La BCE à l'épreuve de la reprise et de l'inflation
Jean-Philippe LACOUR, AFP
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Ralph Orlowski
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Même si le puzzle d'un retour à la croissance se met en place avec les progrès de la vaccination et la levée des restrictions sanitaires, les 25 membres du Conseil des gouverneurs devraient rester fidèles à la potion anti-crise de taux d'intérêt historiquement bas et d'achats massifs de dettes qu'ils ont renforcée au début de la pandémie, selon les observateurs.
Amorcer dès maintenant la discussion sur la normalisation de la politique monétaire serait "délicat", estime Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management. Une telle initiative prendrait "le risque d'envoyer des signaux trop restrictifs" pouvant inquiéter les marchés, met-il en avant.
Face à l'impact du Covid-19, la BCE a lancé en 2020 un plan d'urgence pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP) de 1.850 milliards d'euros destinée à acheter des dettes sur les marchés.
Plus de la moitié de la somme est déjà utilisée, et la BCE a prévu d'y avoir recours au moins jusqu'en mars 2022. Le débat enfle cependant sur le rythme de dépense de cette enveloppe.
En mars, voyant que les taux d'intérêt auquel les Etats européens financent leurs emprunts commençaient à augmenter, la BCE a accéléré son intervention, atteignant 20 milliards de rachat de dette par semaine.
Avec le redémarrage attendue de l'économie, des "faucons", ces partisans de l'orthodoxie monétaire, se font de nouveau entendre pour réclamer une fin des programmes de soutien d'urgence de la BCE.
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En avril, le gouverneur de la Banque des Pays-Bas, Klaas Knot, a appelé à réduire l'intervention de la BCE dès "le troisième trimestre".
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Certains responsables allemands s'alarment de leur côté du rebond des prix : le taux d'inflation de la zone euro a poursuivi sa hausse en mai et atteint 2% sur un an, la limite haute de l'objectif fixé par la BCE.
En Allemagne, la hausse des prix a même atteint 2,5%, son rythme le plus élevé en une décennie, et la banque centrale allemande n'exclut pas qu'elle puisse atteindre 4% à la fin de l'année.
Jean-Philippe LACOUR, AFP