Les banques espagnoles vont payer cher leur sauvetage

 |  | 612 mots
Lecture 3 min.
Bankia, la banque la plus en difficulté en Espagne. Copyright Reuters
Bankia, la banque la plus en difficulté en Espagne. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le secteur bancaire qui doit bénéficier d'un sauvetage européen devrait augmenter ses provisions, réduire ses dividendes ou encore fermer des agences en contrepartie de l'aide annoncée.

Ce lundi 11 juin était le premier jour du mandat du nouveau Gouverneur de la Banque d'Espagne, Luis María Linde. C'était aussi le jour oùl les banques devaient rendre au superviseur leurs plans d'exécution de la dernière réforme financière qui impose une hausse des provisions. A peine remis, ces plans sont déjà considérés comme caduques, compte tenu des derniers événements. On le comprend aisément le sauvetage du système bancaire, sollicité par l'Espagne à l'Union Européenne, et qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros, était au centre de toutes les attentions. L'aide sera probablement apportée au fonds de sauvetage public des banques (FROB) qui prêtera à son tour les fonds aux banques à un taux supérieur.
Quelles conséquences pour le secteur bancaire espagnol ?
Toutefois, « il est difficile de se prononcer sur les conséquences de ce sauvetage sur le système bancaire espagnol car beaucoup de questions restent encore en suspens : combien l'Espagne va-t-elle recevoir ? Quel fonds de sauvetage sera utilisé ? Qui va superviser l'aide aux banques ? », s'interroge Francisco López Lubián, économiste à l'IE. Il faudra sans doute attendre les résultats de la radiographie du secteur menée par des consultants externes en juin et juillet pour connaître le montant total de l'aide européenne et les conditions qui lui seront assorties. D'après le rapport du Fonds Monétaire International (FMI) rendu le 8 juin, ces besoins en capitaux pourraient atteindre 40 milliards d'euros. Mais les auditeurs externes pourraient revoir ce chiffre à la hausse en se basant sur les critères extrêmement conservateurs employés par Bankia qui ont conduit la quatrième banque d'Espagne nationalisée à solliciter 23,5 milliards de fonds publics pour se renflouer.
Bankia sera la première candidate à l'aide européenne aux banques
Bankia sera d'ailleurs la première candidate à bénéficier des nouveaux fonds, suivie des deux banques issues de caisses aux mains du FROB, Catalunya Banc et Novagalicia Banco. Pour les analystes, seuls BBVA et Santander devraient faire face seules à ces exigences supplémentaires. Ainsi, le système bancaire espagnol n'échappera pas à de nouveaux sacrifices. Pour Morgan Stanley, la disponibilité de 100 milliards de fonds permettra de forcer les banques à mettre en ?uvre un assainissement plus approfondi des bilans avec constitution de nouvelles provisions. Dans ce contexte, il existe un « risque élevé » que les banques doivent baisser leurs dividendes ou les payer intégralement en actions en 2012 et 2013. Au-delà du nettoyage des bilans, la gestion des banques qui demanderont de l'aide sera suivie à la loupe : « le plus important [c'est] le changement radical de toute l'équipe de gestion qui permettra de faire émerger la réalité des bilans depuis l'intérieur », estime Lorenzo Dávila, de l'Institut Espagnol Boursier dans Expansión.

La réduction de la taille des réseaux est programmée

Les analystes s'attendent également à un contrôle strict de la politique commerciale, ainsi que du processus de désendettement des banques. Enfin, le processus de réduction du réseau surdimensionné des banques devrait s'accélérer afin d'améliorer la rentabilité. « Il y a aujourd'hui un surplus d'entre 13.000 et 16.000 agences en Espagne et 35.000 employés », estime Alberto Roldán, chez Inverseguros. Un tel assainissement accompagné de ventes d'actifs pourrait ouvrir le marché aux banques étrangères. « A moyen terme, une fois que le secteur espagnol sera assaini, l'Espagne sera une terre d'opportunités pour les établissements français ou allemands », estime Roldán. Jusqu'à présent, le marché était à la fois trop fragmenté et compétitif pour les attirer. Le sauvetage permettra-t-il ce grand coup de balai alors que quatre ans de crise n'y sont pas parvenus ?
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/06/2012 à 12:39 :
et pas pas de un des directeurs de banque vire............jamais de responsables,,,,sauf les contribuables...
a écrit le 12/06/2012 à 0:02 :
c'est nous qui allons payer cher le sauvetage des banques Espagnoles!!!
a écrit le 11/06/2012 à 21:08 :
"Les banques espagnoles vont payer cher leur sauvetage"; Pardon, vous avez dit LES BANQUES?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :