Chute des Bourses : la BCE veille au grain
latribune.fr

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Wolfgang Rattay
latribune.fr

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Wolfgang Rattay
« Nous sommes attentifs au bon fonctionnement des marchés financiers », a affirmé ce lundi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, interrogée sur les soubresauts engendrés par la crise politique en France.
« Mon objectif obsessionnel, c'est de ramener l'inflation à la cible à moyen terme de 2%. La stabilité des prix s'entend bien sûr en parallèle avec la stabilité financière. Donc nous sommes attentifs au bon fonctionnement des marchés financiers », a insisté la dirigeante, interrogée sur la chute des Bourses en fin de semaine dernière, en marge d'une visite de l'entreprise française Pasqal, spécialisée dans l'informatique quantique, à Massy (Essone).
En effet, l'indice parisien CAC 40 a effacé vendredi l'ensemble de ses gains annuels après avoir essuyé une chute de plus de 6% sur la semaine. C'est la pire semaine de la Bourse de Paris depuis mars 2022, au moment de l'invasion russe en Ukraine. « C'est certainement la première d'une série de semaines volatiles jusqu'aux élections françaises », a commenté fin de semaine dernière Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
L'écart de taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne à 10 ans, un outil de mesure de la confiance accordée par les investisseurs à un pays, a franchi les 80 points de base, un record depuis la crise de la dette qui a frappé la zone euro il y a plus de dix ans, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
La France est sous le feu des projecteurs depuis dimanche soir, lorsque le président, Emmanuel Macron, a annoncé à la surprise générale la dissolution de l'Assemblée nationale en réaction à la forte montée de l'extrême droite française, lors des élections européennes.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour les élections législatives anticipées qui en découlent, le pays voit la majorité présidentielle, en perte de popularité, faire face au parti d'extrême droite, Rassemblement national, et à l'union des gauches, sous l'étiquette du Nouveau Front populaire.
Or pour le moment, entre baisse des taxes à l'extrême droite et abrogation de la réforme des retraites à gauche, les programmes économiques et financiers du Rassemblement national et du Nouveau front populaire ne sont pas de nature à plaire aux marchés, qui craignent que ces mesures aggravent un déficit français déjà très creusé.
« Ça vous donne en quelque sorte un avant-goût de ce que serait en effet l'avènement de programmes économiques totalement irréalistes », a assuré vendredi dernier Emmanuel Macron en réponse à l'affolement des marchés. Selon lui, les projets de l'alliance de gauche ou du Rassemblement national « coûtent par an entre 100 et 400 milliards d'euros ».
Présenté vendredi, le programme du Nouveau Front populaire s'engage notamment à augmenter le Smic, bloquer les prix des biens de première nécessité, faire renaître l'ISF ou encore fixer un objectif de retraite à 60 ans.
De son côté, celui du RN propose d'abaisser à 5,5% la TVA sur les produits énergétiques, restaurer une retraite à 60 ans dans certains cas, exonérer d'impôt sur le revenu les moins de 30 ans, lancer un plan de 20 milliards d'euros pour la santé, construire 100.000 logements sociaux par an...
Ces incertitudes sur les marchés, engendrées par les bouleversements politiques français, interviennent, qui plus est, après la première baisse des taux de la BCE. Après avoir monté ses taux de manière fulgurante entre 2022 et 2023, puis les avoir maintenus entre 4% et 4,75% depuis septembre - au plus haut depuis la création de l'euro -, la BCE a enfin effectué une première baisse de 0,25 point de pourcentage le 6 juin dernier. La hausse des prix, que la BCE veut à tout prix voir retourner à 2%, s'est établie à 2,6% sur un an en mai, en forte baisse par rapport à son record de 10,6% atteint en octobre 2022.
L'institution de Francfort a donc mis la première pierre à sa stratégie d'assouplissement de la politique monétaire, « mais ça ne veut pas dire que l'on entre dans un cycle de baisse », a prévenu début juin Alexandre Baradez, responsable des analyses de marchés chez IG France. « Nous maintiendrons des taux directeurs suffisamment restrictifs aussi longtemps que nécessaire pour atteindre cet objectif (de 2%, NDLR) », a, en effet, affirmé la présidente de la BCE, précisant que « le Conseil des gouverneurs ne s'engage pas au préalable sur une trajectoire de taux particulière. »
Ce dernier a prévenu que la baisse entamée ne pourra de toute façon pas se faire trop rapidement étant donné que la Réserve fédérale américaine n'a pas encore entamé de baisse de ses taux « et que les taux obligataires et l'euro réagissent beaucoup aux annonces de la Fed et pourraient mal réagir en cas d'écart fort ».
À lire également
Dans tous les cas, l'instabilité financière sur les marchés causée par cette crise politique française, peut rebattre les cartes quant à la prochaine baisse de taux. Par ailleurs, interrogée sur son éventuel avenir politique en France, Christine Lagarde a balayé la question :
(Avec AFP)
latribune.fr
Mort de David Hockney : piscines, iPad, musées… le marché de l’art se prépare à la ruée sur ses œuvres
Budget 2027 : comment le député socialiste Philippe Brun veut encadrer la loi spéciale
Inflation à 2,4 % : pourquoi l’été 2026 sera pourtant impossible pour des millions de Français
L'opération d'aménagement Bordeaux Euratlantique fragilisée par un lourd déficit