Elections italiennes : cinq différents scénarios pour dimanche

 |   |  627  mots
(Crédits : Alessandro Bianchi)
Les élections législatives se tiennent dimanche en Italie, avec un nouveau système électoral qui combine représentation proportionnelle et scrutin majoritaire à un tour. Cinq scénarios probables à l'issue de cette consultation.

Le nouveau système répartit 64% des sièges du Parlement à la proportionnelle, les sièges restants étant désignés au scrutin majoritaire. Ainsi, sur les 630 députés élus pour cinq ans, 232 seront désignés à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales et 398 seront élus à la représentation proportionnelle nationale. Par rapport au précédent système, la prime accordée au parti ou à la coalition qui arrive en tête disparaît.

Les analystes estiment que pour être en mesure de constituer un gouvernement, il faudrait recueillir environ 40% des suffrages, peut-être moins en fonction des résultats au scrutin majoritaire à un tour.La publication de sondages est interdite depuis le 16 février, deux semaines avant le scrutin. Selon les dernières enquêtes, aucune coalition, aucun parti n'atteint les 40%.

Cinq scénarios probables à l'issue de cette consultation :

[1] Victoire de la coalition de centre droit

La coalition de l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi est donnée en tête des intentions de vote. Elle rassemble quatre partis: Forza Italia, la formation de Berlusconi, la Ligue du Nord, anti-européenne et anti-immigration, Frères d'Italie (extrême droite) et les libéraux-conservateurs de Noi con l'Italia.

Les derniers sondages accordent à cette coalition entre 35 et 38% des voix. Les candidats de droite devraient obtenir de bons résultats au scrutin uninominal majoritaire à un tour, mais aucun sondage ne lui donne une majorité absolue à la Chambre des députés ou au Sénat.

En cas de victoire de la droite, le parti arrivé en tête, soit Forza Italia, soit la Ligue du Nord, choisira le futur président du Conseil. Berlusconi ne peut de toute façon pas occuper ce poste en raison de sa condamnation pour fraude fiscale en 2013. Il a dit souhaiter que l'actuel président du Parlement européen, Antonio Tajani, prenne la tête d'un futur gouvernement.

[2] Une grande coalition

Dans cette hypothèse, Forza Italia et le Parti démocrate (centre gauche) de l'ancien président du Conseil Matteo Renzi conviendraient de diriger ensemble, à l'image de la "grande coalition" déjà expérimentée en Allemagne entre conservateurs et sociaux-démocrates. Forza Italia et le Parti démocrate disent exclure cette idée, mais ils avaient déjà brièvement gouverné ensemble après les élections de 2013. Même en cas d'accord, les deux partis ne devraient pas avoir assez de sièges au Parlement pour s'assurer une majorité et il leur faudrait trouver d'autres partenaires.

[3] Un "gouvernement du président"

Le président de la République, Sergio Mattarella, est l'arbitre suprême de la vie politique italienne et jouera un rôle central si les élections conduisent à une impasse. Il pourrait alors travailler à un accord entre différents partis en vue de la formation d'un gouvernement chargé d'appliquer un programme précis et probablement dirigé par un technocrate.

[4]  La place du Mouvement 5 Étoiles

Le Mouvement 5 Étoiles (M5S) devrait être le premier parti politique d'Italie à l'issue des élections, les sondages lui accordant environ 28% des voix. Hostile par principe à toute alliance avec d'autres formations, il s'est montré plus souple ces derniers mois, laissant entendre qu'il pourrait être ouvert à des négociations sur des points précis. Si aucun parti ou aucune coalition n'obtient la majorité au Parlement, le président Mattarella pourrait confier à la formation arrivée en tête, donc probablement le M5S, la tâche de former un gouvernement.

 [5] De nouvelles élections

Si aucun accord de gouvernement n'est trouvé, l'équipe actuelle, de centre gauche, du président du Conseil Paolo Gentiloni pourrait rester en place jusqu'à l'organisation rapide de nouvelles élections, comme cela s'est passé en Espagne où les électeurs ont été convoqués à six mois d'intervalle entre 2015 et 2016.

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/03/2018 à 14:57 :
L' Italie dans l' Ue est sous hégémon us comme le reste de la bande depuis la partage historique de Yalta où Staline et Roosevel -et eux seuls- découpaient l'Allemagne, alors que l'Europe et l'Asie ne comptaient plus et pendant que de Gaulle évincé de Yalta, Churchill s'y battait le dos au mur. ASSELINEAU responsable en tête de l' UPR fait dans cette brillante vidéo la démonstration "de qui dirige vraiment la France et l' Europe" et quels moyens et subterfuges politico-médiatiques sont utilisés pour que le gros des peuples ne s' en aperçoive pas ... ITALEXIT, vite ... https://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE
a écrit le 04/03/2018 à 14:39 :
Ce qui risque d'arriver en Italie va arriver en France si l'immigration continu à cette vitesse ,nous allons avoir Le Pen avec la droite au pouvoir .
a écrit le 02/03/2018 à 0:30 :
Le système français a sans doute ses défauts, mais il permet au moins de désigner une majorité claire. Pas de grandes coalitions ou de magouilles entre partis pour se partager les postes et le pouvoir.
Réponse de le 02/03/2018 à 11:05 :
"Pas de grandes coalitions ou de magouilles entre partis pour se partager les postes et le pouvoir"

Non en effet, l'avantage avec nous autres français c'est que nous sommes tellement habitués à la compromission en politiciens opportunistes, leurs vestes se retournant très facilement, que ce sont les hommes politiques qui changent de parti et non les partis qui s'unissent.

Notre expérience incontestable dans le domaine de la compromission généralisée pourrait certainement profiter à d'autres c'est sûr et certain.
a écrit le 01/03/2018 à 9:48 :
"Victoire de la coalition de centre droit"

ET de se demander comment on peut appeler une coalition "de centre droit" alors que deux partis sur quatre sont d'extrême droite, merci les médias de toujours euphémiser le péril fasciste. Incroyable...

"Une grande coalition"

LE scénario le plus probable, l'UE veut à tout prix éviter le mouvement 5 étoiles, tout ces partis totalement corrompus devraient facilement s'entendre pour escroquer les citoyens italiens après leur avoir promis monts et merveilles.

"De nouvelles élections"

Il ne faudrait pas en effet que le mouvement 5 étoiles réveille nos dirigeants politiques et économiques afin de les sortir de leur torpeur mortifère hein.

Chuuut... l'UE dort (enfin est en mort cérébrale plutôt) il faut la laisser tranquille...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :