Les dirigeants de l’Unédic appellent le Premier ministre à compenser intégralement les exonérations de cotisations chômage dès 2027, dans un courrier consulté par La Tribune. Faute de quoi, la spirale de l’endettement menace le rôle d’amortisseur du régime d’assurance chômage.Les dossiers brûlants s’empilent sur le bureau du Premier ministre. Dans un courrier envoyé à Matignon et consulté par La Tribune, les dirigeants du régime de l’Assurance chômage, Patricia Ferrand (CFDT) et Jean-Eudes Tesson (Medef) sonnent l’alarme : « Il est urgent que le régime amorce son désendettement afin qu’il puisse continuer d’assurer son rôle d’amortisseur économique et social. »
Avant l’automne, le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres de Bercy cherchent à tailler dans les dépenses pour tenir leur objectif de déficit de 5 % d’ici la fin de l’année. Pour ce faire, l’État a déjà prévu une ponction de 4 milliards d’euros en 2026. Résultat : le déficit de l’Unédic devrait être négatif pour la troisième année consécutive et atteindre –2,3 milliards d’euros, selon les auteurs de la missive. Un coup dur pour l’organisation paritaire alors que le chômage continue de grimper et que la croissance devrait rester morose d’ici la fin de l’année.
Un endettement à 61 milliards d’euros favorisé par « les ponctions »
Les services de l’Unédic ont fait leur calcul : sans les ponctions de l’État, l’endettement du régime aurait dû être de 49 milliards d’euros au lieu de 61 milliards d’euros. Comment expliquer ces 12 milliards d’euros ? Un arrêté de fin 2023 précise que l’État ne compenserait plus une partie des exonérations de cotisation chômage entre 2023 et 2026, soit au total quatre années.