La BCE épinglée par Transparency International

 |   |  382  mots
C'est le devoir de toute institution européenne de renforcer leur légitimité en augmentant leur responsabilité démocratique et en montrant qu'elles remplissent les objectifs qui leur ont été fixés, a réagi le président de la BCE Mario Draghi.
"C'est le devoir de toute institution européenne de renforcer leur légitimité en augmentant leur responsabilité démocratique et en montrant qu'elles remplissent les objectifs qui leur ont été fixés", a réagi le président de la BCE Mario Draghi. (Crédits : Reuters)
L'ONG reproche à l'institution de Francfort d'avoir outrepassé son rôle en conditionnant son aide financière aux pays de la zone euro en difficulté à l'application de réformes.

La Banque centrale européenne (BCE), qui a endossé un rôle politique depuis la crise, manque de transparence et de contrôle démocratique, estime l'ONG Transparency International (TI) dans un rapport publié mardi. "La BCE s'est avérée être l'acteur principal dans la crise de l'euro, avec un degré de latitude d'action extraordinaire" mais "sans la surveillance démocratique appropriée", souligne TI.

L'ONG a certes loué l'institution de Francfort (ouest) pour avoir apporté un soutien sans faille à la zone euro depuis la crise de 2008, en défendant, par sa politique monétaire, les pays membres contre les spéculations des marchés et en écartant les risques de déflation. Mais ses succès ont leur revers, poursuit TI, la BCE s'étant retrouvée en position d'influencer des pays affectés par la crise comme la Grèce, l'Espagne, l'Italie ou l'Irlande en conditionnant des réformes économiques à son soutien financier.

Décisions controversées

Pour certaines décisions controversées, comme celle des achats de créances publiques, la Banque centrale devrait par exemple demander le feu vert d'une instance politique telle que l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, et le Parlement européen. La BCE devrait généralement être plus transparente en publiant chacune de ses décisions, recommandations ou opinions, mettre à jour sa politique de dénonciations des fraudes au sein de l'institution ("whistleblowing"), et surveiller de plus près quelles fonctions prennent ses anciens gouverneurs une fois leur mandat achevé, préconise Transparency International.

Rendre compte de ses décisions

Sur le long terme, l'ONG plaide pour "une réforme de fond de la gouvernance dans la zone euro en général", dans le cadre de laquelle la BCE, dont l'indépendance est fixée dans le traité de Maastricht, serait contrainte à rendre compte de ses décisions.

"C'est le devoir de toute institution européenne de renforcer leur légitimité en augmentant leur responsabilité démocratique et en montrant qu'elles remplissent les objectifs qui leur ont été fixés", a réagi le président de la BCE Mario Draghi, cité dans un communiqué, soulignant toutefois que "certaines demandes" du rapport ne figuraient pas dans le mandat confié par le traité de Maastricht.

(avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/03/2017 à 8:35 :
C'est en effet une forme de chantage, bien vu même si en néolibéralisme la dictature économique est inscrite dans la constitution européenne, celle que nous autres citoyens avons refusé mais que l'oligarchie nous a imposé.
Réponse de le 29/03/2017 à 15:43 :
C'est la stabilité des prix que Maastricht a imposée à la BCE, tout le reste est l'imagination propre à la BCE.
Réponse de le 29/03/2017 à 16:54 :
Je vous parle du référendum de 2005 proposé aux français concernant le traité constitutionnel européen, et non celui de maastricht, traité que nous avons refusé à 55% mais que les politiciens français et européens nous ont fait passer en force via le traité de Lisbonne.

Vous étiez distrait j'en suis persuadé...
a écrit le 28/03/2017 à 16:43 :
combien cette geneseuse organisation a t elle donne pour le bail out de la grece sur indigogo.com ' sans contrepartie'
des bons donneurs de lecons de morale, prets a jeter l'argent par la fenetre, enfin, tant que c'est pas le leur
le leur, il est pas question qu'ils le donnent, ca serait injuste
parce qu'un appel de fonds au niveau mondial qui recolte 2 millions contre 1.8 milliards esperes, y a pas de quoi casser trois pattes a un canard!
qu'ils publient leur generosite, on verra apres ce qu'on fait de leurs bons sentiments pour les autres
Réponse de le 28/03/2017 à 19:02 :
Face à l'argument étayé de manque de contrôle démocratique, vous alignez les perles économiques de comptoir....
a écrit le 28/03/2017 à 16:30 :
Dans les années 2000, la politique monétaire de la BCE a été largement adaptée à l'économie la plus forte de la zone euro, l'Allemagne, ce qui a porté le change de l'Euro à des niveaux stratosphériques et a accentué les divergences économiques au sein de la zone euro. Aujourd'hui, par contre, la politique monétaire de la BCE, est surtout faite pour les maillons faibles de la zone euro, c'était la condition pour que l'Euro survive à partir de 2012. En fait l'Allemagne aussi profite de la politique monétaire pour maillons faibles de la BCE en battant sans cesse des records d'excédents commerciaux, dus à un Euro sous-évalué pour elle. Tant qu'elle n'a pas trop d'inflation, il n'y a pas de problème. Donc elle va essayer de maitriser ce paramètre de l'inflation, ce qui signifie qu'il ne faut pas compter sur elle pour se lancer dans une politique accentuée de la demande en vue d'en faire profiter les maillons faibles de la zone euro.
a écrit le 28/03/2017 à 15:28 :
E moi, je vais demander la transparence et le contrôle démocratique de toutes ces ONG sorties d'ont on ne sait où et qui s'arrogent le droit de critiquer des institutions légalement établies.
Réponse de le 28/03/2017 à 19:03 :
La légalité n'est pas synonyme de démocratie : les dictatures aussi ont un système légal...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :