Deutsche Bank : accueil mitigé en Bourse du plan "plus radical" que prévu

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L'action Deutsche Bank a perdu 24% de sa valeur en un an mais s'est redressée depuis son plus bas historique inscrit début juin.
L'action Deutsche Bank a perdu 24% de sa valeur en un an mais s'est redressée depuis son plus bas historique inscrit début juin. (Crédits : DB)
Le plan de restructuration massif dévoilé dimanche par la banque allemande se traduira pas d'importants coûts et la suspension du dividende. Les analystes soulignent le défi que représente l'exécution du plan, certains s'interrogent sur la nécessité d'une augmentation de capital. L'action Deutsche Bank, qui gagnait plus de 3% lundi à l'ouverture, est repassée dans le rouge en fin de matinée.

"Une transformation radicale" a promis Deutsche Bank en dévoilant son plan de réorganisation dimanche 7 juin. Le plan est effectivement jugé "plus radical que prévu" par de nombreux analystes ce lundi, de Goldman Sachs à RBC, JPMorgan à Citi et Berenberg. L'ampleur de la restructuration (18.000 postes seront supprimés, Deutsche Bank sortira des activités de marchés sur les actions, dont une partie sera cédée à BNP Paribas) et des coûts associés, incluant dépréciations et indemnités de départ (7,4 milliards d'euros sur quatre ans, dont 5,1 milliards dès cette année ce qui se traduira par une perte nette de 2,8 milliards au deuxième trimestre 2019) est supérieure aux attentes et aux montants ayant circulé par voie de presse. Idem pour la réduction du bilan et la structure de défaisance ("bad bank"), qui regroupera 74 milliards d'euros d'actifs, contre 50 milliards évoqués jusqu'ici.

Pas de quoi pour autant changer radicalement d'opinion sur l'évolution à venir du cours de la première banque allemande : les courtiers restent prudents, jugeant les objectifs ambitieux à atteindre et l'exécution du plan difficile.

L'action Deutsche Bank a pris jusqu'à 3,7% dans les premiers échanges à la Bourse de Francfort ce lundi 8 juillet est repassée dans le rouge en fin de matinée. Elle cède 1,4% vers 13 heures. Elle a perdu 25% de sa valeur en un an mais s'est redressée depuis le nouveau plus bas historique inscrit début juin. Elle capitalise 14,8 milliards d'euros.

Doutes sur l'absence d'augmentation de capital

Si les effectifs seront durement touchés, les actionnaires seront mis à contribution : Deutsche Bank a annoncé qu'elle ne paierait pas de dividende ni en 2019 ni en 2020. Pas de précision au-delà mais elle annonce un retour aux actionnaires de 5 milliards d'euros sous forme de dividendes et rachats d'actions à partir de 2022. Elle compte financer son plan de restructuration sur ses propres ressources. Les experts de Citi, qui conseillent de "vendre" la valeur, estiment que l'absence d'augmentation de capital pour financer le plan "pourrait néanmoins s'avérer optimiste". Berenberg, qui est à "vendre" également, considère que la banque a peu de marge de manoeuvre en termes de fonds propres.

Deutsche Bank a déjà réalisé trois augmentations de capital majeures (10,2 milliards d'euros en 2010, puis 8,5 milliards en 2014 et enfin 8 milliards en 2017), sans se remettre totalement à flot, devant à la fois éponger ses pertes opérationnelles et absorber une amende de 7,2 milliards de dollars des autorités américaines en 2017 pour son rôle dans la crise des subprimes.

L'agence Moody's a d'ailleurs maintenu sa note de crédit (A3) et sa perspective négative sur Deutsche Bank ce lundi.

"La perspective négative continue de refléter les défis importants que DB doit relever pour exécuter rapidement les plans proposés, en particulier le maintien de sa base de revenus dans les activités restantes de taux (fixed income), la diminution du poids du CRU [la structure de défaisance] ainsi que l'extension de son activité de services bancaires aux entreprises face à une concurrence féroce. La réduction des effectifs devra également être menée dans une période de taux d'intérêt toujours extrêmement bas, ce qui affecte négativement la rentabilité de la banque de détail de DB en Allemagne, ainsi que ses activités de gestion d'actifs et de patrimoine. Il faudra donc plusieurs trimestres, voire des années, pour parvenir à une situation de rentabilité meilleure, plus équilibrée et durable" analyse l'agence de notation américaine.

Deutsche Bank devrait avoir un profil de résultats "plus prévisible" à l'issue de la transformation de son modèle d'affaires selon Moody's.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2019 à 8:49 :
Au delà des déboires d'une banque, de ses actionnaires lessivés, et du personnel qui va payer son inefficacité, c'est toute la finance européenne reléguée en deuxième division dont il est question. Aucune banque dans l'espace Euro capable de rivaliser désormais avec les grandes américaines. Et on aimerait enfin que soit pointé du doigt la problématique des trop faibles taux d'intérêts, qui est salvatrice pour nos états surendettés, mais mortifère pour toutes nos banques et notre système financier (quoi de plus dangereux que de lessiver de tels acteurs de nos économies!). Sauver les états dispendieux, ou sauver leurs acteurs financiers et les caisses de retraite, voilà en résumé le choix qui (ne) nous est (pas) donné! En écoutant notre Ministre de l'économie, on ne pouvait que constater qu'il se trouve dans une autre dimension spatio-temporelle que les plupart de ceux qui portent des bottes!
a écrit le 08/07/2019 à 18:16 :
le plus simple est de declare la faillitte
et ne pas faire payer a l'europe
la tres mauvaise gestion allemande
il n'ont pas eu de srupule pour les grec pas de cartier pour la deusche bank
a écrit le 08/07/2019 à 14:13 :
Devant toute question sur le pricing ou les propositions insuffisantes, le slogan de cette banque était invariablement "Wir sind Deutsche Bank",il fallait comprendre que c'était un honneur qu'elle accepte de parler à des clients. Il lui a fallut presque 20 ans pour comprendre que ce n'était pas vrai, et que les prospects s'en moquaient totalement.
a écrit le 08/07/2019 à 12:12 :
L'Europe se saigne financièrement pour l'Allemagne, qui donne des leçons-inquisitions de budgets à tout le monde, se permettant même de désigner des populations "feignantes et alcooliques" alors que ses banques sont fragiles.

JE répète ma question, dont je connais l'importance déterminante, puisque nous sommes sur un site économique, comment cela se fait il ? Comment un pays méga riche peut avoir des banques aussi faibles ???

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.

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