Deutsche Bank encaisse sa pire perte depuis 2015 sous le poids de sa restructuration

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Le directeur général de Deutsche Bank, Christian Sewing (à droite), avec le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner, lors de l'assemblée générale en mai 2019.
Le directeur général de Deutsche Bank, Christian Sewing (à droite), avec le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner, lors de l'assemblée générale en mai 2019. (Crédits : Deutsche Bank)
La première banque allemande a enregistré une perte nette de 3,1 milliards d'euros au deuxième trimestre incluant des charges de 3,4 milliards liées au vaste plan annoncé début juillet, soit la moitié des coûts anticipés. Le groupe, qui compte supprimer 18.000 emplois, a déjà entamé les démarches auprès de 900 personnes. La réaction est mitigée en Bourse.

Le vaste plan de transformation annoncé le 7 juillet par Deutsche Bank a fait lourdement chuté dans le rouge les comptes de la première banque allemande au deuxième semestre. Le groupe avait prévenu qu'une large part des 7,4 milliards d'euros de coûts de cette sévère restructuration, se traduisant par 18.000 suppressions d'emplois sur trois ans, serait affecté dès cette année.

Les résultats du deuxième trimestre publiés ce mercredi 24 juillet incluent ainsi une charge de restructuration de 3,4 milliards d'euros (près de la moitié du total), et font apparaître une perte nette de 3,15 milliards : le résultat aurait été en retrait mais positif de 231 millions d'euros sans ces charges, essentiellement des dépréciations d'actifs et de crédits d'impôts.

Il s'agit de la plus importante perte trimestrielle enregistrée par Deutsche Bank depuis 2015. L'an dernier, Deutsche Bank avait publié son premier bénéfice annuel depuis 2014. L'année 2015 s'était soldée par une perte nette de 6,8 milliards, dont 6 milliards enregistrés au troisième trimestre, sous l'effet de dépréciation et d'une amende.

« Nous avons déjà pris des mesures importantes pour mettre en œuvre notre stratégie de transformation de Deutsche Bank. Celles-ci se reflètent dans nos résultats. Une partie substantielle de nos coûts de restructuration est déjà digérée au deuxième trimestre. En excluant les charges de transformation, la banque serait rentable et, dans nos activités plus solides, les revenus étaient stables ou en croissance » a fait valoir le directeur général, Christian Sewing, cité dans le communiqué.

L'action perd près de 5% ce mercredi à la mi-journée à la bourse de Francfort à 6,83 euros. Sa capitalisation s'élève à 14 milliards d'euros, moins que le spécialiste des paiements Wirecard (18 milliards) et que Société Générale (19,5 milliards d'euros).

La perte est en réalité plus forte que prévu : début juillet, le groupe avait évoqué une perte de 2,8 milliards « seulement » au cours du trimestre achevé.

Révision en baisse des prévisions

Deutsche Bank a également revu en baisse ses prévisions et attend désormais un produit net bancaire inférieur à celui de l'an dernier. Au deuxième trimestre, le produit net bancaire accuse un repli de 6% à 6,2 milliards d'euros. Sur le semestre, il est recul de 7%.

Les activités dans la banque de financement et d'investissement affichent une perte d'un milliard et un fort recul des revenus au deuxième trimestre (-18%), en particulier dans le conseil M&A et l'origination (-30%) et la vente trading (-32%), « du fait de l'anticipation du marché de la réduction stratégique du métier Actions de la banque. » La banque de détail et commerciale ainsi que la gestion d'actifs se portent mieux.

 « L'exécution de la stratégie de transformation de Deutsche Bank est en cours » insiste la banque.

L'établissement indique que les négociations avec BNP Paribas en vue de lui céder ses activités sur les marchés d'actions sont « sur la bonne voie ». L'autre partie qui ne sera pas cédée est en cours de fermeture. L'entreprise a déjà informé 900 personnes que leur poste serait supprimé. Au cours du trimestre, elle a réduit de 600 personnes ses effectifs, désormais de 90.866 employés (équivalents temps plein), soit 4.600 de moins qu'il y a un an.

 « C'est douloureux, mais il était important pour nous de clarifier la situation plutôt que laisser les gens dans le flou. Lorsque notre restructuration nécessitera des réductions supplémentaires, nous ferons tout notre possible pour communiquer nos décisions dès que possible » a déclaré le directeur général dans une lettre aux employés. « Nous ne sommes pas au seulement au début de notre transformation de Deutsche Bank - après deux semaines, nous sommes déjà en plein milieu ! » a-t-il estimé, optimiste.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2019 à 7:50 :
En principe on écrit " Le vaste plan de transformation annoncé le 7 juillet par Deutsche Bank a fait lourdement chutER " et non "Le vaste plan de transformation annoncé le 7 juillet par Deutsche Bank a fait lourdement chuté ", quand on a plus de 8 ans, non ?
Réponse de le 01/09/2019 à 15:45 :
Tout va bien, pas de problème, continuons ainsi :)
a écrit le 25/07/2019 à 11:00 :
Il aura fallu aller au bout du bout pour que DB, et son management, daignent réagir à une situation catastrophique. Les warnings n'ont pourtant pas manqué, - trois AK dans les dix dernières années-. A ce stade, repli sur l'Allemagne, mais qui est aussi source de manque de profitabilité et peu touchée pour l'instant par le plan, qui dès lors ne va pas suffire! Plus facile de sortir de carnet de chèques aux USA pour dégrossir, que de gérer des problèmes sociaux en Allemagne! Quand on réalise que cela s'opère dans l'économie la plus prospère de la zone Euro, on réalise le désastre. Il reste du boulot! Pour rappel, les dinosaures ont bel et bien disparu!
a écrit le 25/07/2019 à 9:21 :
Les américains avaient parfaitement raison de laisser la classe dirigeante européenne d'avant guerre continuer de régner, médiocrité assurée.
a écrit le 24/07/2019 à 18:30 :
pour la deusch bank l'europe effacera l'ardoise et fera payer a tous les européens sa desinvolture
Réponse de le 25/07/2019 à 10:18 :
l' europe effacera l'ardoise ????????????

La Deutsche Bank a 49 TRILLIARDS, de dollars d'investissement en produits dérivés et est sur le point de s'effondrer. Cela représente:

600.000 $ pour chaque citoyen allemand
100.000 $ pour chaque citoyen de l'UE
7.000 $ pour chaque être humain de la planète
a écrit le 24/07/2019 à 17:53 :
pourquoi vous ne parlez pas du BANK RUN a la deutsche bank effectif depuis au moins une semaine????????
a écrit le 24/07/2019 à 17:02 :
La DB c'est le coté pile du deutschmark, réussite immense sur le plan économique et donc pognon de dingue à placer => résultat le piège des mauvais investissements, impossible de gérer de tels profits "en bon père de famille" mais c'est aussi leur faute, ils ne veulent pas investir dans leurs infrastructures. Ils spielent aussi beaucoup sur les marchés comme dit notre ewok préféré, smart people in the end outsmart themself...
a écrit le 24/07/2019 à 15:37 :
Cela rappelle le sourire des dirigeants de Lehman brothers juste avant la faillite...
a écrit le 24/07/2019 à 13:37 :
DB est en train de creer une banque "bis" qui aura pour but final de lessiver toutes les mauvaises affaires faites par le passe.
Qui en parle ? A part deux , trois economistes honnetes bien aux faits de ces magouilles, personne.
Le solde de ces operations scabreuses seront a terme payes par le contribuable allemand et peut-etre par les autres europeens.
a écrit le 24/07/2019 à 12:46 :
Le discours des dirigeants est absolument lamentable: ils ont déjà fait la moitié de leur transformation en passant la moitié des pertes? Mais une transformation ce n’est pas une opération comptable ! Ils publieront encore des pertes parce que la baisse de leur activité va continuer faute de salariés

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