Une vidéo provoque la démission du vice-chancelier autrichien

Le président du patri autrichien d'extrême droite FPÖ Heinz-Christian Strache donne un discours le 1er mai 2016 à Vienne, Autriche
REUTERS/Dominic Ebenbichler

Le président du patri autrichien d'extrême droite FPÖ Heinz-Christian Strache donne un discours le 1er mai 2016 à Vienne, Autriche
REUTERS/Dominic Ebenbichler
Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache, chef de file de l'extrême droite, a annoncé samedi sa démission, après la diffusion d'une vidéo embarrassante qui menace la coalition au pouvoir. L'enregistrement le montre proposant des contrats publics à une ressortissante russe qui se dit la nièce d'un oligarque en échange d'un soutien politique et financier. La vidéo, diffusée vendredi soir par la presse allemande, aurait été réalisée en 2017, peu avant les élections qui ont permis au Parti de la liberté (FPÖ), qu'il dirige, d'entrer au gouvernement.
"J'ai été stupide, irresponsable et c'était une erreur", a reconnu Heinz-Christian Strache, lors d'une conférence de presse, tout en affirmant qu'il n'avait rien fait d'illégal.
Le chancelier Sebastian Kurz doit s'exprimer dans la journée. Certains observateurs pensent qu'il pourrait convoquer des élections anticipées, comme le réclame l'opposition. Le chef du gouvernement a souvent pris ses distances vis-à-vis du FPÖ. Heinz-Christian Strache a précisé qu'il serait remplacé, au poste de vice-chancelier comme à la tête du FPÖ, par le ministre des Transports Norbert Hofer, battu de peu lors de l'élection présidentielle de 2016, qui jouit d'une popularité plus importante.
La vidéo a été diffusée vendredi par l'hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien Süddeutsche Zeitung. Elle montrerait une rencontre entre Heinz-Christian Strache, Johan Gudenus, président du groupe FPÖ au Conseil national, la chambre basse du parlement, et une personne qui serait donc la nièce d'un oligarque russe, dans une villa d'Ibiza en juillet 2017, quelques mois avant les élections législatives.
La jeune femme dit vouloir investir plusieurs centaines de millions d'euros au Autriche, selon les deux journaux allemands. Les deux hommes discutent des opportunités d'investissement pour elle, dont une participation de 50% dans l'influent tabloïd autrichien Kronen Zeitung afin de l'utiliser comme un moyen de porter la parole du parti pendant la campagne électorale.
Il envisage en outre de lui octroyer des contrats publics dans la construction de routes si elle aide le FPÖ à remporter les élections et souhaite que tout soit fait légalement.
Christian Hafenecker, secrétaire général du Parti, a indiqué que les avocats du parti examinaient la vidéo. Les deux journaux n'ont pas dit comment ils l'avaient obtenue. Ni Heinz-Christian Strache ni le FPÖ n'ont jamais perçu ou octroyé d'avantages aux personnes concernées, a-t-il déclaré.
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Le parquet de Vienne s'est saisi de l'affaire, a déclaré une porte-parole du procureur.
Heinz-Christian Strache dirige le FPÖ depuis 2005 et l'a remis sur le devant de la scène aux dernières élections législatives de 2017. Le parti a recueilli 26% des suffrages.
La vidéo est également un casse-tête pour Sebastian Kurz, dont le parti est toujours en tête des sondages, sans pouvoir atteindre la majorité. Seuls Les sociaux-démocrates pourraient lui apporter l'appoint nécessaire pour y parvenir, mais leurs relations avec le jeune chancelier, partisan d'une ligne dure en matière d'immigration, sont tendues.