Avec un démarrage des travaux et une mise en service respectivement prévus en 2028 et 2031, le Maroc et le Nigeria tentent d’accélérer la concrétisation du Gazoduc Afrique - Atlantique qui devrait bénéficier à l’Afrique et l’Europe. Désormais, l’accent est mis sur la mobilisation financière et les Américains n’y sont pas indifférents.L’accusé de réception de la Banque d’export-import des Etats-Unis (US EXIM Bank) en dit long sur l’intérêt des Américains à miser dans ce projet gazier africain phare. A Washington, le Maroc s’est, en effet, approché de l’agence de crédit à l’exportation du gouvernement américain et de la Banque mondiale pour solliciter leur appui financier pour la mise en œuvre du Gazoduc Afrique Atlantique, a confirmé ce week-end à Bloomberg, l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis, Youssef Amrani. C’est depuis début mai que les autorités marocaines ont entrepris les échanges avec leurs homologues américains, selon African Business, en vue de sécuriser le financement de ce mégaprojet qui devrait coûter 25 milliards de dollars, d'après les estimations officielles et qui fait parler de lui depuis maintenant dix ans.
50% du gaz produit aux pays africains, 50% aux pays européens
Initié en 2016 et ratifié en mai 2017 par le roi Mohammed VI et l’ex-président nigérian Muhammadu Buhari, cette future infrastructure gazière sera longue de 6 800 km, avec un tracé hybride – offshore via la côte atlantique et terrestre en traversant les pays ouest-africains – partant du Nigéria au Maroc. Si le gaz nigérian couvrira une part importante des besoins, le Sénégal et la Mauritanie fourniront également de la ressource grâce à leurs importantes découvertes gaz réalisées ces dernières années.
Les 30 milliards de m3 par an qui y seront produits devraient alimenter l’ensemble des pays ouest-africains et le Maroc à hauteur de 50%, tandis que les 50% restants seront réservés à l’approvisionnement des pays de l’Union européenne (UE), grâce au gazoduc Maghreb – Europe reliant le nord du royaume à l’Espagne, selon les clarifications – ce dimanche sur TV5 Monde - d’Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national marocain des hydrocarbures et des mines (ONHYM) qui pilote l’initiative aux côtés de la Compagnie nationale nigériane de pétrole (NNPC). Les discussions financières avec les Américains et l’institution de Bretton Woods représentent un pas en avant, puisqu’elles interviennent juste après la signature par la CEDEAO, le 19 juillet dernier à Freetown, de l’accord intergouvernemental instituant un cadre juridique au projet du gazoduc Afrique atlantique. « C’est un signal fort qui est donné aux investisseurs », a déclaré la patronne de l’ONHYM, soulignant que cet accord marque l’adhésion de 13 pays à un cadre unique de gouvernance, à la stabilité réglementaire et à la sécurité des investissements.