Rachat de dettes par la BCE : vers la fin des mesures d'urgence en mars ?

L'institution de Francfort pourrait mettre fin en mars prochain aux rachats d'obligations dans le cadre de son Programme d'urgence face à la pandémie. Prévu jusqu'en mars 2022, plusieurs voix se font entendre pour le prolonger, alors que l'inflation gagne du terrain en zone euro.

4 mn

L'institution rappelle également que l'arrêt potentiel, en mars 2022, de ce programme d'urgence, ne sifflera pas la fin de sa politique monétaire accommodante.
L'institution rappelle également que l'arrêt potentiel, en mars 2022, de ce programme d'urgence, ne sifflera pas la fin de sa politique monétaire accommodante. (Crédits : Ralph Orlowski)

Les desiderata des marchés devraient influencer l'avenir de l'une des mesures phares de la Banque centrale européenne pour soutenir l'économie face à la pandémie du Covid-19. L'institution de Francfort pourrait mettre fin en mars prochain aux rachats d'obligations dans le cadre de son Programme d'urgence face à la pandémie (PEPP), a annoncé lundi Robert Holzmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et directeur de la banque centrale autrichienne. La BCE s'interroge depuis plusieurs mois sur la nécessité de prolonger ce bazooka monétaire, alors que l'inflation progresse en zone euro.

Les analystes, y compris ceux interrogés pour l'enquête réalisée par la BCE, s'attendent à ce que le PEPP, doté de 1.850 milliards d'euros, prenne fin en mars 2022 et ne prévoient pas d'augmentation du programme traditionnel d'achats d'actifs (APP) pour compenser les mesures de relance perdues.

"C'est ainsi que le marché voit les choses et je pense qu'il donne la bonne évaluation", a déclaré Holzmann lors d'une table ronde organisée par UBS. "Nous ne savons pas encore, mais pour l'instant, il semble que la fin soit en mars".

Les achats nets de dette publique et privée ont représenté dernièrement 20 milliards d'euros par semaine en moyenne, contre 14 milliards entre janvier et mars. La moitié des 1.800 milliards d'euros a déjà été mobilisée. Début juin, la Banque centrale européenne avait annoncé qu'elle envisageait, cet été, d'accélérer le montant mensuel de rachat de dette via ce mécanisme.

L'Allemagne alignée

Alors que des tensions peuvent apparaître sur les taux obligataires, la BCE cherche par ce programme à garantir des taux d'intérêt bas pour les ménages et entreprises afin de soutenir la relance de l'activité. Ces milliards permettent de maintenir la confiance des investisseurs privés, qui achètent des dettes des pays de la zone euro, avant que ces titres ne soient rachetés par la Banque centrale européenne.

De son côté, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, s'est prononcé pour une diminution graduelle des achats réalisés dans le cadre du PEPP, estimant que ce programme devra être arrêté quand "toutes les mesures significatives pour contenir la pandémie" auront pris fin et que la reprise économique sera "solide"

Lire aussi 3 mn« Une inflation non maîtrisée briserait la confiance en l'euro » Philippe Herlin

"En raison de l'incertitude toujours présente, nous ne pouvons pas déterminer très en avance la sortie du mode de crise de la politique monétaire", a-t-il ajouté. "Afin de ne pas arrêter soudainement le PEPP, toutefois, les achats nets pourraient être réduits en avance, pas à pas."

Le programme régulier maintenu

L'institution rappelle également que l'arrêt potentiel, en mars 2022, de ce programme d'urgence, ne sifflera pas la fin de sa politique monétaire accommodante. "Nous avons encore d'autres programmes, comme l'APP, qui peuvent se poursuivre, être modifiés ou laissés inchangés", a déclaré Robert Holzmann, l'un des responsables politiques les plus conservateurs de l'institution.

En effet, la BCE mène depuis plusieurs années une politique monétaire accommodante basée sur le quantitative easing. La banque centrale rachète sur le marché secondaire des dettes d'Etats détenues par des investisseurs institutionnels.

Alors que l'inflation progresse en Europe - le seuil visé de 2% a été atteint -, certaines voix s'élèvent pour réduire les capacités d'action de la BCE afin de maîtriser la hausse des prix, et afin également de limiter l'endettement des Etats de la zone, dans un contexte de dette publique exsangue par la crise sanitaire. D'autres estiment au contraire qu'il faut poursuivre et renforcer l'action de rachat de titres par la BCE, permettant de booster l'investissement public, notamment dans le domaine de la transition écologique.

Lire aussi 3 mnLa BCE à l'épreuve de la reprise et de l'inflation

(avec AFP)

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 28/06/2021 à 18:54
Signaler
faut arreter les betises de financer tout et n'importe quoi quoi qu'il en coute; quand on verra a quoi est depense l'emprunt europeen redistribue, on va en avoir des sueurs froides, et si les gens retirent leur argent la france l'italie la grece l'es...

à écrit le 28/06/2021 à 16:30
Signaler
Contenir la pandémie ou bien la crise de liquidités ? :-)

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.