Deutsche Bank s'administre un remède de cheval pour se redresser

 |   |  382  mots
(Crédits : Kai Pfaffenbach)
La banque allemande a annoncé un vaste plan de restructuration d'un coût de 7,4 milliards d'euros qui passera notamment par la suppression de 18.000 postes d'ici à 2022. Les actifs non-stratégiques d'une valeur de 74 milliards d'euros seront placés dans une structure de défaisance.

Deux jours après le départ du patron Garth Ritchie de sa branche d'investissements, la Deutsche Bank, en grande difficulté depuis des années, a annoncé un plan restructuration sans précédent, qui passera notamment par la suppression de 18.000 emplois d'ici à 2022, soit un cinquième de ses effectifs.

"La restructuration va entraîner une réduction du nombre de postes équivalents temps plein de 18.000 d'ici 2022, pour ramener les effectifs à environ 74.000 personnes", a annoncé la banque dans un communiqué, en expliquant ainsi vouloir réduire ses coûts de 17 milliards d'euros d'ici à 2022 et retrouver la rentabilité.

La banque allemande a indiqué qu'elle allait essuyer une lourde perte nette de 2,8 milliards d'euros au deuxième trimestre de l'exercice en cours en raison de charges liées à un vaste plan de restructuration.

Le restructuration coûtera 7,4 milliards d'euros

Deutsche Bank prévoit des charges de 3 milliards d'euros pour son plan, qui comporte une très forte réduction de ses activités de banque d'investissement, et en particulier l'arrêt quasi-complet de son activité sur les marchés actions. La banque allemande entend se concentrer sur ses points forts, comme le financement de sa clientèle professionnelle, le marché des changes ou encore la banque privée. Au total, le coût total de cette vaste réorganisation s'élèvera à 7,4 milliards d'euros.

Deutsche Bank va aussi réduire ses activités sur le marché obligataire, en particulier dans les activités de taux, qui sont pourtant traditionnellement perçues comme l'une de ses forces. Elle va créer une structure de défaisance pour les actifs dont elle souhaite se séparer, d'une valeur de 74 milliards d'euros.

"Un nouveau départ"

Le président du directoire Christian Sewing a qualifié ce plan de restructuration de "transformation la plus fondamentale" de Deutsche Bank depuis des décennies. "C'est un nouveau départ", a-t-il dit. En réduisant ses activités dans la banque d'investissement, l'établissement prend acte de son échec à concurrencer les grandes banques de Wall Street sur ce terrain, après avoir subi trois pertes annuelles sur les quatre derniers exercices.

La mise en oeuvre de ce plan ne nécessitera pas d'augmentation de capital, a souligné Deutsche Bank, dont l'action est tombée à un plus bas historique début juin.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/07/2019 à 8:40 :
comment ça ? l' économie allemande et ses banques n'étaient pas N° 1 en Europe ??
je rigole, vraiment les "journalistes" (journaux, télévisions, radios ...nous ont racontés pendant des années beaucoup de "bêtises" ....! alors quoi les mauvais élèves n'étaient pas la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la France ????? conclusion méfions nous des journalistes !
a écrit le 08/07/2019 à 17:21 :
Plus la banque repoussait l'échéance et plus le remède prenait du volume.
Une grosse purge pour la Deutsche ! C'est le moment de régler l'addition.
a écrit le 08/07/2019 à 14:27 :
La puissance des banques européennes est liée à la puissance de l'Euro, qui peine toujours à trouver sa vraie place à coté du dollar. C'est ce dernier, monnaie mondiale qui a permis le redressement rapide des banques américaines. La DB l'a appris à ses dépends et j'espère que ses ennuis vont enfin accélérer l'intégration européenne.
a écrit le 08/07/2019 à 4:56 :
"Structure de defaisance " Quesaquo ? Faut-il supposer titrisation ?
Réponse de le 08/07/2019 à 16:20 :
C'est une entité à qui seront transférés les actifs dont DB veut se débarrasser. Elle aura pour rôle de les contrôler le temps de trouver des acheteurs au meilleur prix, ou les conserver jusqu'à leur extinction. L'entité de défaisance n'investira pas pour se développer;
a écrit le 07/07/2019 à 22:41 :
Trois augmentations de capital depuis la crise de 2008 (2010, 2014, 2017), un désastre pour les actionnaires (l'AK de 2010 s'était fait à 33 euros soit sur les cours actuels une perte de 80% pour ceux qui ont souscrit), Une négligence, une lenteur à prendre des mesures pour redresser la barre, il est vrai dans une situation complexifiée par de nouvelles règles (régulations).. Tout cela va se payer bien cher par le personnel, mais aussi pour le secteur financier en Europe, désormais en deuxième division, et qui a laissé la place aux banques américaines, affichant toutes une santé insolente: il faut tirer les leçons de toutes les erreurs faites, est surtout revenir à l'essentiel: un secteur financier qui ne gagne pas d'argent n'est pas secure, et ne contribue pas positivement à l'économie européenne: et pour deutsche bank, je crois que le right sizing ne saurait se limiter aux structures européennes, les actionnaires voudront que les erreurs faites en Allemagne soient enfin purgées, et que la direction casse aussi les coûts!
a écrit le 07/07/2019 à 19:03 :
Chronique d'une débâcle annoncée. Le modèle poursuivi était devenu de type américain, avec une maximisation des profits à court terme, et une appréciation du risque à géométrie variable, suivant les nécessités de montrer des résultats. Les procédures étaient à l'image d'un organisme qui préférait les adapter en les contournant, plutôt qu'aux nécessités des obligations juridiques et financières. Bref, la DB trichait, et vendait des actifs sains pour faire croire à une rentabilité des comptes qui n'existait plus, quand sa division de M&A était une machine à perdre. Au lieu de la restructurer à la hache elle en a sacrifié d'autres comme le commercial banking et la gestion d'actifs, elle a joué au bouling dans sa propre structure de business. Le résultat est là, elle est au bord de la faillite, que découvrira-t-ton d'autre dans les mois qui viennent, pour que personne n'ait jugé nécessaire de mettre la question sur la table. On craint de se le demander.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :