égoïsme. Il n’existe pas de vaccin contre le nouveau virus, certains dormiront donc bien !
Les vrais benêts ne seraient-ils pas du côté de ceux qui refusent les apports de la science, refusent de s’appliquer des règles de survie collective et préfèrent que seuls les autres fassent des efforts ?
Est-ce grave, docteur ?
a écrit le 21/01/2020 à 13:39 :
Ne devrait on pas justement arrêter de laisser les gens sortir de ce pays pour le moment !?!

Ah mais oui c'est vrai ça amputerait fortement la marge bénéficiaire de l'actionnaire, déjà que l'on voit bien que le benêt panique pour rien... désolé !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :