PODCAST La dernière bataille du sauvetage d’Atos

Photo d'illustration
Benoit Tessier
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On semble approcher de l'épilogue du long martyr que traverse cette entreprise en grave difficulté financière alors qu'elle est pourtant un des leaders européens du numérique avec des activités dans le cloud, la cybersécurité et les supercalculateurs. Vendredi, les créanciers et les banques qui se partagent les 5 milliards de dettes d'Atos sont enfin parvenus à un accord pour refinancer le groupe. Cela a permis à quatre offres de reprise de se manifester dans le weekend.
Le conseil d'Atos a jusqu'au 31 mai pour se prononcer. L'une des offres, celle du fonds américain Bain Capital a été rejetée car elle n'apporte pas de garanties suffisantes sur le maintien du périmètre d'activité.
Restent deux candidats industriels crédibles : le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui vient de jouer un rôle crucial dans la restructuration de Casino dont il a repris une bonne partie de l'activité. Il se retrouve face-à-face avec le groupe français OnePoint. Il s'agit d'une société de conseil spécialisée dans le digital fondée par un Français, David Layani, qui s'est associé avec un financier, Walter Butler, bien connu du monde des affaires.
Et la quatrième offre émane des créanciers eux-mêmes, mais ils se retireront en faveur de l'une des deux précédentes.
Plusieurs éléments vont entrer en jeu. Le projet "OneAtos" de OnePoint propose d'effacer 3,2 milliards d'euros de dette contre 4 milliards pour celui de Daniel Kretinsky. Il est donc moins dillutif pour la participation des petits actionnaires qui se sont donc prononcés en sa faveur, car la valeur de leurs actions sera moins affectée.
Mais il faut aussi compter avec les créanciers qui vont faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre selon leur intérêt. Enfin, il y a les dirigeants actuels d'Atos qui veulent conserver un portefeuille d'activités proche du périmètre actuel. Et ce d'autant que le groupe va être amputé de près de 10% de son chiffre d'affaires avec la décision de l'Etat de sortir les activités militaires d'Atos pour en faire un consortium public avec probablement le soutien d'un industriel comme Dassault ou Thales.
Il y a déjà eu tant de rebondissements que mieux vaut rester prudent. Ce qui est sûr, c'est que comme dans le cas de Casino, les actionnaires actuels seront essorés par l'effacement de la dette. Ce qui pourrait donner lieu à des plaintes pour chercher les responsables de ce fiasco financier.
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La grande incertitude est le maintien de l'intégrité du groupe (hors activités militaires) qui pèsera encore 10 milliards de chiffre d'affaires pour 94 000 salariés. La vente à la découpe reste une menace sérieuse.
En réalité, l'intervention décisive de l'Etat a été trop tardive, ce qui a contribué à faire gonfler la facture de la restructuration. Il est peut-être temps de sauver le groupe, d'autant qu'Atos, outre la dimension sensible de ses métiers, est aussi l'opérateur de toute l'informatique des Jeux Olympiques... Un sujet stratégique s'il en est.
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