Pierre Mariani : "en 2014, Dexia sera totalement transformée"

Le dirigeant de la banque franco-belge a annoncé mercredi un résultat 2009 en forte hausse. Mais l'environnement va peser sur l'année en cours.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Emportée par la tourmente financière à la fin de l'année 2008, la banque franco-belge est revenue dans le vert en 2009 au prix d'une sévère cure d'austérité. Le groupe s'est recentré sur ses marchés, a diminué ses coûts de 200 millions d'euros, supprimé 1.500 emplois et réduit la taille de son bilan de 73 milliards d'euros... Mais si la restructuration à marche forcée lui a sans doute permis d'emporter l'adhésion de la Commission européenne, elle risque de lui coûter cher en 2010. Dexia devra diminuer sa part de financement à court terme et prévoit de se passer totalement de la garantie des états pour se financer dès le 30 juin prochain.

Après 3,3 milliards d'euros de pertes en 2008, Dexia affiche un bénéfice net 2009 de 1 milliard. Faut-il s'attendre à une amélioration de la même ampleur en 2010 ?

2010 sera une année de transition et une année plus difficile. En revanche, nous prévoyons une amélioration des performances commerciales et la poursuite de la réduction des coûts. Je n'ai jamais été de ceux qui disaient que la crise était finie : l'environnement économique reste mauvais et les marchés sont toujours nerveux. Ensuite, nous allons poursuivre l'assainissement de la situation financière de Dexia et la diminution de la part de notre financement à court terme pèsera sur notre rentabilité. Je tiens tout de même à souligner qu'en 2009, tous les métiers du groupe ont été profitables. Dexia aura affiché les profits les plus élevés du secteur bancaire en France derrière BNP Paribas, et en Belgique derrière ING, et ce après avoir versé près de 500 millions d'euros de commissions sur les garanties d'État.

Beaucoup d'observateurs et d'analystes saluent le plan de restructuration initié par Dexia et validé par la Commission européenne mais regrettent l'absence d'un véritable plan stratégique...

Notre projet stratégique est de retrouver une autonomie complète et la maîtrise de nos choix. La priorité a donc été donnée au recentrage géographique, à la réduction du profil de risque et au rétablissement d'une structure de financement normale pour le groupe. En ce qui concerne notre stratégie sur nos métiers, nous l'exposerons en détail fin mai. Nous mettons d'ores et déjà en oeuvre la modernisation de notre réseau en Belgique, où la banque de détail devrait représenter entre 25% et 30% de nos revenus à horizon 2014. Quant à la Turquie, elle reste un relais de croissance décisif. Au total, la banque de détail représentera 60% de nos revenus en 2014.

Quelle est l'exposition de Dexia à la dette de la Grèce et à celle des collectivités locales grecques ?

Nous n'avons pas d'exposition aux collectivités locales grecques et nous ne communiquons pas sur le montant de titres de la dette souveraine grecque que nous avons en portefeuille. Le risque n'est pas, à mon avis, celui d'une faillite de l'État grec, mais celui d'une dégradation de la note de solvabilité par les agences de notation. Un abaissement du rating souverain de la Grèce aurait un impact marginal sur notre solvabilité.

Les délais vous paraissent-ils raisonnables pour réaliser les cessions imposées par la Commission européenne ? Avez-vous déjà eu des marques d'intérêt pour les actifs actuellement en vente ?

Ces délais me paraissent tout à fait raisonnables. En un an, nous avons réalisé un tiers de l'objectif de réduction de la taille du bilan. Nous avons jusqu'à fin 2012 pour vendre CreditOp en Italie et jusqu'à fin 2013 pour vendre Sabadell et Banca Slovensko en Slovaquie. En outre, s'ils ne sont pas vendus à cette date parce que le prix que l'on nous propose est trop faible, il est prévu, comme pour la plupart des cessions imposées par la Commission européenne, que le délai soit prolongé d'une année. En 2014, le profil de Dexia sera totalement modifié et recentré sur ses seuls métiers fondamentaux.

On parle beaucoup de partenariats ou d'adossements à un groupe bancaire français ou étranger...

Je n'ai pas de commentaire à faire sur les rumeurs qui sont toujours aussi nombreuses qu'à l'époque où nous discutions avec la Commission.

Les actionnaires pourront uniquement recevoir un dividende en actions ou en équivalent actions. Comment ont-ils réagi ?

Les membres du conseil d'administration m'ont paru très heureux de cette proposition. Nous avions toujours dit que si 2009 était bénéficiaire, il serait important de verser un dividende aux actionnaires qui ont participé à notre augmentation de capital fin 2008. Nous allons distribuer 35% de nos résultats 2009 en actions.

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