Emplois présumés fictifs : Sylvie Goulard ne convainc pas les eurodéputés

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(Crédits : Francois Walschaerts)
Interrogée, mercredi, par les eurodéputés sur l'emploi présumé fictif d'un de ses collaborateurs, la candidate proposée par la France au poste de commissaire européenne au marché intérieur, a raté son audition. Ses réponses ont été jugées "beaucoup trop vagues". "I'm clean", s'est défendue Sylvie Goulard.

La Française Sylvie Goulard n'est pas parvenue, mercredi, à convaincre les eurodéputés, qui lui ont réclamé des clarifications supplémentaires, notamment sur l'emploi présumé fictif d'un de ses collaborateurs, avant de statuer sur sa candidature à la Commission européenne.

A l'issue de son audition, l'ensemble des groupes politiques du Parlement européen - à l'exception du sien, les Libéraux de Renew - ont décidé de lui poser de nouvelles questions par écrit, étape préalable à une éventuelle seconde audition, selon des sources concordantes.

Des réponses jugées "beaucoup trop vagues"

Les élus européens, dont le feu vert est indispensable à chaque commissaire, n'ont pas été convaincus par ses explications sur les deux enquêtes dont elle fait l'objet  - l'une de la justice française, l'autre de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) - dans l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés du parti Modem (centre).

Ce dossier l'avait conduite à quitter son poste de ministre des Armées en juin 2017, un mois seulement après sa nomination.

"Si, en tant que commissaire, elle doit faire face à une procédure judiciaire, sa nomination risque d'affaiblir la Commission dans son ensemble. Nous voulons un commissaire qui s'engage à 100%", a commenté l'eurodéputée danoise Christel Schaldemose (social-démocrate).

D'autres eurodéputés restent insatisfaits par ses réponses sur le fond, à l'instar de l'écologiste finlandais Ville Ninistö, qui l'a jugée "beaucoup trop vague".

Selon une source européenne, les nouvelles questions lui seront envoyées vendredi et elle aura jusqu'à mardi pour y répondre.

Nouveau revers pour la présidente du futur exécutif européen

"I'm clean" ("je suis propre"), a lancé en anglais Mme Goulard, demandant aux eurodéputés, qui l'ont parfois malmenée, de respecter "la présomption d'innocence".

Désignée par Emmanuel Macron, la Française brigue le portefeuille aussi vaste que stratégique du "Marché intérieur".

Lire aussi : Sylvie Goulard, de la Banque de France à la Commission européenne

Le résultat de cette audition marque un nouveau revers pour la présidente du futur exécutif européen, l'Allemande Ursula von der Leyen, censée prendre ses fonctions le 1er novembre et dont l'équipe peine à convaincre les eurodéputés, qui auditionnent tous les candidats jusqu'au 8 octobre.

Deux de ses membres, une social-démocrate roumaine et un Hongrois du PPE (droite), ont vu leur candidature retoquée avant même leur audition.

Questions éthiques

Plusieurs députés ont soulevé mercredi les "questions éthiques" posées par les enquêtes visant Mme Goulard, qui appartient au troisième grand groupe politique de l'UE. D'autres ont dit "ne pas comprendre" comment elle pouvait prétendre être commissaire après avoir démissionné pour les mêmes raisons du gouvernement.

"Un usage existe en France (...) selon lequel tout ministre, à partir du moment où il serait mis en examen, devrait démissionner", a-t-elle expliqué. "Dans les institutions européennes, un tel usage n'existe pas".

"Je n'ai pas été mise en examen, mais j'ai estimé alors pour une raison, avoir la responsabilité des armées françaises, (...) que je ne pouvais pas faire courir ce risque", a poursuivi l'ancienne députée européenne (2009-2017)

"Je respecterai, si elle advient, la décision de justice", a-t-elle assuré.

"Tout était légal"

La Française a déjà remboursé 45.000 euros au Parlement européen, correspondant à huit mois de salaire d'un de ses assistants, pour lequel elle n'a pu fournir aucune "preuve de travail". "Un aveu", selon ses détracteurs.

"Je n'ai rien reconnu", a-t-elle répondu, niant toute "intention frauduleuse".

Elle a expliqué qu'"il y avait eu des problèmes au moment de (la) démission" de ce collaborateur et qu'elle n'avait pas eu envie de s'"engager dans une procédure de licenciement".

"Notre inquiétude, c'est que sur des questions stratégiques, on ait un commissaire déstabilisé en permanence à cause de questions judiciaires", a expliqué le président de la délégation française du PPE, François-Xavier Bellamy.

Mme Goulard a également été interrogée sur son travail de "consultante", moyennant "plus de 10.000 euros" mensuels, pour un groupe de réflexion américain, l'institut Berggruen, d'octobre 2013 à janvier 2016, alors même qu'elle était eurodéputée.

"Tout était légal", a-t-elle souligné. "Je conçois que les sommes soient élevées", mais "ça correspond aux conditions qui se pratiquent".

Exigence de comportement exemplaire

"On demande un comportement exemplaire ou au-dessus de la moyenne pour un commissaire européen et là, c'est très clair qu'elle n'y est pas", a commenté l'eurodéputé belge Marc Botenga, membre de la Gauche unitaire européenne (GUE).

Pour l'institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen - qualifié jadis de financier "vautour" par le magazine Forbes -, Mme Goulard a préparé "des documents d'information", passé des "coups de fil" et aidé à préparer diverses réunions publiques.

"C'est cher payé, mais ils ont acheté son carnet d'adresses", estime une source européenne qui l'a côtoyée.

Chez Renew, l'eurodéputé Stéphane Séjourné à quant à lui regretté que certains "aient fait le choix de nourrir des polémiques".

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Commentaires
a écrit le 05/10/2019 à 18:44 :
Comment peut elle cumuler 2 emplois à un tel niveau??? En France, pays corrompu, tout est possible. En Europe comment les députés peuvent ils travailler pour des lobbys???
Et on se demande pourquoi les français ne croient plus à L'Europe et surtout plus à la présidence française. Une personne avec autant de casseroles, peut elle représenter l'Europe??? Nous ne sommes déjà plus crédible, mais il faut croire qu'a un certain niveau, ils n'ont plus les mêmes valeurs que les simples européens....Bref et on s'étonne que les gens n'aillent plus voter. Le fric, le fric, la mafia ( car son employeur n'est pas mieux qu'un mafieux ) mais circulez il n'y a rien à voir...... En plus nous payons sa secrétaire , car avec 19 000 euros 12000+7000 et les autres frais remboursés ne lui suffisent toujours pas.... Incroyable, et des personnes comme ça pullulent dans l'union européenne et surtout en France. PS Si elles font du mi-temps, payez les en conséquence soit 50% de revenus en moins.
a écrit le 05/10/2019 à 10:11 :
J'écoutais ce matin à France Info une opinion sur la relation entre islamisme et humiliation .Elle me paraît fort juste et dans beaucoup de domaines historiques .(traité de Versailles,Chine ,Algérie etc ).Pour ce poste de commissaire le PPE cherche à se venger de Macron en humiliant la candidate de la France !
a écrit le 04/10/2019 à 17:58 :
Ce n'est pas une question de présomption d'innocence mais une exigence pour en terminer avec ces histoires, ces lobbies et ces indemnités à 5 zéros par an pour un emploi incertain..
a écrit le 04/10/2019 à 15:55 :
Encore une erreur de casting.... cela fait désordre.
Il faut fouiller, fouiller et fouiller dans les antécédents des personnes. Il faut que que les personnes qui nous représentent (ou qui occupent une très haute fonction quelconque dans nos Administrations) soient irréprochables. Si on a le moindre doute, on ne les nomme pas.
Cordialement
a écrit le 04/10/2019 à 10:14 :
le président se croit tout permis. mettre des magouilleurs ou incompétents aux principaux postes parce qu ils sont de bons soldats ne devraient même pas être envisagés. pourquoi le parlement ou les commissions ou le premier n ont ils rien dit?
a écrit le 04/10/2019 à 6:40 :
Cette femme n'a pas d'ethique, encore moins de convictions.
Seul l'argent l'interesse avec son corollaire le pouvoir.
Democratia, qu'es tu devenue ?
a écrit le 04/10/2019 à 2:44 :
Ethique et politique ne font pas bon menage.
Cette femme arriviste en est depourvue.
Suivant....
a écrit le 03/10/2019 à 21:16 :
J'aime bien "renew" :)
comment faire du nouveau qui ne marche pas (lol, non mais en marche quoi) avec du vieux qui n'a pas marché
j'aime bien cette députée qui à la fois est soupçonnée d'avoir payer un emploi fictif mais qui elle aussi a probablement été payée (par un lobby) pour un emploi fictif

elle pas belle la vie, des zélites vous dit-on, qu'il faut payer très cher pour avoir les meilleurs :)
a écrit le 03/10/2019 à 19:08 :
J'ignore si elle est coupable mais elle peut remercier Jupiter qui lui a bien savonné la planche à vouloir donner des leçons à l'Europe entière.
Un énarque inspecteur des finances, qui peut voter pour ça !
a écrit le 03/10/2019 à 17:28 :
Moi je la crois, quand on a de l'argent, on peut se payer 40€ de coiffeur par mois :-)
a écrit le 03/10/2019 à 17:02 :
Selon une récente étude de Transparency International Europe, qui a passé au peigne fin les 541 déclarations d’intérêts des eurodéputés, 30% d’entre eux conservent une ou plusieurs source(s) de revenus, en dehors de leur indemnité de mandat. Une pratique légale, rappelle l’organisation anti-corruption, à condition qu’elle n’expose pas les élus aux risques de conflits d’intérêts, défini par l’article 3 du code de conduite signé au début de leur mandat.

Chez les eurodéputés français, ils sont 30 (sur 74) à percevoir des revenus externes en complément de leur indemnité de mandat, elle-même fixée à 8.757,70 euros bruts mensuels. 14 d’entre eux touchent au moins 1.000 euros supplémentaires chaque mois. Impossible de connaître les montants exacts de ces “extras”, car le parlement européen exige simplement que la déclaration d’intérêts financiers des eurodéputés mentionne une “fourchette” (0 à 499 euros, 500 à 1.000 euros, 1.001 à 5.000 euros...).Le plus connu de nos “cumulards” n’est autre que Raphaël Glucksmann, chef de file de la liste PS-Place Publique lors des européennes de mars dernier. Grâce à ses droits d’auteur, l’essayiste de gauche - intégré au groupe APSD (ex-PSE) - déclare un confortable "extra" mensuel, dont le montant se situe entre 5.000 et 10.000 euros. L’autre “star” française du parlement européen, François-Xavier Bellamy, s’offre également quelques "extras". Grâce au succès de ses livres et de ses conférences, l’eurodéputé conservateur - qui siège au sein du Parti populaire européen (PPE) - perçoit un revenu externe situé entre 1.000 et 5.500 euros bruts mensuels. Chez les Républicains, il est imité par son ex-directeur de campagne des élections européennes, Geoffroy Didier. L’eurodéputé de droite entame son deuxième mandat. En parallèle, il a choisi de conserver son activité d’avocat au sein du cabinet d’affaires Carbonnier Lamaze Rasle (CARLARA), basé à Paris. À lire sa déclaration d’intérêts, elle lui rapporterait encore 5.000 à 10.000 euros bruts mensuels, contre plus de 10.000 euros entre 2014 et 2019.Malgré ces confortables émoluments complémentaires, Geoffroy Didier affiche un niveau de revenus inférieur à celui de son homologue du Rassemblement national, Jérôme Rivière. Ce transfuge de la droite classique (ex-UMP) figure carrément au quatorzième rang (sur 571) du classement des eurodéputés les plus “riches”, toutes nationalités confondues. Pour figurer si haut dans ce classement, Jérôme Rivière cumule plusieurs sources de revenus externes dont le montant potentiel total atteint 40.000 euros. L’essentiel de cette manne - 21.000 à 25.000 euros par mois - provient de sa présence au capital du cabinet de consulting JRH, dont il est président. En parallèle, il conserve un pied dans les filiales européennes (Italie, Belgique, Royaume-Uni) du motoriste français Flex Fuel Energy (spécialisé dans les kits de conversion au bioethanol) pour une enveloppe comprise entre 3.000 et 15.000 euros par mois.
Réponse de le 04/10/2019 à 8:27 :
@La chose: C'est à se demander si le monde des conseils d'administration, dans le privé, n'est pas plus propre que le monde politique: en dehors des jetons de présence qui ne donnent pas lieu, à ma connaissance, à cotisation retraite, un administrateur met un point d'honneur à ne point intervenir en cas de conflit d'intérêt: il est vrai, dans ce cas, qu'il serait mis au ban de sa communauté. Je ne perçois pas cette attitude dans le monde politique où Machiavel tient lieu de bible.
a écrit le 03/10/2019 à 16:12 :
Les macroniennes font vraiment pedzouilles dans les institution européennes.

Entre Mme Lagarde condamnée sans peine, Mme Loiseau dont on nous promettait merveille comme leader de l'assemblée européenne qui qui a disparu des radars, et Mme Goulard, à qui on avait donné le poste en lot de consolation.

C'est une piètre image que Macron donne de la France à l'étranger. Il ne manque plus que Benalla et on aura fait le tour de la capacité de Jupiter à attirer les "talents".
Réponse de le 04/10/2019 à 4:47 :
Patience pour ben Halla, il sera bientot maire dans le 93.
Il est prevu ( Declaration par un membre du FNL en 58, "nos femmes etc"...)que la France soit "absorbee" par l'islam, c'est en cours.
a écrit le 03/10/2019 à 15:03 :
Sylvie est dans la place et ne lâchera pas les fromages !

Ceux qui sont pas contents, c’est la convocation express pour une erreur de tir de LBD !
a écrit le 03/10/2019 à 13:51 :
"Mme Goulard a également été interrogée sur son travail de "consultante", moyennant "plus de 10.000 euros" mensuels, pour un groupe de réflexion américain".

La vie est belle pour cette classe sociale , non ?
Réponse de le 03/10/2019 à 15:11 :
Et maintenant elle va consulter pour beaucoup plus cher.

Elle va faire plus de fric que Tony Montana et El Chapo réunis,
Réponse de le 03/10/2019 à 17:20 :
Une autre s'en sort bien :

Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football " fantôme" professionnel (LFP), est enfin fixée sur ses indemnités de départ. Selon le journal l’Équipe, quand elle quittera son poste, la dirigeante percevra immédiatement 250.000 euros, puis un maximum de 250.000 euros supplémentaires, payables par tranche de 62.500 euros chaque trimestre, dans l’éventualité où elle ne retrouverait pas un emploi. Un accord qui doit compenser le fait qu’en tant que mandataire social à la LFP, la responsable n’a pas droit aux indemnités chômage.
Initialement fixées à 500.000 euros "quel que soit le motif de départ", les modalités de cette indemnité ont été revues après que la dirigeante se fut rendu compte que cette clause pouvait être selon elle "abusive", en avril 2019. Cela "ne correspondait pas à l'esprit qu'elle souhaitait", a indiqué la Ligue au quotidien L'Equipe.
a écrit le 03/10/2019 à 13:48 :
Alors que M.Weber , médiocre tête de liste du PPE pour diriger la Commission, ne parle pas français et pratique un anglais basique avec un accent ...rugueux ,il faut se venger de Macron ..C'est bien triste de voir des eurodéputés français se joindre à ce cirque. Si Mme Goulard n'est pas acceptée je propose qu'elle soit nommée ambassadrice de France auprès de l'Union et que M.Barnier ,dont le travail est terminé (sortie le 31 sans accord ) soit proposé à sa place.
a écrit le 03/10/2019 à 13:23 :
"I'm clean"

Je vais me passer de commentaire, je suis trop atterré...

""Je respecterai, si elle advient, la décision de justice","

Heu... le clou n'avait pas besoin d'être enfoncé hein !? On avait bien compris ! :D

Mais qu'avons nous fait pour mériter des dirigeants politiques pareils ???

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