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ÉconomieUnion européenne

Sans mandat de l'UE, Viktor Orban à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine ce vendredi

latribune.fr

Publié le 05 juillet 2024 à 18:05 - Mis à jour le 05 juillet 2024 à 18:05

Il s'agira de la première visite d'un dirigeant européen à Moscou depuis celle du chancelier autrichien Karl Nehammer en avril 2022.

Il s'agira de la première visite d'un dirigeant européen à Moscou depuis celle du chancelier autrichien Karl Nehammer en avril 2022.

YVES HERMAN

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est arrivé à Moscou afin de rencontrer son homologue russe, alors que la Hongrie est à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Une visite qui fait grincer des dents à Bruxelles, mais aussi à Washington.

[Article publié le 5 juillet à 12h57, mis à jour à 20h05] Le Premier ministre Viktor Orban a atterri à Moscou aux alentours de 11h15 ce vendredi. Bien que la Hongrie assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, cette visite est « exclusivement » bilatérale, a affirmé le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, ajoutant que Viktor Orban n'avait reçu « aucun mandat » de l'Union européenne pour effectuer ce voyage.

Au cours d'une conférence de presse ce vendredi, le chancelier allemand Olaf Scholz a lui aussi souligné que Viktor Orban ne représentait pas l'UE lors de cette visite rapporte l'AFP. Il également a tenu à rassurer son homologue ukrainien en rappelant que :

« Le message clair de l'Union est que l'Ukraine peut compter sur notre solidarité. »

Le gouvernement hongrois a confirmé à l'AFP que cette visite avait pour but de rencontrer le président russe, Vladimir Poutine. Provocateur, Vladimir Poutine a dit considérer qu'Orban parlera au nom de l'Europe sur l'Ukraine.

«Je comprends que cette fois-ci, vous êtes venu non seulement en tant que partenaire de longue date, mais aussi en tant que président du Conseil européen», a déclaré le maître du Kremlin. «Je m'attends à ce que vous me fassiez part de votre position (sur l'Ukraine) et de celle des partenaires européens», a-t-il ajouté.

« La décision d'effectuer ce voyage a été prise par la partie hongroise sans aucun accord ou coordination avec l'Ukraine » a de son côté fait savoir le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué sur son site internet. « Nous rappelons que pour notre pays, le principe "pas d'accord sur l'Ukraine sans l'Ukraine" reste inviolable » a martelé le ministère dans son communiqué.

Ce déplacement marque la première visite d'un dirigeant européen à Moscou depuis celle du chancelier autrichien Karl Nehammer en avril 2022. Cependant, depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, Viktor Orban avait déjà rencontré Vladimir Poutine à Pékin en octobre 2023, afin de discuter de coopération énergétique.

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Conseil de l'UE : pourquoi la présidence du populiste Viktor Orban inquiète

Vives réactions

La visite d'Orban a Moscou n'est plus une surprise depuis 24 heures, tant la rumeur se faisait insistante. L'information avait suscité l'inquiétude à Bruxelles alors que Budapest vient de prendre la présidence tournante de l'UE. Contacté jeudi soir, un responsable européen avait déclaré à l'AFP que « de nombreuses tentatives » pour confirmer ce voyage avaient été « infructueuses ».

Hier, alors même que la visite n'était pas encore confirmée, les réactions se montraient déjà vives. « La présidence tournante de l'UE n'a pas de mandat pour engager le dialogue avec la Russie au nom de l'UE », a réagi sur X Charles Michel, président du Conseil européen.

«La position du Conseil européen est claire : la Russie est l'agresseur, l'Ukraine est la victime. Aucune discussion ne peut avoir lieu sans l'Ukraine».

Le Premier ministre polonais s'est aussi alarmé, tout comme son homologue finlandais Petteri Orpo, qui a jugé « la nouvelle inquiétante ». La visite « marquerait un mépris envers les devoirs de la présidence de l'UE et saperait les intérêts de l'UE », a-t-il averti sur le même réseau social.

La tentation de « l'apaisement n'arrêtera pas Poutine. Seules l'unité et la détermination ouvriront la voie à une paix complète, juste et durable en Ukraine », a pour sa part réagi ce vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur X.

« Bien sûr, Viktor Orban ne représente pas l'Otan à ces rencontres, il représente son propre pays », a enfin déclaré devant la presse le secrétaire général de l'organisation Jens Stoltenberg ce vendredi, soulignant toutefois, sans plus de détail, que l'Otan avait été « informée » de ce déplacement.

De son côté, la Maison Blanche s'est dite « préoccupée par le choix qu'a fait le Premier ministre (hongrois Viktor) Orban de faire ce voyage à Moscou », a indiqué, ce vendredi, sa porte-parole Karine Jean-Pierre. Ce déplacement du dirigeant hongrois en Russie « ne fera pas avancer la cause de la paix et il est contre-productif pour le soutien à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à l'indépendance de l'Ukraine », a-t-elle ajouté.

Un dirigeant proche du Kremlin

La visite du dirigeant hongrois à Moscou, s'inscrit dans la continuité de celle à Kiev lundi 1er juillet. « Si nous restons assis à Bruxelles, nous ne pourrons pas nous rapprocher de la paix. Des actions doivent être entreprises », a argué Viktor Orban lors d'une interview radiophonique, mardi. Au pouvoir depuis 2010 en Hongrie, le dirigeant magyare est resté proche du Kremlin, appelant même l'Ukraine à un « cessez-le-feu » , à rebours des positions européennes et de Volodymyr Zelensky qui lui a proposé de plutôt s'aligner sur les démarches de paix ukrainiennes.

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Il désapprouve également les sanctions votées contre la Russie et se démarque par son opposition à toute aide militaire à Kiev, bloquant régulièrement les efforts européens dans ce domaine. Le responsable, ouvertement eurosceptique, s'était aussi opposé à toute discussion concernant l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, jugeant que ce pays n'était pas prêt. Il avait finalement accepté de quitter la table du sommet des Vingt-Sept en décembre dernier, le temps que les 26 autres dirigeants décident d'ouvrir les négociations.

(Avec AFP)

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