A Davos, le gouverneur de la Banque d'Angleterre revient sur l'effet négatif du Brexit

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(Crédits : Reuters)
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a évoqué vendredi sur la BBC un "effet Brexit" négatif à court terme pour l'économie britannique, mais espéré qu'une plus grande clarté sur l'issue des négociations permettrait au Royaume-Uni de rebondir.

"Ce que nous voyons au Royaume-Uni en ce moment, c'est l'effet Brexit à court terme, et je soulignerais 'à court terme'", a expliqué M. Carney, à Davos en Suisse où il participe au Forum économique mondial.

La croissance en 2017 a modestement ralenti à 1,8%, après 1,9% en 2016, d'après des chiffres publiés vendredi matin par l'Office des statistiques nationales (ONS). Les autorités britanniques comme le FMI s'attendent toutefois à une croissance moins élevée cette année.

"Davantage de clarté"

Les entreprises britanniques "attendent de voir quelles relations nous aurons avec l'Europe et quelles relations nous aurons avec le reste du monde" avant d'investir massivement, a rappelé M. Carney.

"L'investissement a un peu augmenté mais pas du tout autant qu'ailleurs" dans le monde, a ajouté M. Carney, pour qui "la croissance accélère dans le monde mais ce n'est pas constaté" au Royaume-Uni.

Reste que cette année pourrait amener "davantage de clarté" dans les délicates négociations entre Londres et Bruxelles sur la transition vers le Brexit et sur les relations futures qu'entretiendront le Royaume-Uni et l'UE, a espéré le gouverneur de la BoE. Ceci pourrait permettre à l'économie britannique de "réconcilier" son niveau avec celui, plus dynamique, observé ailleurs, a-t-il observé.

Maintenir les relations avec l'Europe

Interrogé sur le type de relation que le Royaume-Uni devrait construire avec l'UE à l'avenir, M. Carney s'est voulu prudent et a répondu que "plus la relation avec l'Europe sera approfondie, plus la relation avec le reste du monde sera étroite", "meilleur ce sera à terme pour l'économie britannique".

Le gouverneur était questionné sur ce sujet après le déclenchement d'une polémique dans le monde politique britannique après des propos tenus jeudi soir par le ministre des Finances, Philip Hammond, à Davos à propos du Brexit. M. Hammond a dit qu'il espérait que le Royaume-Uni et l'UE n'allaient que "très modestement" séparer leurs économies aujourd'hui très interconnectées dans le cadre du marché unique. Des partisans d'un Brexit dur ont estimé que le ministre des Finances ne respectait pas la ligne du gouvernement conservateur de Theresa May qui prévoit une sortie du marché unique.

(avec agences)

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a écrit le 26/01/2018 à 18:02 :
Un risque d’inflation, suite à la baisse de la livre. Si l’inflation est trop élevée cela nécessitera une nouvelle hausse des taux d’intérêt, la première hausse ayant réussi à maintenir l’inflation à 3 %.
Vu leur niveau d’endettement il y a des limites à cette pratique et à long terme cela pourrait impacter négativement la consommation.
Pour le moment les signaux sont contradictoires, dans un contexte économique mondial qui est pour le moment favorable. (https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1FF182-OFRBS)
Le départ définitif n’aura lieu qu’en mars 2019, et même si ni l’UE ni la GB n’ont intérêt à une rupture brutale, si jamais les investisseurs fuient la GB et transfèrent leurs avoirs vers l’UE, l’Angleterre devra essayer de compenser par du dumping fiscal, donc social. On se rendra peut être compte que, contrairement à ce que certaines disent, l’UE assure aussi une forme de stabilité sociale, même si pour le moment tous les pays ne jouent pas le jeu.
Réponse de le 26/01/2018 à 23:46 :
" l’UE assure aussi une forme de stabilité sociale, même si pour le moment tous les pays ne jouent pas le jeu. " Etes-vous sûr de vous adresser à des adultes responsables ou de petits choses délibérément infantilisés ..?
https://www.upr.fr/conferences/10-raisons-sortie-de-l-union-europeenne
a écrit le 26/01/2018 à 14:31 :
"plus la relation avec l'Europe sera approfondie, plus la relation avec le reste du monde sera étroite"
Ben non, ils vont négocier avec succès des accords commerciaux très favorables avec les grands pays du monde, pour mieux se détacher de l'encombrante UE, voler de ses propres ailes. Ça demandera du temps mais ça finira par produire ses effets, d'après ce qui est prévu, espéré.
Finalement, les facilités que Cameron avait arraché à l'UE, elles n'auraient pas suffi, idéologie mise à part ? Elles sont passées à la trappe, vote yes au Brexit aidant.
a écrit le 26/01/2018 à 12:45 :
Si le Frexit pouvait succéder au Brexit...
Depuis le référendum du 23 juin 2016, les indicateurs économiques ne sont pas tous au rouge. Le taux de chômage, d’abord, n’a cessé de diminuer pour atteindre son plus bas niveau en quarante-deux ans, à 4,3 %.

L’industrie britannique, pour sa part, est sur sa meilleure lancée depuis 1994, avec huit mois consécutifs de croissance. Flirtant avec les 3 %, le taux d’inflation devrait enfin baisser cette année, tandis que les bas salaires connaîtront une augmentation de 4,3 % en avril lorsque le salaire minimum atteindra 7,83 livres (8,8 euros). Un constat qui donne de l’espoir au Daily Telegraph : “Ne croyez pas les pessimistes, lance le quotidien conservateur.

L’économie britannique s’en sortira très bien en 2018.”
a écrit le 26/01/2018 à 12:09 :
On se doute bien que le RU veuille garder des relations avec l'UE, c'est même logique, la norme libre échangiste qui existe depuis toujours, alors certes l'UE est largement assez mesquine pour rechigner mais n'a aucun intérêt à la refuser cette coopération.

Une énorme bulle boursière est en train d'enfler le fait que le RU n'en profite pas actuellement fera certainement que quand la crise éclatera ils prendront moins de dégâts.

Bref encore une bonne nouvelle générée par le brexit, le RU n'a plus à écouter les délires du consortium financier européen et aller dans le mur que celui-ci ne sait que nous proposer.
Réponse de le 26/01/2018 à 14:44 :
L'UE n'a certes aucune raison de fermer la porte du marché unique au RU, mais elle n'a aucune raison non plus de lui accorder un traitement de faveur. Clairement, un statut à la norvégienne est sur la table pour le RU. Mais il n'est pas sûr que celui-ci en veule. La balle est dans le camp anglais, on attend qu'ils nous la renvoient.
Réponse de le 26/01/2018 à 15:56 :
"mais elle n'a aucune raison non plus de lui accorder un traitement de faveur."

ET où est-ce que je demande un "traitement de faveur" svp ?

Bien au contraire, surtout ne rien devoir à ce consortium financier européen même sinon c'est tout cru qu'ils se feraient avaler !

LA puissance d'un char d’assaut avec le cerveau d'un bulot, voilà ce qu'est l'UE.
a écrit le 26/01/2018 à 12:09 :
On se doute bien que le RU veuille garder des relations avec l'UE, c'est même logique, la norme libre échangiste qui existe depuis toujours, alors certes l'UE est largement assez mesquine pour rechigner mais n'a aucun intérêt à la refuser cette coopération.

Une énorme bulle boursière est en train d'enfler le fait que le RU n'en profite pas actuellement fera certainement que quand la crise éclatera ils prendront moins de dégâts.

Bref encore une bonne nouvelle générée par le brexit, le RU n'a plus à écouter les délires du consortium financier européen et aller dans le mur que celui-ci ne sait que nous proposer.

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