Lehman un an après - Les pousses vertes et points rouges de la croissance

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Les points positifs et négatifs pour la perspective d'une reprise durable.

Chefs d'entreprise et consommateurs retrouvent le moral
L'indice de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro a continué de se redresser en août pour le cinquième mois consécutif, s'établissant à 80,6 points contre 76 points en juillet, soit une hausse de plus de 6 %, et un plus-bas de 64,6 points en mars. Même constat aux États-Unis, où le moral revient : la confiance des consommateurs américains s'est nettement améliorée, l'indice de confiance mesuré par l'université du Michigan ressortant à 70,2, contre 65,7 en août. Il avait baissé coup sur coup en juillet et août après quatre mois de hausse qui l'avaient porté à 70,8 en juin, son plus haut niveau depuis février 2008, le mois qui avait précédé la faillite de la banque d'affaires américaine Bear Stearns.

La France et l'Allemagne locomotives de l'Europe
Le produit intérieur brut (PIB) de la France a progressé de 0,3 % au 2e trimestre de cette année. Une croissance inattendue. L'Allemagne a également annoncé une expansion inattendue de 0,3%. Du coup, la Commission européenne prévoit désormais une reprise économique dès le 3e trimestre, tout en restant prudente pour la suite. Bruxelles, qui estime que l'Europe sort de la pire récession qu'elle ait connue depuis plus de soixante ans, s'attend désormais à une croissance du PIB de 0,2% dès le 3e trimestre et de 0,1% au 4e trimestre.

Commerces et restaurants recrutent de nouveau
« Cherche vendeurs ». Impensables il y a encore quelques mois, ces petites annonces se multiplient aux États-Unis dans les maga- sins et restaurants. En juillet, le taux de recrutement dans le secteur a atteint 2,99 pour 100 candidatures, contre 2,75 en janvier dernier. Un léger mieux.

Le creusement sans fin des déficits budgétaires
Avec un déficit prévu à environ 7,5 % du PIB en 2009, les comptes publics français connaissent la pire année de la Ve République. Le plongeon est généralisé partout dans le monde. Même la vertueuse Allemagne devrait enregistrer un déficit public de 3 % cette année, sans parler des comptes américains qui explosent à plus de 10 %. Un bémol toutefois : ce sont les plans de relance, donc le soutien à l'économie, qui font plonger les comptes.

La Chine, nouveau royaume de l'automobile
La prime à l'automobile n'a pas le même impact partout. En Chine, elle dope les ventes de voitures de façon phénoménale : au mois d'août, celles-ci ont bondi de 90 %, pour atteindre 858.000 unités. Au cours des huit premiers mois de l'année, le pays a déjà enregistré une hausse de 29 % de ses ventes (soit plus de 8 millions de véhicules), et, à la fin 2009, le marché chinois devrait atteindre 12 millions de voitures vendues, contre 10,5 aux États-Unis (en retrait par rapport au 13,5 millions de véhicules commercialisés en 2008). Les fabricants étrangers profitent de cet emballement : General Motors a plus que doublé ses ventes au mois d'août, et prévoit, pour l'ensemble de l'année 2009, une hausse de 40 % de ses commandes en Chine, qui constitue son deuxième marché mondial.

Les émergents repartent à vive allure
Le Brésil devrait afficher une croissance de 5 % en 2010, après avoir échappé de justesse à la récession cette année. L'Inde aura également évité la récession en 2009. Tous les pays émergents réévaluent leur croissance pour cette année, et parient sur une accélération l'année prochaine. La Chine, particulièrement, devrait enregistrer au moins 8 % de croissance pour cette année, grâce à un plan de relance qui est l'un des plus importants au monde. Cette embellie chinoise va profiter à tous les voisins de l'empire du Milieu, notamment Taiwan et Singapour, avec lesquels les relations commerciales et financières sont très étroites.

Des usines qui tournent encore au ralenti
Les investissements des entreprises américaines ont encore reculé de 10,9 % au deuxième trimestre, après une chute de 39,2 % au premier. La fragilité persistante de l'investissement des entreprises américaines a été l'un des facteurs ayant le plus pesé sur le recul de la croissance au cours des derniers trimestres. Le taux d'utilisation des capacités de production aux États-Unis a chuté à 68 %. D'ailleurs, la Réserve fédérale estime que l'économie américaine reste encore « vulnérable ». En France, ce taux, qui stagne à 70,7 %, reste largement en deçà de sa moyenne historique, supérieure à 82 %.

Les prix des maisons recommencent à grimper en grande-bretagne
Pour le deuxième mois consécutif, les prix de l'immobilier ont augmenté au mois d'août en Grande-Bretagne, selon l'enquête du cabinet Halifax. Certes, sur douze mois, ils affichent toujours une baisse de 10,1 %, mais leur stabilisation est encourageante. De même, les prêts immobiliers reprennent des couleurs, affichant une hausse de 24 % au mois de juillet par rapport à juin. La bulle de l'immobilier, qui avait atteint un pic en 2007, est bel et bien résorbée, même si les économistes d'Ernst & Young estiment que cette remontée des prix est illusoire et qu'il faudra au moins cinq ans avant qu'ils ne retrouvent leurs niveaux d'avant la crise du crédit.

 

L'euro trop fort inquiète les industriels européens
Face au dollar, l'euro ne cesse de gagner du terrain, mettant en danger la compétitivité de nos exportateurs. Depuis le mois de mars, la monnaie européenne a grimpé de 16 %. Hier, le billet vert s'établissait à 1,4645 pour 1 euro, un nouveau point bas.

Les exportateurs allemands reprennent espoir
Les exportations allemandes, principal moteur de l'économie européenne, ont totalisé 70,5 milliards sur juillet, soit une hausse de 2,3 % comparé à juin. Globalement, le commerce international se ressaisit: en juin, il a progressé de 2 % par rapport à mai, du jamais-vu depuis juillet 2008. Il est vrai qu'il avait enregistré dans les mois précédents une chute vertigineuse (en juin dernier, il s'établissait encore à - 19 % par rapport au niveau record d'avril 2008). Selon les données de l'OCDE, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et des Nations Unies, le volume du commerce international devrait décroître au total de 10 % en 2009, celui des investissements directs étrangers chutant de plus de 30 %.

Le chômage américain frôle le seuil des 10 %
Le nombre de chômeurs, qui frôle les 15 millions, ne cesse de s'accroître aux États-Unis. Le taux de chômage a atteint 9,7 % au mois d'août, et devrait crever le plafond symbolique des 10 % avant la fin de l'année. À son niveau le plus haut depuis 1983, ce taux de chômage hypothèque sérieusement la reprise de l'économie : selon les statistiques américaines, le revenu médian par ménage a baissé en 2008 de 3,6 %, pour atteindre 50.303 dollars. Le nombre de pauvres, lui, s'envole, frôlant les 40 millions de personnes (13,2 % de la population). Autant de mauvaises nouvelles pour une administration américaine qui souhaite relancer la consommation : celle-ci représente les deux tiers du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis.

La nouvelle pompe verte de l'économie
Quelque 100 milliards de dollars d'investissements ont été comptabilisés dans les énergies propres l'an dernier, soit une hausse de 400 % par rapport à 2004. Ils pourraient atteindre les 800 milliards de dollars d'ici à 2030. Voire davantage. Car, rien qu'en Chine, les investissements verts pourraient dépasser les 500 milliards de dollars d'ici à 2013. Aux États-Unis, Barack Obama parie aussi sur la création des emplois verts.

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