Malgré les efforts de communication de Londres, Paris n'est pas convaincue par la volonté britannique de tenir ses engagements en matière d'attribution de licence de pêche aux bateaux français. Si, côté continent, on veut "tenir bon" face à ces exigences, le gouvernement précise toutefois qu'il n'ira pas jusqu'à "couper" l'électricité aux foyers britanniques de l'île de Jersey.
Le compromis semblait pourtant redevenir possible. Tandis que la France est vent debout contre la Grande-Bretagne qui a limité le nombre de licences attribuées aux pêcheurs français dans le cadre de ses nouvelles prérogatives post-Brexit au large de l'île de Jersey, les deux pays semblaient avoir trouvé le chemin de l'apaisement. Mais ce vendredi, la tension est remontée d'un cran. La France menace désormais de "réduire" ses livraisons d'électricité à Jersey en raison de la crise. Mais, en insistant sur la nuance, elle ne compte pas "couper le courant" aux habitants de l'île anglo-normande, a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes.
"Réduire les livraisons (d'électricité à Jersey) c'est possible, couper le courant à chaque habitant de Jersey cet hiver cela n'arrivera pas", a souligné Clément Beaune sur la chaîne BFMTV.
L'accord obtenu par le négociateur de l'UE, Michel Barnier, sur le Brexit prévoit un "accord d'export sur l'énergie", a-t-il relevé. "Donc on peut réguler les flux. Je ne souhaite pas qu'on en arrive là. C'est une des possibilités politiques".
"Nous avons demandé un peu plus de 450 licences au total (...). On tiendra bon sur les 450", a martelé le secrétaire d'Etat français."Les Britanniques ont besoin de nous (Européens) pour vendre leurs produits, y compris de la pêche. Ils ont besoin de nous pour leur énergie, pour leurs services financiers, pour leurs centres de recherche", a noté le secrétaire d'Etat.
L'île anglo-normande de Jersey a annoncé le 29 septembre l'octroi de 64 licences définitives à des bateaux français (contre 169 demandées par Paris) et le rejet de 75 dossiers. La veille, Londres avait accordé 12 autorisations supplémentaires dans ses eaux, dans la limite des 6 à 12 milles nautiques de ses côtes (contre 87 demandées).
La dinde à Noël
Pour solder le conflit, la Grande-Bretagne avait pourtant montré sa bonne volonté en rendant publique la méthodologie qui lui permet d'attribuer des permis de pêche aux bateaux français opérant dans ses eaux. Jeudi, le ministre des Affaires étrangères de l'île anglo-normande de Jersey, Ian Gorst, s'était également fendu d'une visioconférence pour répondre aux questions des journalistes.
Aussi, aux yeux de la Commission européenne, à laquelle le Premier ministre Jean Castex avait demandé de prendre ses responsabilités, des discussions avaient repris pour solder le litige.
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Mais la situation est encore loin du compromis : "Ca n'est pas en tapant sur nos pêcheurs, en nous menaçant chaque jour, en étant mauvais joueurs et en créant des tracasseries ou des problèmes aux Européens, aux Français, et à nos pêcheurs en particulier, que vous règlerez des pénuries de dinde à Noël", a encore lancé le secrétaire d'Etat français.