Il y a quelques jours, Bouygues Immobilier annonçait la vente au groupe Brilhac du programme immobilier Inkoo qui développe 6 800 m2 de bureaux à l'entrée Sud de Bordeaux. Situé le long des quais de la Garonne au niveau du pont Simonve Veil, à la jonction de Bordeaux et Bègles, ce bâtiment est présenté comme « emblématique du renouveau urbain » de l'opération d'intérêt national Bordeaux Euratlantique.
Dans un marché en plein marasme, cette transaction, vantée comme la plus importante depuis le début de l'année en France, a redonné le sourire aux équipes de l'établissement public d'aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique chargées de piloter la mutation de 738 hectares urbains à Bordeaux, Bègles et Floirac.
Mais, en coulisses, l'ambiance n'est pas vraiment à la fête. La direction a reçu fin mai les conclusions d'un audit financier cinglant diligenté par l'Etat. Et les conclusions, révélées par Sud Ouest, confirment ce qui était déjà prégnant depuis plusieurs années : le modèle économique de cette opération ne tient plus. Cette opération publique d'aménagement n'a pas fondamentalement vocation à gagner de l'argent mais elle devait au moins tâcher de s'autofinancer. Mais son équilibre est miné par la profonde crise de l'immobilier, tant pour le logement que pour le bureau, et la sous-évaluation structurelle des coûts fonciers et de construction. À tel point que l'EPA avait déjà été renfloué à hauteur de 150 millions d'euros début 2024 pour éviter le naufrage.