Italie : le gouvernement de Giorgia Meloni double un impôt sur les milliardaires
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Cette hausse de la taxation des revenus des super-riches arrive à point nommé pour la préparation du budget 2025 de l'Italie.
ALINA SMUTKO
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Cette hausse de la taxation des revenus des super-riches arrive à point nommé pour la préparation du budget 2025 de l'Italie.
ALINA SMUTKO
Le gouvernement de Giorgia Meloni passe à l'attaque pour financer son budget 2025, et les super-riches sont dans son collimateur. Les milliardaires qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie vont ainsi voir leur impôt forfaitaire sur les revenus engendrés à l'étranger doubler, passant de 100.000 euros à 200.000 euros par an, selon un décret adopté ce mercredi par le gouvernement de Giorgia Meloni.
Le gouvernement a approuvé « une réglementation qui a fait beaucoup de bruit: le doublement de ce que l'on appelle l'impôt forfaitaire pour les milliardaires », a annoncé dans la foulée le ministre de l'Economie Giancarlo Giorgetti à l'issue d'un conseil des ministres.
En réalité, l'impôt forfaitaire avait été introduit en 2017 pour attirer les super-riches vivant à l'étranger et encourager ainsi des mouvements de capitaux vers l'Italie. Ce régime fiscal très généreux, valable pendant quinze ans, peut également être étendu aux membres de la famille, avec un impôt annuel de 25.000 euros. La hausse de l'impôt forfaitaire concerne seulement les nouveaux-venus qui s'installent en Italie et non ceux qui y résident déjà, a précisé à l'AFP le ministère de l'Economie.
A ce jour, au total, 1.186 super-riches ont transféré leur résidence fiscale en Italie depuis 2017 pour bénéficier de ce régime, mais il est « très difficile d'évaluer » combien ils ont investi dans la péninsule, a expliqué devant la presse Giancarlo Giorgetti.
Cet ajustement d'un régime qui « reste intéressant » est lié au fait que « nous sommes opposés au lancement d'une course » entre les pays « visant à créer des situations fiscales favorables pour les personnes et les entreprises », a fait valoir le ministre.
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Les pays du G20 se sont engagés fin juillet à Rio de Janeiro à « coopérer » pour que les super-riches soient davantage taxés, au nom de la lutte contre les inégalités, mais sans aller jusqu'à s'accorder sur un impôt mondial.
Poussée par le Brésil du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, à la tête du G20 cette année, l'idée de créer un impôt minimum sur les plus fortunés n'a pas fait consensus, mais un compromis s'est dégagé pour inciter chacun à davantage les taxer.
Outre le Brésil, la France, l'Afrique du Sud, l'Espagne et l'Union africaine soutenaient une taxation internationale des super-riches, mais les Etats-Unis ont rejeté des négociations sur le sujet.
Du côté de l'Italie, cette hausse de la taxation des revenus des super-riches arrive à point nommé pour la préparation du budget 2025. Le pays est, en effet, très endettée et en proie à l'envolée de ses déficits engendrée par des primes vertes pour le secteur de la construction.
Dans le même but, le ministre de l'Economie du pays a aussi annoncé ce mercredi qu'il prévoyait d'augmenter les taxes sur les bénéfices des banques. « Il n'y aura pas d'impôts sur les "superprofits". En revanche, des impôts sur les bénéfices, oui, pour les banques comme pour les autres. (...) Les banques, comme les autres entreprises qui font des bénéfices, seront appelées à contribuer aux finances publiques. Je pense qu'il n'y a rien d'étrange à cela », a expliqué Giancarlo Giorgetti à l'issue d'un Conseil des ministres.
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Ces derniers jours, des bruits de couloir évoquaient le projet de Rome d'imposer plus fortement les profits des banques ou des assurances. Ces spéculations avaient fait plonger jeudi et vendredi les titres bancaires à la Bourse de Milan, faisant dégringoler notamment UniCredit et Monte dei Paschi di Siena (MPS).
(Avec AFP)
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