Et si Ivalua était l’autre licorne de la Fintech française ?
Juliette Raynal

David Khuat-Duy est l'un des fondateurs d'Ivalua.
Ivalua
Juliette Raynal

David Khuat-Duy est l'un des fondateurs d'Ivalua.
Ivalua
En juin dernier, l'association des professionnels des startups de la finance France Fintech criait cocorico. "Ça y est ! On a notre première licorne : Kyriba !", s'était exclamé Alain Clot, son président lors de la soirée d'été de l'association. Editrice de logiciels de gestion de trésorerie, la discrète Kyriba a annoncé fin mars un tour de table de 160 millions de dollars qui la valorise 1,2 milliard de dollars, la faisant ainsi entrer dans le club des « licornes ». Mais Kyriba n'est pas tout à fait une startup tricolore. Elle est bien née en France et son principal centre de R&D se situe à Saint-Cloud (92), dans la proche banlieue parisienne, mais son siège social se situe désormais à San Diego, en Californie.
En revanche, une autre startup dont le siège social est bien situé dans l'Hexagone, à Orsay (91) précisément, pourrait prétendre à l'étiquette de "licorne de la Fintech française". En effet, dans son dernier rapport Global Fintech, le cabinet américain spécialisé CB Insights fait apparaître l'entreprise tricolore dans sa sélection des 58 Fintech dans le monde valorisées plus d'un milliard de dollars et non cotées en Bourse.
Toute aussi discrète que Kyriba, cette entreprise dirigée et fondée par David Khuat-Duy il y a 20 ans, s'est elle aussi positionnée sur un marché B2B, et plus particulièrement sur celui des grandes entreprises. Elle a récemment gagné en visibilité lors d'une levée de fonds de 60 millions de dollars la valorisant 1,1 milliard de dollars, puis en rejoignant le Next 40, une liste concoctée par le gouvernement pour propulser les plus belles pépites de la tech française. Seulement, jusqu'ici, Ivalua n'était pas présentée comme une Fintech, mais comme un éditeur de logiciels dédiés à la gestion des achats.
Outre les économies réalisées sur les achats, Ivalua affirme être une source de création de valeur en permettant aux entreprises d'enrichir leur portefeuille fournisseurs et de basculer dans une approche de co-innovation avec ces derniers. Le frenchie compte parmi ses principaux concurrents des mastodontes tel que SAP, avec sa suite Ariba, ou encore l'entreprise Coupa.
Ivalua revendique 300 clients, dont 60% des entreprises du CAC 40. BPCE, Natixis, Crédit Agricole, BNP Paribas, LCL, Bpifrance, Credit Suisse, Royal Bank of Canada, Covea, CNP, Macif, Generali... Les banques et compagnies d'assurance représentent environ 20% de son activité. "BPCE est même l'un de nos tout premiers clients. Nous avons signé avec eux dès 2001", souligne Franck Lheureux. Mais l'activité d'Ivalua ne se limite pas à l'industrie financière. La licorne travaille également avec Ikea, PSA, Valeo, LVMH, Capgemini ou encore Thales et Rolls Royce pour n'en citer que quelques-uns.
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La pépite tricolore, qui réalise plus de 50% de son chiffre d'affaires en Amérique du Nord, est aujourd'hui présente dans 17 pays où elle emploie près de 600 personnes, dont une centaine pour sa R&D. Rentable depuis ses débuts, Ivalua prévoit de passer le cap des 100 millions de dollars de chiffre d'affaires sur l'exercice 2019. "Nous enregistrons un rythme de croissance annuel de l'ordre de 40%", ajoute le dirigeant, précisant qu'une entrée en Bourse est inscrite sur la feuille de route.
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Capitalisée à hauteur de 130 millions de dollars, et soutenue par des investisseurs de renommée internationale à l'instar des américains Tiger Global Management et KKR et du français Ardian, Ivalua n'exclut pas dans les mois à venir une opération de croissance externe pour se positionner sur les paiements électroniques.
Son étiquette "Fintech" deviendrait alors indiscutable.
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