Bruxelles ne tiendra pas compte des aides de l'Italie pour lutter contre le coronavirus pour calculer son déficit
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Flavio Lo Scalzo
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La Commission européenne a indiqué à l'Italie que les aides ponctuelles liées à la lutte contre l'épidémie de nouveau coronavirus seraient exclues de l'évaluation du déficit du pays, dans une lettre publiée samedi par le vice-président de l'institution.
Lors de son annonce, le gouvernement italien avait précisé qu'il s'engageait par la suite à reprendre le parcours de réduction du déficit, à 1,8% du PIB en 2021 et 1,4% en 2022, contre 1,6% en 2019.
Les deux responsables assurent que, lors de son évaluation annuelle des budgets nationaux, "la Commission sera attentive au besoin des Etats membres de mettre en oeuvre des mesures urgentes afin de préserver le bien-être des citoyens et d'atténuer les effets négatifs sur la croissance économique de l'épidémie de coronavirus".
Après l'annonce de son plan, le gouvernement italien avait immédiatement envoyé une lettre à la Commission européenne pour l'avertir de ce changement, tout en assurant de la bonne tenue des finances publiques italiennes.
L'exécutif européen avait déjà indiqué fin février qu'il existait dans le pacte de stabilité et de croissance européen des clauses de "flexibilité" portant sur des circonstances exceptionnelles.
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L'Italie, pays le plus durement touché d'Europe par le coronavirus, a décidé samedi de recruter 20.000 renforts pour ses hôpitaux, tout en étudiant la création de nouvelles zones de quarantaine pour enrayer l'épidémie. Cette mesure, prise à l'issue d'un conseil des ministres, devrait permettre de porter de 5.000 à 7.500 le nombre de lits en soins intensifs, soit une hausse de 50%, et de doubler le nombre de places dans les services de pneumologie et maladies infectieuses.
Les 20.000 embauches devraient se répartir ainsi: 5.000 médecins spécialisés, 10.000 infirmiers et 5.000 aides-soignants. Le décret du gouvernement prévoit la possibilité de recruter des médecins à la retraite. Toutes ces mesures représentent un budget d'un milliard d'euros à prélever sur les 7,5 milliards débloqués "pour assurer sur l'ensemble du territoire national une augmentation du nombre de lits en soins intensifs", selon le communiqué du gouvernement.
Les préfets se voient en outre attribuer la possibilité de réquisitionner des hôtels pour loger les personnes en quarantaine.
Enfin, le décret prévoit des aides et financements d'un montant de 50 millions d'euros pour les entreprises produisant des masques de protection et autres produits utiles pour enrayer l'épidémie.
Outre le secteur de la santé, le gouvernement a pris des dispositions pour la justice: jusqu'au 31 mai, les tribunaux pourront limiter l'accès au public et au personnel, et notamment décider d'organiser à huis clos les procès. Le recours aux vidéoconférences sera également encouragé.
Avec 4.636 cas et 197 morts, l'Italie est à la deuxième place derrière la Chine pour le nombre de décès, et à la 4ème place pour le nombre de cas derrière la Chine, la Corée du Sud et l'Iran. Le taux de létalité du virus en Italie s'élève à 4,25%, contre 3,8% en Chine et 0,68% en Corée du Sud. L'essentiel des cas sont concentrés dans le nord. C'est là qu'a été instaurée une "zone rouge" où se trouvent en quarantaine depuis près de deux semaines onze communes rassemblant 50.000 habitants.
Alors que le temps d'incubation du nouveau coronavirus est évalué à environ 14 jours, le gouvernement doit décider s'il prolonge ou non la quarantaine dans cette zone et étudie la création de nouvelles zones rouges, notamment en Lombardie, la région de Milan, la plus touchée du pays avec 2.612 cas et 135 morts.
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Rome a déjà adopté toute une série de mesures draconiennes pour enrayer l'épidémie, notamment la fermeture des écoles et universités jusqu'à mi-mars, en vue d'éviter une surchauffe dans les hôpitaux de la péninsule.
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