Belgique : une nouvelle aide aux banques envisagée

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Après la Grande-Bretagne, la Belgique envisage à son tour d'octroyer de nouvelles aides pour son secteur bancaire, toujours dans la tourmente à l'image du bancassureur KBC en chute libre à la Bourse. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, va poser mercredi lors d'une réunion gouvernementale la question d'un "deuxième tour bancaire", a-t-il indiqué mardi dans un entretien avec l'agence de presse nationale Belga.

"Il faut qu'on s'y prenne suffisamment tôt pour éviter cette fois de devoir à nouveau sauver une banque en l'espace d'une nuit", a-t-il souligné. Une allusion aux longues négociations qui avaient préludé, en septembre et octobre dernier, aux renflouements successifs des trois joyaux bancaires du pays: Fortis, Dexia et KBC.

La Belgique avait alors été l'un des premiers pays d'Europe à devoir gérer la tempête financière provoquée par le dépôt de bilan de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers. Les sauvetages à coup de milliards d'euros, d'abord considérés comme un succès pour le Premier ministre d'Yves Leterme, lui ont finalement coûté son poste en décembre, quand son entourage a été soupçonné de pressions sur des magistrats chargés de statuer sur le démantèlement de Fortis. C'est peut-être pour éviter de répéter ce scénario que Didier Reynders veut cette fois "éviter une intervention au cas par cas".

"On doit s'y prendre à l'avance, d'autant qu'on a l'expérience du premier tour" de sauvetage bancaire, a-t-il dit sans chiffrer l'aide envisagée. "Vingt milliards avaient été dégagés pour la première intervention. Je n'ai pas d'idée pour la seconde vague. La Grande-Bretagne vient, elle, de mobiliser 100 milliards pour sauver ses propres banques", a-t-il dit. Le gouvernement britannique a dévoilé lundi un nouveau plan de soutien aux banques, le deuxième en trois mois, pour relancer le crédit et tenter de sortir le Royaume-Uni d'une grave récession.


La Belgique a déjà un premier candidat potentiel pour de nouvelles aides publiques: le bancassureur KBC, déjà renfloué à hauteur de 3,5 milliards d'euros en octobre. L'action KBC évolue à ses plus bas niveaux historiques à la Bourse de Bruxelles, avec des plongeons de 21,57% vendredi, de 20,12% lundi, et d'encore 23,71% mardi où elle a clôturé à 9,75 euros. Elle valait encore 60 euros en septembre, juste avant que la crise financière frappe l'Europe.
Les investisseurs s'inquiètent de la forte présence de KBC en Europe de l'Est. Ces marchés lui avaient longtemps permis de mieux résister que ses concurrentes à la crise, mais sont aujourd'hui rattrapés par les difficultés à l'image de la Hongrie qui a dû recourir à l'aide internationale.

Autre motif d'inquiétude, l'Irlande, où KBC est également fortement implantée, mais où l'Etat vient de devoir nationaliser l'Anglo Irish Bank. Enfin, les analystes s'attendent à de nouvelles mauvaises surprises sur le portefeuille d'obligations complexes de type CDO, pour lequel KBC avait déjà provisionné fin décembre une perte nette de 900 millions d'euros. "Il n'y a pas pour l'instant de discussion avec le gouvernement, ni flamand, ni fédéral" sur une nouvelle injection de capital, a assuré le patron de KBC, André Bergen, au quotidien De Tijd de mardi. "Mais si le marché continue à revoir en permanence ses paramètres, nous devons nous adapter", a-t-il reconnu.

Outre KBC, le gouvernement belge risque vite d'être rattrapé par le dossier Fortis. La vente par appartements du groupe à l'Etat néerlandais et au groupe français BNP Paribas, négociée en octobre pour éviter une faillite, est suspendue à l'approbation des petits actionnaires. Le risque, réel, d'un vote négatif le 12 février risque fort d'obliger l'Etat belge à renégocier.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
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