Comment Banque Populaire innove sur le marché des entrepreneurs

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La montre connectée sera donc l'étape suivante. Car, chaque jour, 1.000 chefs d'entreprise clients de Banque Populaire consultent les comptes de leur société et effectuent des opérations bancaires depuis un mobile.
La montre connectée sera donc l'étape suivante. Car, chaque jour, 1.000 chefs d'entreprise clients de Banque Populaire consultent les comptes de leur société et effectuent des opérations bancaires depuis un mobile. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
L'établissement lance "Suite Entreprise Watch", la première application bancaire française sur montre connectée destinée aux entrepreneurs.

Banque en ligne, banque 100% mobile, application de coffre-fort numérique liée aux Google Glass... Les établissements bancaires sont très inventifs et diserts sur le sujet des innovations destinées au marché des particuliers. Ce qui pourrait laisser croire que leur clientèle d'entreprises est beaucoup moins sensible que les ménages à la révolution numérique et, partant, bien moins friande d'une banque accessible n'importe où et n'importe quand. Il n'en est rien. "Les chefs d'entreprise sont de plus en plus occupés, ils ont besoin de gagner du temps", a expliqué Michel Roux, directeur du développement de Banque Populaire (groupe BPCE), mardi 19 mai, lors d'une conférence de presse dédiée au lancement de "Suite Entreprise Watch."

Comme son nom le laisse supposer, il s'agit là d'une application bancaire disponible sur l'Apple Watch et sur les montres connectées sous Android, application qui a pour originalité d'être la première proposée par une banque française sur le marché des entrepreneurs. Concrètement, Suite Entreprise Watch est la transposition sur les montres connectées de Suite Entreprise, une plateforme de gestion des flux bancaires qui existe depuis une trentaine d'années chez Banque Populaire, qui coûte aux sociétés 35 à 100 euros par mois et qui est utilisable depuis un PC mais également via des terminaux mobiles (smartphones et tablettes) depuis 2012.

41% des entreprises françaises sont en relation avec Banque Populaire

Suite Entreprise, dont l'ergonomie est très simplement calquée sur celle de la messagerie Outlook de Microsoft, est utilisée chaque jour par 47.000 entreprises clientes de Banque Populaire, qui se présente comme la première banque des PME, 41% des entreprises françaises étant en relation avec l'établissement. Ces 47.000 sociétés, dont le chiffre d'affaires s'échelonne entre 3 millions et 50 millions d'euros, utilisent la plateforme pour effectuer des virements de salaires à leurs collaborateurs, régler leurs fournisseurs, placer leurs excédents de trésorerie, niveler leurs différents comptes en fonction de leurs positions débitrices et créditrices, etc.

Et ce, de façon très sécurisée, Suite Entreprise fonctionnant sur la base du protocole de télétransmission interbancaire EBICS TS, qui utilise des certificats numérique pour l'authentification des utilisateurs, la signature des documents et le cryptage des fichiers. Des opérations suffisamment lourdes et complexes, cependant, pour s'interroger sur le désir réel des chefs d'entreprise de les effectuer depuis un mobile. "Tous les jours, 1.000 chefs d'entreprise consultent les comptes de leur société et valident des opérations bancaires depuis un mobile, et plus particulièrement depuis un iPhone", rétorque Thierry Laval, directeur général de Turbo SA, la filiale de Banque Populaire qui édite les solutions Suite Entreprise.

Des entrepreneurs de plus en plus "cross-devices"

Pour autant, difficile d'imaginer que les montres connectées puissent remporter le même succès auprès des entrepreneurs pour leurs opérations bancaires, ne serait-ce qu'en raison de la petite taille de l'écran... "Aujourd'hui, c'est vrai, il existe une dimension gadget sur l'Apple Watch. Mais il se peut que les chefs d'entreprise soient bien contents de pouvoir valider discrètement des opérations bancaires lorsqu'ils sont en réunion. Nous faisons le même pari qu'Apple, nous sommes conscients que nous pouvons le perdre mais Apple possède une grande force de conviction auprès des consommateurs", nuance Thierry Laval.

Qui rappelle combien les smartphones, avant le lancement de l'iPhone en 2007 et, avant eux, les micro-ordinateurs, avaient suscité de doutes sur leur potentiel commercial. "Les chefs d'entreprise sont multi-devices, ils sont même cross-devices, c'est-à-dire qu'ils apprécient de pouvoir débuter une opération sur un appareil mobile et d'être en mesure de la finaliser sur un autre", insiste Christophe Descos, directeur du marché des entreprises et des institutionnels chez Banque Populaire.

Lutter contre "la fraude au président"

L'application Suite Entreprise Watch pourrait d'autant plus facilement s'imposer chez les patrons de PME qu'elle permet de lutter plus facilement contre "la fraude au président", ces escroqueries de haut vol qui consistent à usurper l'identité d'un dirigeant d'entreprise pour ordonner des virements d'argent à destination de banques situées à l'étranger. Suite Entreprise Watch permet précisément de savoir vers quel pays les virements sont dirigés, ce qui peut mettre la puce à l'oreille du chef d'entreprise et l'amener à refuser l'opération, en effleurant simplement l'écran de sa montre connectée.

Une innovation qui n'est pas du luxe, quand on sait que "les fraudes au président" ont coûté quelque 300 millions d'euros, au total, à 360 entreprises en France entre 2010 et 2013, selon la police judiciaire. "Nous ne faisons pas de l'innovation pour l'innovation elle-même mais parce qu'elle est utile et apporte du confort au chef d'entreprise. C'est cela qui guide notre réflexion en la matière", confirme Michel Roux.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2015 à 8:15 :
bravo !
bien joué , et tout à fait digne des Banque populaires .
a écrit le 22/05/2015 à 14:45 :
C'est c'là, ouiiii... Le PDG va bidouiller sur sa montre lors d'une réunion... Il ferait mieux de ne pas la tenir, une telle réunion ! Combien de fois faudra t il rappeler qu'une i-watch n'est qu'un PERIPHERIQUE; et que la personne détient donc un smartphone (déjà plus lisible) et/ou une tablette; on voit assez bien le rôle que prendra la montre, un fois l'aspect joujou testé. Mais, la'rticle le dit bien: les "innovateurs" (auto déclarés) sont très diserts...
Réponse de le 23/05/2015 à 8:17 :
et vous pensez qu'il faut revenir à Radiocom 2000 ?

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