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ÉconomieUnion européenne

Meloni en Chine : Pékin est un « interlocuteur important » pour régler les problèmes mondiaux

latribune.fr

Publié le 29 juillet 2024 à 12:01 - Mis à jour le 29 juillet 2024 à 12:13

Giorgia Meloni effectue sa première visite dans le pays asiatique depuis sa prise de fonction en 2022.

Giorgia Meloni effectue sa première visite dans le pays asiatique depuis sa prise de fonction en 2022.

ALINA SMUTKO

Le Quotidien Numérique

30 juin 2026

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La Première ministre italienne rencontre le chef de l'Etat chinois ce lundi afin de « relancer » les relations bilatérales, selon des médias italiens. Il s'agit du troisième jour de visite en Chine pour Giorgia Meloni.

[Article publié le lundi 29 juillet 2024 à 9h07 et mis à jour à 14h00] Giorgia Meloni regarde vers l'Asie. La Première ministre italienne s'entretient avec le président chinois Xi Jinping ce lundi en Chine. Pour rappel, arrivée samedi à Pékin, elle effectue sa première visite dans le pays asiatique depuis sa prise de fonction en 2022.

L'objectif de ce déplacement devant s'achever mercredi est de « relancer les relations bilatérales dans les secteurs d'intérêt commun », a indiqué une source gouvernementale italienne à des médias du pays. Les échanges de l'Italienne avec les hauts dirigeants chinois porteront sur « les principales questions à l'ordre du jour international, à commencer par la guerre en Ukraine », a précisé cette source.

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« Il y a une insécurité croissante au niveau international et je pense que la Chine est inévitablement un interlocuteur très important pour aborder toutes ces dynamiques», a-t-elle déclaré dès le début de leur entretien, en ce début d'après-midi. Italie et Chine doivent «réfléchir ensemble à la manière de garantir la stabilité, de garantir la paix», a-t-elle fait remarquerà son interlocuteur.

Le président chinois Xi Jinping a pour sa part souligné les liens amicaux établis de longue date entre les deux pays. « Les deux parties prônent la tolérance, la confiance et le respect mutuels, et chacune choisit sa propre voie de développement », a affirmé le dirigeant chinois.

Un premier plan d'action Italie-Chine déjà signé

Avant le président, Giorgia Meloni avait déjà rencontré le Premier ministre chinois Li Qiang dimanche, avec qui elle a signé un plan d'action Italie-Chine soulignant l'importance de « veiller à ce que les relations commerciales soient équilibrées et mutuellement bénéfiques » pour les deux pays.

Il garantit aux entreprises italiennes et chinoises de pouvoir «opérer sur un terrain d'égalité dans un esprit de concurrence loyale et de libre-échange».

D'après l'agence de presse officielle Chine nouvelle, le Premier ministre chinois a déclaré que Pékin souhaitait faire évoluer les relations de l'Italie avec la Chine dans une « direction plus stable ».

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Car, pour rappel, l'Italie s'est retirée en décembre dernier de l'accord avec la Chine sur les Nouvelles routes de la soie. Cet ambitieux projet de Pékin, lancé sous l'impulsion du président Xi Jinping en 2013, vise à améliorer les liaisons commerciales entre l'Asie, l'Europe, l'Afrique et même au-delà par la construction de ports, de voies ferrées, d'aéroports ou de parcs industriels. En 2019, l'Italie, ployant sous le poids de sa dette publique, était devenue le seul pays du G7 à participer à ce programme d'investissements massifs de Pékin.

Mais, dès sa signature, l'accord a été décrit par ses opposants comme un cheval de Troie destiné à donner à Pékin une influence politique en Italie. Le prédécesseur de Giorgia Meloni, Mario Draghi, qui avait pris ses fonctions en février 2021, avait gelé l'accord et utilisé le droit de blocage du gouvernement dans les secteurs jugés stratégiques pour empêcher tout investissement de haut niveau des sociétés chinoises en Italie. En 2019, déjà, au moment de la signature d'un protocole d'accord « non contraignant », Michele Geraci, alors secrétaire d'Etat italien à l'Économie déclarait « être bien conscient qu'au-delà de l'opportunité, il y a aussi un risque ».

Avant même son arrivée au pouvoir fin 2022, la Première ministre Giorgia Meloni avait d'ailleurs estimé que cette adhésion était une « grave erreur ». En plus de ce risque d'ingérence politique, ce projet, auquel adhèrent plus de 150 pays selon Pékin, est aussi critiqué à l'international à cause de l'endettement dangereux qu'il fait peser sur les pays pauvres.

L'Italie veut reconquérir le coeur de Pékin

Depuis, l'administration de Giorgia Meloni a cherché à rétablir les liens avec la Chine, partenaire commercial clé. Cette dernière avait d'ailleurs déclaré qu'un retrait de l'Italie « ne compromettrait pas les relations avec la Chine ». Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani avait, de son côté, affirmé : « Nous voulons avec la Chine un rapport solide en sachant bien que c'est un partenaire mais aussi un concurrent, un rival systémique », regrettant notamment que « les Européens aient laissé trop d'espace aux intérêts chinois » en Amérique du Sud.

« La Chine est importante pour l'Italie parce que les produits italiens vivent de l'exportation et que la Chine est le marché le plus important au monde pour de nombreuses catégories de produits, comme le luxe », a indiqué à l'AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école Polytechnique de Milan. Avant d'ajouter :

« Je pense que l'Italie, par rapport à la Chine, peut mettre en avant le fait qu'elle représente une porte d'entrée vers l'Europe pour les produits chinois. L'Italie est importante pour la Chine parce qu'elle se trouve au centre de la Méditerranée et est une plaque tournante logistique essentielle. »

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L'Italie dans les pas de la Hongrie

Giorgia Meloni n'est pas la seule représentante d'un pays de l'UE à se rendre en Chine. Le dernier en date n'est autre que le hongrois Viktor Orban.

Depuis que la Hongrie a pris la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne le 1er juillet dernier, son Premier ministre a entamé une tournée internationale pour la paix. Kiev, Moscou et désormais Pékin ont accueilli le chef d'Etat magyar dont les pourparlers et les voyages diplomatiques ne cessent d'inquiéter ses homologues de l'Union Européenne.

En Chine, comme en Russie et en Ukraine, Orban a obtenu une rencontre avec le sommet de l'Etat. Selon le ministère chinois des affaires étrangères, la discussion avec Xi Jinping concernait des « questions d'intérêt mutuel ». D'après les informations obtenues par l'AFP, le conflit russo-ukrainien - pour lequel Pékin et Budapest plaident pour un règlement pacifique - semble être au cœur de cet échange.

(Avec AFP)

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