Banques : la réduction des coûts va s'opérer dans un climat social dégradé

Des suppressions d'emplois en France et à l'étranger sont annoncée. Les syndicats dénoncent des problèmes de méthode.
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Le PDG de la banque au logo rouge et noir n'a pas donné de chiffre global de réductions de postes. Mais certaines activités et zones géographiques sont d'ores et déjà dans le viseur de Frédéric Oudéa.

Première cible : la Russie, avec l'annonce de 2000 suppressions d'emplois en 2012, dues au rapprochement des réseaux de Rosbank et BSGV. Les systèmes d'information doivent fusionner sous peu et les structures centrales des deux sociétés vont être rationalisées. D'autres pays sont concernés par des réductions d'effectifs (Roumanie, République tchèque, Pologne, Egypte). Même si les résultats commerciaux y ont été encourageants, Société Générale va procèder à des "ajustements".

"Plan social déguisé"

En France, la banque de financement et d'investissement est sur la sellette. Elle représente à fin 2010 près de 6.600 postes en France, soit 11,4% des effectifs. Selon les syndicats, Société Générale serait en train de réaliser un "plan social déguisé". Ils observent ainsi une recrudescence des départs "à l'amiable" et des licenciements individuels. Ils relèvent aussi une utilisation abusive de l'article 26 de la convention collective concernant les personnes en situation d'insuffisance professionnelle pour licencier. La direction de la banque a d'ailleurs été interpellée par l'Inspection du Travail à ce sujet.

"On s'aperçoit que les personnes convoquées sont loin d'avoir tous des évaluations en dessous des attentes, que des licenciés ne sont pas remplacés, Le nombre des départs commence à excéder significativement le rythme habituel des licenciements. On comprend pourquoi la direction traîne des pieds pour nous donner les chiffres", écrit la CGT dans son dernier bulletin. Alors que Frédéric Oudéa a rencontré les différents représentants syndicaux ce lundi, la direction n'a pas donné plus de détails sur le nombre de postes visés ou sur la manière de procéder.

Seule nouveauté : "le sujet est maintenant évoqué ouvertement", constate un représentant syndical. Lors de cette réunion, les représentants syndicaux ont demandé de diminuer la pression sur les salariés, pour qu'ils puissent continuer à travailler sereinement. "Chacun se demande en arrivant le matin si une tuile lui tombera dessus dans la journée", assure la CGT.

En 2010, la banque avait déjà engagé des réductions d'effectifs. La création d'Amundi a généré une baisse de 18% des effectifs dans la branche "banque privée, gestion d'actifs et service aux investisseurs". Et la cession d'ECS a provoqué 1.525 départs au pôle "Services financiers spécialisés et Assurances".

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Commentaires 5
à écrit le 20/03/2012 à 7:39
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les dirigeants se sont gravementgouré de stratégie depuis ds mois, ils restent et voient leurs revenus augmenter ... motif : ils seraient indispensables ! Indispensables pour quoi ? se gaver au passage et continuer à planter leurs entreprises ? Dites...

le 20/03/2012 à 9:38
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Ces rémunérations sans limite sont apparentées à de l'abus de bien social à mon sens... mais aucun actionnaire ne va oser dire leurs quatre vérités à ces patrons irresponsables, tout le monde marche droit et avec le petit doigt sur la couture du pant...

à écrit le 13/09/2011 à 10:07
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Tout l'argent est parti chez les actionnaires en 2009 et 2010 plutot que de consolider les fonds propres, et maintenant c'est les salariés qui trinquent. Le patron responsable de cette décision hasardeuse (pour le moins...) reste en poste alors que s...

à écrit le 13/09/2011 à 10:03
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Je serais très content d'avoir à vie une carte VISA gratuitement malgré la suppression des postes.

le 15/09/2011 à 8:06
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Qu'est ce que vous voulez dire par là?

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