PODCAST Tic-tac, tic-tac... le mur de la dette s'approche

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Le chiffre annoncé par Bercy de 270 milliards d'euros d'emprunts fait froid dans le dos. Jamais la France n'a recherché autant d'argent sur les marchés en valeur absolue. Il faut toutefois le relativiser car le niveau des emprunts de l'Etat reste stable à 10% du PIB.
C'est inquiétant parce que les conditions financières ont changé. Tant que les taux étaient à zéro voire négatifs, pas de souci pour s'endetter, les investisseurs étaient même prêts à payer pour détenir des emprunts du Trésor français.
La charge de la dette est ainsi restée stable sous le premier quinquennat de Macron malgré les aides massives du « quoi qu'il en coûte ». Mais la donne est en train de changer sur les marchés avec le retour de l'inflation.
D'un côté, il faut continuer de dépenser plus pour atténuer les effets de la hausse des prix de l'énergie, augmenter le nombre des fonctionnaires (+10.000) et les salaires des profs.
Et de l'autre, il faut rassurer les marchés sur la capacité de l'Etat à rembourser ses emprunts. Pas facile alors que l'hypothèse de croissance de 1% prévue par Bruno Le Maire est très fragile.
Alors pourquoi crier avant d'avoir mal. Jusqu'ici, la France a pu absorber le choc. Mais c'est justement parce que c'est un poison lent qu'il est potentiellement mortel. Les pays qui l'ont oublié, comme l'Argentine l'ont payé cher.
Le problème est bien connu : c'est le fameux effet « boule de neige » de la dette : 1% d'intérêt en plus représente sur 2023 une charge annuelle supplémentaire de 2,4 milliards d'euros. Mais le coût cumulé atteindra 16 milliards en 2027. Insupportable à moyen terme.
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On commence à le craindre au Royaume-Uni, dont la politique budgétaire inquiète beaucoup. Et il faut surveiller de près ce qui va se passer dans l'Italie de Mme Meloni. La nouvelle dirigeante d'extrême droite a multiplié hier les signaux pour tenter de convaincre de son sérieux alors qu'elle promet des baisses massives d'impôt.
Cette contrainte financière explique pourquoi Emmanuel Macron veut accélérer la réforme des retraites.
Car tic-tac, tic-tac, le mur de la dette est devant nous et sa hauteur. On dit souvent qu'on laissera nos dettes à nos enfants : la vérité est qu'elle risque de nous rattraper bien avant...
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