UE : la bataille du budget s'annonce rude (à cause du Brexit, il manque 75 milliards)

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La proposition du président du Conseil européen Charles Michel dévoilée vendredi est loin de satisfaire tout le monde. Après avoir consulté tous les leaders européens ces dernières semaines il a convoqué un sommet extraordinaire jeudi prochain pour tenter de rapprocher les positions sur un budget qui requiert l'unanimité des 27.
La proposition du président du Conseil européen Charles Michel dévoilée vendredi est loin de satisfaire tout le monde. Après avoir consulté tous les leaders européens ces dernières semaines il a convoqué un sommet extraordinaire jeudi prochain pour tenter de rapprocher les positions sur un budget qui requiert l'unanimité des 27. (Crédits : FRANCOIS LENOIR)
Le départ du Royaume-Uni le 31 janvier représente une perte de 75 milliards d'euros sur sept ans, une somme qui doit être compensée en partie par les autres États, en particulier l'Allemagne. Les quatre principaux groupes parlementaires menacent de mettre leur veto en l'absence de nouvelles "ressources propres" pour l'UE, c'est-à-dire des taxes européennes.

Les négociations sur le budget à long terme de l'Union européenne sont entrées dans le vif du sujet avec la proposition du président du Conseil européen Charles Michel dévoilée vendredi, qui augure d'un sommet de confrontation entre les 27 jeudi prochain.

Toujours délicates, les discussions sur le "cadre financier pluri-annuel" qui fixe un plafond budgétaire à long terme, sont encore compliquées par le départ du Royaume-Uni, qui était le deuxième contributeur net aux dépenses européennes.

Pour atteindre un compromis entre les pays du nord qui défendent un budget limité à 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE d'un côté, et les défenseurs des fonds de cohésion et de la politique agricole commune de l'autre, l'ex-Premier ministre belge a mis sur la table une offre de budget 2021-2027 à 1.094 milliards d'euros, soit 1,074% du RNB de l'UE.

Un montant peu ou prou similaire à la proposition fin 2019 de la Finlande qui assurait alors la présidence de l'Union, et avait suscité des critiques tous azimuts.

Départ du Royaume-Uni: une perte de 75 milliards d'euros sur sept ans

Charles Michel a consulté tous les leaders européens ces dernières semaines et convoqué un sommet extraordinaire jeudi pour tenter de rapprocher les positions sur un budget qui requiert l'unanimité des 27.

Le départ du Royaume-Uni le 31 janvier représente une perte de 75 milliards d'euros sur sept ans, selon la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Une somme qui doit être compensée en partie par les autres Etats, en particulier l'Allemagne.

La cheffe de l'exécutif européen a appelé mercredi à l'adoption rapide d'un budget suffisant pour financer ses priorités, réclamant "qu'au moins 25%" soit consacré à la lutte contre le changement climatique.

Investissements supplémentaires pour le climat et le numérique

Afin de mobiliser 500 milliards d'euros d'investissements supplémentaires pour le climat et le numérique, les deux priorités de la Commission, le président du Conseil préconise d'augmenter le capital de la Banque européenne d'investissement de 100 milliards pour accroître ses capacités de prêt.

Mais le projet de budget de Charles Michel est bien en-deçà de celui de la Commission, qui visait 1,114% du RNB (1.134 milliards d'euros à prix constants de 2018). Et encore plus de celle du Parlement, qui réclame 1,3%, et doit donner son accord par un vote à la majorité.

Menace de "veto"

Les quatre principaux groupes parlementaires ont écrit jeudi à Charles Michel pour menacer de mettre leur veto à un budget qui ne serait pas "fort et crédible" - mais sans mentionner de chiffre -, plaidant pour l'introduction de nouvelles "ressources propres" pour l'UE, c'est-à-dire des taxes européennes.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a réclamé jeudi "les fonds nécessaires aux politiques agricole et de cohésion" (aides aux régions les moins favorisées), "tout en permettant de financer les nouvelles priorités" (sécurité, migration, numérique, climat).

Le président français Emmanuel Macron avait prévenu début février qu'une "Europe qui a un budget autour de 1% (...) n'a pas de vraie politique".

La France, deuxième contributeur net et première bénéficiaire de la PAC

La France, qui sera le deuxième contributeur net derrière l'Allemagne, est premier bénéficiaire de la Politique agricole commune et soutient un montant inchangé de la PAC.

Une position éloignée de celle du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a rencontré vendredi à Paris Emmanuel Macron et dont le pays figure parmi les pays dits "frugaux" (avec l'Autriche, le Danemark, la Suède) qui défendent un budget limité à 1%.

"En tant que l'un des plus gros contributeurs nets, les Pays-Bas considèrent que l'UE doit maîtriser ses dépenses", a-t-il tweeté à l'issue de sa rencontre à l'Elysée.

L'Allemagne a jusqu'ici défendu cette ligne de 1% tout en se disant prête à aller au-delà sous certaines conditions.

Ces pays estiment que la part qu'ils doivent payer pour compenser le départ du Royaume-Uni est trop importante, et veulent protéger coûte que coûte leurs "rabais", mécanisme de correction pour récupérer de l'argent.

En face, les "amis de la cohésion", une quinzaine de pays d'Europe du sud, centrale et orientale, s'inquiètent des coupes annoncées dans les politiques dites traditionnelles dont leurs pays sont bénéficiaires.

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a écrit le 22/02/2020 à 22:42 :
En comparaison, le budget US est près de 4 fois plus élevé, aux alentours de 3900 mds euro dt la défense représente à elle seule à peu près 650 mds euro, soit près de 65% du budget de l'UE.
Voilà pourquoi, l'UE restera et pour longtemps encore, un nain politique...ss la hte protection des US qui n'ont de cesse de miner les velleités de cohésion européenne tt particulièrement ds sa volonté de défense commune...
Heureusement qu'elle procure des avantages d'ordre économique comme par ex le matelas et le confort financier qu'offre une monnaie commune qui met des pays surendettes comme la France à l'abri de la voracité des requins internationaux de la finance malgré leurs frasques budgétaires, ainsi que des débouchés cciaux à ses membres par l'Union Douanière ( ce dt l'Allemagne s'est grassement gavée en contribuant par son orthodoxie budgétaire à creuser le déficit des pays mbres ).
Sinon, les sirènes UPR et consort se disputeraient avidement ses miettes depuis des lustres.
Concernant le brexit, les anglais sont protégés de la banqueroute par le statut de monnaie internationale qu'offre la livre sur le 1er marché mondial des devises et des matières 1ère constitué par la City, à l'image du dollar pour les transactions cciales ds la majeure partie du monde.
Ce que n'ont manifestement pas compris les Frexiter de l'UPR. Faut que Boris les forme utilement sur ce sujet...
a écrit le 20/02/2020 à 11:23 :
Supprimer les aides à l'agricultures et libérer complètement ce marché . Les agrciculteurs s'en porteront mieux et vivrons sur des vrais prix . On pourra gommer de cette façon les 75 milliards manquant consécutif au brexit .
a écrit le 20/02/2020 à 11:12 :
pas de nouvelles taxes, françaises ou européennes. Mais que tous ces non élus fassent des économies avant de se goinfrer de notre argent. Quant à Macron qui veut remplacer un pays riche (UK) par 2 pays fauchés (Macédoine et Albanie), c'est du délire.
Réponse de le 20/02/2020 à 14:26 :
"c'est du délire"

Non c'est l'éternelle politique du consortium européen financier, dumping social et dumping fiscal et pour le reste palabres et promesses pour seulement du vent.

Puis alors ce que nous autres citoyens européens voulons ça belle lurette qu'ils s'en tapent, nous ne manquons as de preuves.
a écrit le 20/02/2020 à 11:00 :
C est sur qu on va pas toucher a la PAC. Engloutir des dizaines de millards pour que les paysans de la FNSEA contineuent a polluer c est genial ... Enfin s ils sont content ils ne remplissent pas de purin les sous prefectures,c est deja ca :-)
a écrit le 20/02/2020 à 10:15 :
Merci aux Britanniques pour leur lâchage en règle. Il manque 75 milliards au budget de l'UE. La "gateau européen" sera moins gros et la répartition plus grande.Le Brexit a eu lieu car il y avait un gros problème de sécurité en Angleterre et que l'Angleterre avait un pied dedans un pied dehors. Il va y avoir un retablissement de frontière entre l'Irelande et l'Angleterre, Quid de l'Ecosse ? Quid des Anglais installé en Europe et plus particulièrement en France !
a écrit le 20/02/2020 à 9:28 :
ça fait 10 milliards par an divisé par 27.....si UE n est pas foutu de s entendre sur le sujet elle ne s entendra sur rien......et si l allemagne ne veut pas mettre au pot.....qu elle assume la désintégration européenne...Europe dont elle s 'est très largement servie depuis 20 ans... quoiqu' on en pense
a écrit le 20/02/2020 à 9:20 :
Le meilleur moyen de ne plus se faire racketter est de ne plus abonder au tonneau des Danaïdes UE en giclant, en giclant à l' anglaise.

Nous avons confronté depuis longtemps le résultat de l' UE à la bulle car tout ce qui a été promis aux français et aux européens est mensonge, zéro résultat économique, seule zone du monde en négatif sur ces dix dernières années, source M Santi, La Tribune, chaque français y a laissé 56 000 euros sur 17 ans soit la somme effarante de plus 110 000 euros de perdue pour un couple, source think thank libéral allemand CEP.

Le catéchisme européiste qui consiste à nous vendre du "ça ira mieux demain" comme depuis 40 ans, ça suffit. Commencez par envisager de nous rendre l' argent escroqué.
UPR, Frexit, vite ..
a écrit le 20/02/2020 à 8:52 :
L'UE sous contrôle direct allemand nous promet monts et merveilles avec 75 milliards en moins non seulement ils veulent investir 200 milliards sur dix ans mais en plus ils veulent une armée européenne !

La Norvège voyant bien le délire s'accentuant a annoncé sagement de baisser son budget à la contribution de la défense européenne.

Le consortium européen financier est chaque jour un peu moins crédible, puis alors cette énième prise de pouvoir des allemands, mais directe cette fois ne peut que nous rendre profondément pessimiste sur ce qu'ils vont nous faire subir.
a écrit le 17/02/2020 à 17:31 :
On trouvera bien un moyen pour faire payer les anglais pour leurs accès au marché européen ! Comme la Norvège qui paye deux milliards tous les ans, alors la GB, c'est bien au moins quatre fois plus grand, non ?
Réponse de le 20/02/2020 à 9:17 :
La GB c'est une population huit fois plus grande, un PIB six fois plus élevé. Si on fixait la participation de la GB au même niveau que pour la Norvège, sa contribution pour accès au marché unique devrait être de 12 à 16 milliards d'€/an... autrement dit ça lui coûterait plus cher que son ancienne contribution nette au budget de l'UE. Et si la GB ne souhaite pas accéder au marché unique, les droits de douane à l'importation, de produits britanniques dans l'UE couvriront une bonne partie du manque à gagner.
a écrit le 17/02/2020 à 10:54 :
C'est le moment d'abandonner définitivement cette fixette d'une défense européenne puisque bien trop coûteuse et qui a déjà produits plein de réunions et autres hémorragies d'argent public pour rien.

D'ailleurs les suédois veulent diminuer leur budget militaire...

Ce serait bien déjà que quelque chose avance en UE, je sais pas moi un truc facile pour commencer !
a écrit le 16/02/2020 à 12:17 :
D'abord la PAC pour la France est une rétro-contribution ensuite TRUMP montre le chemin pour remettre des barrières douanières à un niveau raisonnable..
a écrit le 16/02/2020 à 11:01 :
Il est utile de rappeler que toute hausse du budget de l’UE est en réalité payée par les pays contributeurs nets, dont la France est le deuxième.

À pays constants, la hausse donne le vertige puisque Jean-Claude Juncker lui-même estime que la sortie du Royaume-Uni créera un trou de 15 milliards d’euros par an dans le budget de l’UE, soit 105 milliards d’euros sur sept ans. Cela donne par conséquent une hausse réelle de 297 milliards d’euros, soit 30 %.
À l’heure actuelle, la France paie 17,4 % du budget. Le Royaume-Uni, environ 12 % grâce au rabais dont il bénéficiait. Toutes choses égales par ailleurs, pour compenser la sortie du Royaume-Uni, la part de la France dans le budget de l’UE devrait passer à environ 20 %.

Le calcul est vite fait, cela veut dire que la France financerait 59,4 milliards d’euros en plus sur sept ans, soit 8,5 milliards d’euros de plus par an !

On nage en plein délire..!
Réponse de le 20/02/2020 à 9:20 :
"On nage en plein délire..! ", oui, surtout dans vos chiffres.
a écrit le 15/02/2020 à 22:52 :
Une fois de plus on cherche à se faire peur pour rien. D'abord on affiche le manque à gagner sur 10 ans, ça impressionne davantage, ensuite on oublie que si le Royaume-Uni veut continuer à accéder au marché unique ce sera au prix d'une cotisation au budget de l'UE qui couvrira en grande partie ce manque à gagner. Et dans le cas contraire, les droits de douane à l'importation dans l'UE des biens et services britanniques pourront aussi en grande partie couvrir ce manque à gagner.
a écrit le 15/02/2020 à 21:37 :
Tiens, maintenant le Brexit ça coûte à l'Europe ; pourtant on avait beaucoup communiqué sur ce que UK devrait à l'Europe jusqu'à présent…
a écrit le 15/02/2020 à 18:10 :
L'Union Européenne n'est sans doute pas en état de "mort cérébrale", elle, vu l'intensité de la réflexion de ses dirigeants qui cogitent vraiment beaucoup en permanence pour aller moins loin et plus lentement. Mais le burn out n'est pas loin...
a écrit le 15/02/2020 à 14:02 :
Les groupes parlementaires s’inquiètent pour leurs rentes de situations, comme les sénateurs français pour leur caisse de retraite. Les anglais ont eu la chance de sortir du machin avant la liquidation.
a écrit le 15/02/2020 à 12:33 :
Il faut faire des économies de fonctionnement et dans les fonds de cohésion.
En France la charge fiscale est deja trop élevée, si nous continuons à augmenter les dépenses de l'UE ça finira par en rajouter d'une façon ou d'une autre et cela souvent pour financer des pays concurrents (nous sommes contributeurs nets) qui ne manifestent aucune gratitude.
a écrit le 15/02/2020 à 10:36 :
Après le brexit, on devrait plutôt faire un bilan sur l'UE et l'euro. Une monnaie qui ne sert qu'à ne pas faire perdre de l'argent au épargnants et ne sert pas l'économie réel, une politique ou seul le statut quo est possible (dailleur, c'est exactement ce qu'il va se passer pour le budget), des pays étranglés et obligés de mener des politiques austéritaire antidémocratique juste pour soutenir une monnaie trop forte...

Bref, l'euro est un échec et l'UE est complètement bloquée, la preuve, notre président passe sont temps à raconter n'importe quoi sur l'UE car il sait qu'il ne se passera rien. Il fait son populiste pro-UE.
Réponse de le 15/02/2020 à 14:44 :
Pour rappel, cela fait plus de 40 ans que "l'austérité" n'a plus cours en France vu que nous n'avons pas eu de budget à l'équilibre depuis la fin des années 70. Je ne sais si vous vous rendez compte que dans votre commentaire vous vous plaignez en même temps de nos déficit et endettement tout en voulant les augmenter.
Réponse de le 16/02/2020 à 19:43 :
A Truc
Moi mon budget est en plus malgré plein de taxe impot charge etc...
Le votre aussi ? Mais que fait l etat de notre argent ?
Réponse de le 20/02/2020 à 9:25 :
Je vous rappelle qu'actuellement les taux sur l'€ sont nuls ou négatifs, et en tout cas inférieurs à l'inflation. Autrement dit, non seulement il ne protège pas les épargnants, mais en plus il permet le financement à très bon compte de l'économie réelle.
Réponse de le 20/02/2020 à 9:26 :
Les épargnants ne perdent de l'argent que par obstination et manque de pragmatisme. Quant à l'austérité, il faudrait nous expliquer comment un pays qui dépense plus que ses recettes et ce depuis 40 ans puisse être en austérité. Le déficit de cette année est de 100 Milliards d'Euros. Si nous avions le Franc, nous ne pourrions pas continuer indéfiniment cette politique de dépenses effrénées car la monnaie serait dévaluée. C'est le parapluie de l'Euro qui nous permet de continuer cette gabegie.
a écrit le 15/02/2020 à 9:16 :
On nous a toujours fait croire que les anglais ont toujours profité de l'UE et qu'ils ne contribuaient pas. (I want my money back etc.) Aujourd'hui on se rend compte qu'ils payaient plus que la France et que le trou est de EUR 75MM.
Avec la moitié des fonctionnaires à Bruxelles, Luxembourg et Strassbourg l'UE sera plus efficace et moins cher.
a écrit le 15/02/2020 à 7:49 :
Tout cela se terminera en un rabotage léger de la PAC et une contribution accrue de la France pour aider à la transition énergétique de l'Allemagne et de la Pologne vers moins de charbon Vive l'Europe. Certains diront il faut encore plus d'Europe! Jusqu'où la France continuera à avaler des couleuvres à la remorque de l'Allemagne?
a écrit le 15/02/2020 à 7:02 :
Le début de la déconfiture européenne post brexit. D'ici 10 ans, l'Europe des technocrates qui nous a ruiné, tué notre agriculture, tué notre souveraineté nationale, laissé nos pays submerger par une vague migratoire sans précédent, et qui est en train de tuer notre industrie automobile ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
a écrit le 14/02/2020 à 21:08 :
Pourquoi augmenter un budget qui ne profitera pas aux populations européennes mais simplement a la mise en place d'une idéologie et conduira a une incompréhension complète?
a écrit le 14/02/2020 à 18:54 :
Il sera preferable de faire des economies
ex pourquoi rajouter 27 deputes alors que plus de la moitie ne sont jamais presents,,,,
pourquoi les navettes Bruxelles Strasbourg qui coutent uN MAX et tous les privileges des elus et des technocrates pourquoi les gros beaucerons aux revenus de 100 000€€ touchent des subventions ,,

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