Jamais deux sans trois. Le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, devrait grimper en 2014, pour la troisième année d'affilée, après avoir gagné 15,23% en 2012, puis 18% en 2013. Des hausses qui ont suivi une chute de 17% en 2011, sur fond de crise des dettes souveraines au sein de la zone euro. Cette époque semble bel et bien révolue, la cinquantaine d'analystes financiers et de gérants de fonds interrogés ce mois-ci par l'agence Reuters tablant en moyenne sur un CAC 40 à 4.640 points d'ici à la fin 2014.
Un niveau qui représente une progression de 8% par rapport à la clôture du CAC 40 le 31 décembre 2013, à 4.295, 95 points. Au passage, il s'en est fallu de peu pour que l'indice vedette de la Bourse de Paris achève 2013 sur son plus haut annuel de 4.356, 28 points, atteint le 7 novembre, et qui avait permis au CAC 40 de renouer avec son niveau de septembre 2008, juste avant la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui s'en est suivie.
Plus globalement, l'optimisme semble de mise pour les actions européennes. Après une progression de près de 18% en 2013, les experts sondés par Reuters misent en effet sur un DJ Euro Stoxx 50 à 3.300 points fin 2014, soit un gain de 6% par rapport à son niveau du 31 décembre 2013. De leur côté, les stratégistes de marchés de JPMorgan - qui se basent sur le Stoxx Europe 600 - voient cet indice grimper de 10% l'an prochain, après une envolée de 17% en 2013, qui lui a permis de renouer fin décembre avec son niveau de mai 2008.
Si les professionnels des marchés font montre d'autant d'enthousiasme pour les actions européennes, c'est d'abord parce que les marchés continueront à bénéficier de politiques accommodantes de la part des banques centrales, au cours des prochains mois. Certes, à partir de janvier, la Réserve fédérale américaine lèvera le pied sur ses injections massives de liquidités sur les marchés. Mais légèrement, puisque ses achats mensuels d'obligations souveraines et de titres adossés à des créances hypothécaires seront ramenés de 85 à 75 milliards de dollars. Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle n'exclut pas de réduire encore son principal taux directeur, déjà abaissé à 0,25% le 7 novembre.
Ensuite, analystes et gérants veulent croire à une poursuite de l'amélioration de la conjoncture économique au sein de la zone euro, sortie de six trimestres de récession au deuxième trimestre 2013. JPMorgan anticipe ainsi une hausse de 1,1% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, en 2014, après un fléchissement de 0,5% en 2013. Une hausse qui, d'après la banque américaine, devrait permettre aux bénéfices des entreprises européennes de croître de 10%, en moyenne, l'an prochain.
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Enfin, la valorisation des actions européennes milite en faveur d'une poursuite de leur hausse. Les sociétés du Dow Jones Euro Stoxx 50 valent 14,2 fois leurs bénéfices estimés pour les douze prochains mois, contre un multiple de près de 17 pour l'indice américain S&P 500.
"L'Europe est l'une des régions les moins chères du monde", renchérit Joël Copp-Barton, directeur des produits d'actions européennes chez Invesco. Pour qui "les progrès accomplis (…), tels que les efforts visant à résoudre les problèmes des pays périphériques (…), ne sont guère intégrés dans les cours."
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De fait, contrairement aux indices américains Dow Jones et S&P 500, qui ont volé de record historique en record historique cette année, le CAC 40 dispose encore d'une belle marge de progression avant de revenir à son plus haut niveau jamais atteint. A savoir…6.922,33 points. C'était le 4 septembre 2000, juste avant l'éclatement de la bulle Internet.
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