Brexit : à Londres, c'est toujours l'impasse, la promesse de May n'a servi à rien

En mettant sa démission dans la balance, la dirigeante conservatrice a certes rallié à sa cause certains détracteurs de son projet. Mais le Parti unioniste démocratique (DUP) d'Irlande du Nord, dont les dix élus à la Chambre des communes sont indispensables à la majorité parlementaire du gouvernement, demeure inflexible: pas question de voter le "Withdrawal Agreement", pas question non plus de s'abstenir. Voici le récapitulatif des principaux événements de la journée.
Theresa May (prise en photo, hier, en voiture près du Parlement) a peut-être abattu sa dernière carte en informant mercredi soir les parlementaires de son Parti conservateur qu'elle démissionnerait si l'accord de retrait qu'elle a négocié avec les Européens est enfin ratifié par la Chambre des communes.
Theresa May (prise en photo, hier, en voiture près du Parlement) a peut-être abattu sa dernière carte en informant mercredi soir les parlementaires de son Parti conservateur qu'elle démissionnerait si l'accord de retrait qu'elle a négocié avec les Européens est enfin ratifié par la Chambre des communes. (Crédits : Reuters)

Theresa May a peut-être abattu sa dernière carte en informant mercredi soir les parlementaires de son Parti conservateur qu'elle démissionnerait si l'accord de retrait qu'elle a négocié avec les Européens est enfin ratifié par la Chambre des communes.

Un nouveau vote, le troisième, pourrait avoir lieu ce vendredi. Les deux premières tentatives, le 15 janvier puis le 12 mars, ont tourné au fiasco pour la Première ministre britannique. A ce stade, rien n'est acquis.

En mettant sa démission dans la balance, la dirigeante conservatrice a certes rallié à sa cause certains détracteurs de son projet.

Mais le Parti unioniste démocratique (DUP) d'Irlande du Nord, dont les dix élus à la Chambre des communes sont indispensables à la majorité parlementaire du gouvernement, demeure inflexible: pas question de voter le "Withdrawal Agreement", pas question non plus de s'abstenir.

Un élément d'incertitude supplémentaire continue de peser sur le processus. La semaine dernière, John Bercow, le "speaker" (président) de la Chambre des communes, a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas faire revoter dans les mêmes termes les parlementaires sur l'accord de retrait de l'Union européenne qu'ils ont déjà rejeté.

"De toute façon, c'est mort", a commenté Boris Johnson, dont les propos sont cités par l'Evening Standard.

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>> Voici le récapitulatif des principaux événements de la journée.

15h14 - May veut limiter le vote au seul accord de retrait (The Sun)

Theresa May veut que les Communes se prononcent vendredi uniquement sur l'accord de retrait négocié avec Bruxelles, laissant en suspens la question de la déclaration politique sur les relations futures qui doit l'accompagner, rapporte le rédacteur en chef du service politique du Sun.

Ce projet doit toutefois recevoir l'aval de John Bercow, le speaker des Communes.

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15H00 - Un débat vendredi aux Communes, pas de vote solennel

Le parlement débattra vendredi d'une motion relative au Brexit, annonce la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, qui précise qu'elle sera conforme à la règle édictée la semaine dernière par John Bercow.

Selon Press Association, il ne s'agira toutefois pas d'un vote solennel sur l'accord de divorce négocié avec les Européens.

Elle ajoute au passage qu'aucune décision n'a été prise quant à une possible annulation de la première semaine des vacances parlementaires de Pâques. La Chambre des communes siégerait durant la semaine du 8 avril.

Les dirigeants européens, qui étaient réunis jeudi et vendredi derniers à Bruxelles, ont reporté la date du Brexit du 29 mars au 12 avril si la Chambre des communes ne ratifie pas l'accord cette semaine, ou au 22 mai dans le cas contraire.

D'après un journaliste d'ITV, le président de la Chambre des communes a indiqué au conseiller juridique du gouvernement comment organiser un troisième vote.

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12h25 - LA COMMISSION ATTEND UN "YES"

La Commission européenne rappelle que si l'accord de retrait n'est pas ratifié cette semaine par la Chambre des communes, la date du Brexit sera repoussé au 12 avril, charge à Londres de préciser ses projets.

"Si l'Accord de retrait n'est pas ratifié d'ici la fin de la semaine, l'Article 50 (ndlr, qui encadre le départ d'un Etat membre de l'UE) sera prolongé jusqu'au 12 avril et il appartient à présent au gouvernement du Royaume-Uni de nous informer de la façon dont il envisage les prochaines étapes", a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas.

"Nous avons dénombré hier soir huit 'non', maintenant, il nous faut un 'oui' sur la voie à suivre."

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12H18 - L'ACCORD DE MAY EST MORT, DIT BORIS JOHNSON

Boris Johnson, figure emblématique des Brexiters qui a quitté le gouvernement May avec fracas l'été dernier en dénonçant sa stratégie de négociation, estime que de toute façon, l'accord de Brexit est "mort", rapporte l'Evening Standard.

L'ancien maire de Londres avait pourtant annoncé la veille qu'il pourrait voter en faveur de ce texte. "De toute façon, c'est mort", a-t-il dit à des amis, ajoute le Standard.

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10h42 - REES-MOGG ESPÈRE QUE LE DUP SE RALLIERA À L'ACCORD

Jacob Rees-Mogg, qui dirige l'European Research Group (ERG), qui regroupe les Tories eurosceptique, annonce qu'il est en faveur de l'accord de retrait que Theresa May a négocié avec les Européens (et qu'il a pour sa part rejeté lors des deux premiers votes, les 15 janvier et 12 mars).

Il dit espérer que le Parti unioniste démocratique (DUP) finira par se ranger au même avis. "Je suis en faveur de l'accord et j'espère que le DUP s'y rangera, mais nous allons devoir attendre et voir ce qu'ils feront", dit-il à la presse.

Rees-Mogg ajoute qu'il n'a pas prévu de discuter avec Arlene Foster, la dirigeante du parti nord-irlandais.

Quant à sa conversion, il réexplique que l'accord négocié par May ne le satisfait pas mais qu'il n'a plus le choix: "Je ne pense pas que cet accord soit subitement devenu meilleur, mais simplement l'alternative est pire, puisque c'est ne pas avoir de Brexit du tout."

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10H15 - L'ACCORD DE DIVORCE EST "RANCE", DIT LE CONSERVATEUR MARK FRANCOIS

Brexiter convaincu, vice-président de l'ERG, le parlementaire tory Mark Francois juge que l'accord de retrait est "rance" et annonce qu'il votera de nouveau contre.

"S'il revient, je serai heureux de le rejeter encore une fois", dit-il sur Sky News. "Le peuple britannique a voté pour quitter l'Union européenne, partons tout simplement."

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08H17 - LES NORD-IRLANDAIS DU DUP N'ONT JAMAIS ENVISAGÉ DE S'ABSTENIR

Le Parti unioniste démocratique (DUP) d'Irlande du Nord votera contre l'accord de retrait négocié par May avec les Européens et n'a jamais envisagé de s'abstenir, déclare la dirigeante du parti, Arlene Foster.

"L'abstention serait la pire des solutions parce qu'elle signifie que vous ne dites pas vraiment quelle est votre position sur la question la plus importante de notre époque, elle n'a donc jamais été une option", dit-elle dans une interview accordée à la radiotélévision irlandaise RTE.

Pour Foster, il est inconcevable d'opter pour l'abstention quand l'union même du Royaume-Uni est en jeu.

Depuis la publication de l'accord de retrait, à l'automne dernier, le DUP est vent debout contre le "backstop" nord-irlandais, cette clause de dernier recours qui s'appliquera, faute de mieux, pour éviter le rétablissement d'une frontière "physique" entre la république d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. Il y voit une atteinte à la souveraineté et à l'intégrité du Royaume-Uni et un risque sur l'avenir de l'Irlande du Nord face à la république d'Irlande.

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08H14 - LETWIN CROIT ENCORE AUX VERTUS DE SA "VOIE PARLEMENTAIRE"

Une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'Union européenne à la date du 12 avril est pour l'heure le scénario le plus probable mais la prise de contrôle du Parlement au détriment du gouvernement n'est pas terminée, déclare le député conservateur Oliver Letwin.

L'élu du Dorset, dans le sud-ouest de l'Angleterre, ancien ministre, est à l'origine des votes indicatifs qui ont eu lieu mercredi, matérialisant une prise de contrôle temporaire du processus du Brexit par la Chambre des communes.

Aucune des huit options soumises aux voix des parlementaires n'a obtenu de majorité, mais certaines ont rallié plus de voix que l'accord de retrait négocié par May avec les Européens. Et les députés devraient procéder à de nouveaux votes indicatifs lundi, après avoir affiné les options proposées dans le but de garantir une majorité.

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Commentaires 2
à écrit le 01/04/2019 à 13:41
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May la classe et Macron la casse.

à écrit le 28/03/2019 à 19:40
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Quelle triste image de la démocratie ! Et quelle confirmation des blagues que les anglais balancent sur les Irlandais .

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