Fitch peint un tableau plutôt sombre pour l'assurance française
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"L?assurance française est confrontée à une série de défis que la crise financière n?a fait qu?amplifier, même si le secteur a montré une certaine résilience". Le diagnostic de Fitch Ratings n?est guère réjouissant pour le secteur. L?agence de notation de crédit maintient sa perspective négative pour l?assurance non vie. En clair, elle prévoit que la majorité des assureurs qui seront passés en revue dans les 12 à 18 prochains mois devraient voir leur note abaissée.
"Le potentiel de redressement de la rentabilité du secteur apparaît incertain, avec une sinistralité orientée à la hausse en 2009 et en ce début 2010 à cause des catastrophes naturelles, mais aussi en auto et en habitation. La hausse des tarifs s?est amorcée en 2009, avec une augmentation de l?ordre de 1 % à 3%, mais elle a un an de retard sur l?aggravation de la sinistralité, et elle ne produit ses effets qu?avec un décalage d?environ un an. Le ratio combiné du secteur [frais de gestion et coût des sinistres rapportés aux primes, Ndlr], qui s?est dégradé de 99,8 % en 2008 à 104,2 %net de réassurance l?an dernier, ne devrait donc pas s?améliorer cette année", pronostique Vanessa André, directeur au sien de l?équipe assurance de Fitch à Paris.
Un manque de rentabilité technique qui vient s?ajouter à la faiblesse des rendements financiers, tant sur les actions qu?en obligataire. Dans ces conditions, "les assureurs devraient annoncer de nouvelles augmentations tarifaires, mais ils risquent de se heurter à la réticence des courtiers et des agents généraux", conclut Vanessa André.
La situation est légèrement plus favorable en assurance-vie, selon Fitch, qui relève sa perspective pour le secteur de négative à stable. Une embellie qui s?explique largement par la remontée de la collecte depuis 2009, après une baisse en 2007 et surtout en 2008. "Le niveau historiquement bas des taux d?intérêts à court terme a dopé l?attractivité relative de l?assurance-vie, mais elle pèse aussi sur la rentabilité des contrats en euros, tandis que la collecte sur les contrats en unités de compte, plus rentables et moins gourmands en fonds propres, ne se redresse que lentement" note Marc-Philippe Julliard, directeur senior en charge de l?assurance chez Fitch.
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La situation est donc loin d?être rose, même si "le fait que les taux garantis ne dépassent pas 1 % en moyenne est un facteur de solidité pour le secteur, qui est ainsi moins exposé que d?autres en Europe, et notamment en Allemagne, à un scénario à la japonaise, c'est-à-dire au risque que les taux restent très bas pendant une période prolongée" souligne Marc-Philippe Julliard.
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