Polémique entre Bruxelles et Athènes sur les statistiques grecques

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Le premier ministre grec, Alexis Tsipras. Son gouvernement apprécie peu que Bruxelles prenne position sur l'affaire des statistiques, actuellement examinée par la justice grecque
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras. Son gouvernement apprécie peu que Bruxelles prenne position sur l'affaire des statistiques, actuellement examinée par la justice grecque (Crédits : ALKIS KONSTANTINIDIS)
Bruxelles réaffirme que les statistiques sur le déficit grec qui ont déclenché la crise en 2010 étaient exactes. Alors que la justice grecque tente d'établir si ces chiffres ont été artificiellement gonflés, Athènes s'insurge contre cette prise de position de la commission européenne.

La Commission européenne a de nouveau défendu mercredi les statistiques publiées entre 2010 et 2015 sur l'économie grecque, après l'inculpation en Grèce de l'ex-dirigeant du service statistique Elstat, s'attirant une riposte d'Athènes.

"De récentes déclarations dans les médias (...) ont remis en question la qualité et la fiabilité des statistiques officielles en Grèce", a regretté la commissaire européenne aux Affaires sociales Marianne Thyssen, lors d'un point presse à Bruxelles. "Laissez-moi être parfaitement claire, les données sur la dette grecque sont totalement fiables" et ont été "correctement rapportées" à Eurostat, l'office de statistiques européen, a souligné Mme Thyssen. "Contrairement à la situation au cours de la période précédente", a-t-elle précisé. La commissaire prend ainsi la défense d'Andreas Giorgiou, qui en 2010 avait pris la direction d'Elstat, l'office de statistiques grec nouvelle version voulu par les créanciers du pays.

Il y avait procédé à une nouvelle révision à la hausse du déficit public de 2009, à 15,4% du PIB, après un premier doublement de ce chiffre qui avait déclenché la crise de la dette grecque et l'appel d'Athènes à l'aide internationale.

Un déficit artificiellement gonflé?

Des poursuites avaient été ouvertes contre lui en 2013 sous le précédent gouvernement droite-socialiste d'Antonis Samaras, après qu'une collaboratrice l'eut accusé d'avoir gonflé le déficit, suscitant une première manifestation d'inquiétude de la Commission.

Elles avaient été abandonnées en 2015 mais la Cour suprême grecque a rouvert début août l'affaire. Désormais inculpé de "fausse attestation au détriment de l'État", avec deux autres statisticiens, M. Giorgiou a été renvoyé en procès à une date indéterminée. Alors que beaucoup interprètent l'affaire comme un règlement de comptes politique voulu par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, le ministre d'État Nikos Pappas a souhaité une "enquête en profondeur".

Les investigations devront donner des réponses sur "comment et si les déficits ont été gonflés pour accélérer des décisions politiques préalablement préparées afin de pousser la Grèce" à demander des prêts internationaux, avait-il affirmé à la radio Sto Kokkino le 2 août. Mme Thyssen a aussi envoyé une lettre à Athènes, avec ses collègues Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, et Pierre Moscovici, en charge des Affaires économiques. La Commission y enjoint les autorités à "dissiper activement et publiquement la fausse impression selon laquelle les données ont été manipulées entre 2010 et 2015 et à protéger Elstat et son personnel de toute déclaration infondée".

Le gouvernement grec apprécie peu l'ingérence de Bruxelles

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, y a répondu mercredi, exprimant sa "surprise" pour cette intervention dans une affaire "examinée par la justice", alors même que la Commission se défend de toute ingérence dans une procédure judiciaire, a indiqué la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovassili. M. Tsakalotos "exprime dans sa lettre l'avis que si la Commission dispose d'une expertise scientifique privilégiée (que lui-même ne revendique pas), elle a le devoir moral d'en faire part à la justice", a ajouté Mme Gerovassili.

Les révisions à la hausse du déficit public et de la dette grecs ont précipité le pays dans une crise qui a nécessité depuis trois plans de renflouement internationaux. Les défenseurs de M. Giorgiou ont souligné qu'il était arrivé à la tête d'Elstat en août 2010, après la première révision des comptes opérée à l'arrivée du gouvernement socialiste de Georges Papandréou.

Un bouc émissaire?

Sous sa direction, jusqu'en 2015, Elstat a révisé ses critères de collectes de données, en ligne avec les normes européennes, notamment en incluant les entreprises d'État en difficulté dans le calcul de la dette publique. Les plans de redressement imposés au pays en contrepartie de son sauvetage financier battent les records d'impopularité en Grèce, considérés comme responsables de l'effondrement de l'économie et de l'explosion du chômage.

Dans un entretien à l'hebdomadaire grec To Vima dimanche, Andreas Giorgiou a déclaré se sentir comme le bouc émissaire de la classe politique grecque et a prévenu qu'un jugement à son encontre pourrait remettre en cause la crédibilité des statistiques grecques.

AFP

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a écrit le 25/08/2016 à 14:48 :
Dans l UE il n'y a pas d ingérence...Athènes peut quitter l EU si cela ne lui convient pas.😁
Réponse de le 25/08/2016 à 18:49 :
Farceur!
a écrit le 25/08/2016 à 10:28 :
La réalité est tout autre. Qui a permis à la Grèce (notamment par qu'elle n'est pas la seule dans le cas) la dissimulation de dettes publiques? Goldman & Sachs et Mario Draghi actuelle président de la BCE. Fait connu par les instances européennes de l'époque. et c'est ces mêmes instances qui ont fait pression sur le gouvernement Papandréou afin que celui-ci exagère le déficit publique et de permettre aux banques notamment allemandes et françaises de retirer leurs billes et de limiter leur pertes. Cet un point très important dans la lutte de l'abolition de la dette grecque (qui est illégitime et illégale).
Alors si la réalité, c'est que :"La situation grecque s'améliore grâce à l'appui de l'Union européenne dont les chiffres sont certainement plus fiables", c'est que certains sont à coté de leurs pompes et n'ont jamais été en Grèce.
Réponse de le 25/08/2016 à 14:02 :
Donc en suivant ta théorie, patoche, il faudrait ainsi exclure de l'Europe la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Irlande parce que ces pays, primo, profitent de l'argent du contribuable et deuxio, vu l'austérité qui est imposée à ces pays (par des technocrates pour lesquels tu n'as pas voté mais tu as voté pour des politiques qui participent à cette politique d'austérité) les jeunes diplômés quittent ces derniers afin d'y trouver du travail en Allemagne, en France, en Belgique etc.. Heureusement que tout le monde en Europe ne pense pas comme toi. J'imagine que tu dois être le genre de gars qui vote à droite et sans doute à l'extrémité. Tes propos se révèlent une fois de plus très limites voire même racistes donc s'il-te-plaît pourrait à l'avenir ne plus partager sur ce journal économique des propos aussi déplacés. D'avance, je t'en remercie.
Réponse de le 25/08/2016 à 16:06 :
@vassiloche: 1) Jusqu'à preuve du contraire le Portugal, l'Irlande et l'Espagne sont en mauvaise situation, mais n'ont aucunement triché sur leurs chiffres. 2) La culture grecque est très proche de celle des pays du Moyen-Orient, et pour cause, près de 500 ans de domination ottamane laisse des traces. Les autres pays cités sont de culture catholiques, donc à l'opposé. 3) Si tu lisais un peu mieux mes commentaires, tu saurais que quand on est d'accord ni avec l'un, ni avec l'autre, on vote blanc. 4) On reconnait quand même une fois de plus dans ton commentaire l'attitude évoquée au point 2) qui veut que si on ne donne pas tout aux autres, on est raciste. Mais tu donnes quoi toi en contrepartie de ce que tu prends ?Conclusion pour revenir au sujet: pour éviter toute polémique, la Grèce devrait quitter l'UE :-)
Réponse de le 25/08/2016 à 17:44 :
Tes réponses précisent de plus en plus ton ignorance sur le problème de la dette grecque et ton ignorance de la Grèce et de son peuple. Pour ma part, je suis certes grec mais je suis né et je vis en Belgique et j'avais aussi ce discours en pensant que les grecs sont ce que les médias donnent comme clichés et stéréotypes des grecs. Et puis, j'ai commencé à m'intéresser de plus en plus au sujet et j'ai découvert la vérité cachée les médias qui manipulent l'opinion publique. Les grecs ne sont pas parfaits mais ne méritent ce qu'ils leur arrivent. Je parle de la population et pas de la classe politique de m... qui est du pareil au même dans tous les pays à quelques rares exceptions près. Alors, il n'y a pas que la Grèce qui a manipulé ses chiffres et puis tu peux dire à des chiffres tous et n'importe quoi bref ... On va arrêter la polémique et je réagirai plus à tes commentaires et s'il-te-plaît ne réagis plus aux mieux. Comme le débat est clos. A bonne entendeur salut.
a écrit le 24/08/2016 à 23:03 :
La situation grecque s'améliore grâce à l'appui de l'Union européenne dont les chiffres sont certainement plus fiables.
a écrit le 24/08/2016 à 21:48 :
'Des poursuites avaient été ouvertes contre lui en 2013 sous le précédent gouvernement droite-socialiste d'Antonis Samaras, après qu'une collaboratrice l'eut accusé d'avoir gonflé le déficit, suscitant une première manifestation d'inquiétude de la Commission.'

Qui 'lui'? Je ne comprends pas. Giorgiou qui avait ete poste par... et travaillait pour...

Pour rappel, celui qui etait en charge du budget etait aussi un certain Papakonstantinou, PASOK ministre de l'economie, qui a rabache pendant des mois que le precedent gouvernement avait cree le deficit subitement. Ce meme Papakonstatinou qui a ete juge pour avoir cache des donnees d'evasion fiscale sur sa propre famille.
Réponse de le 25/08/2016 à 0:10 :
Jugé... et acquitté !
a écrit le 24/08/2016 à 19:02 :
"Le gouvernement grec apprécie peu l'ingérence de Bruxelles." Autrement dit, il faudrait leur donner notre argent et la fermer ! Le mieux serait tout de même que la Grèce quitte rapidement l'UE pour éviter toute polémique :-)
Réponse de le 25/08/2016 à 10:06 :
Pauvre petit patoche,

Ton argent sert à sauver la Grèce et je t'en remercie, tu dois être très riche. J'espère que quand la dette grecque sera annulée (cela arrivera, il ne peut en être autrement) ton petit cœur va le supporter. T'inquiètes je serai là pour te soutenir. ;-)

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