Bankia et les banques espagnoles dans la tourmente

Le sort de la quatrième banque d'Espagne pèse sur l'ensemble du secteur dont la solvabilité est mise en doute par les marchés malgré la dernière réforme financière.

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Accalmie sur la bourse espagnole. Le cours de Bankia gagnait plus de 26% en milieu de séance vendredi, portant le titre 1,795 euros avant de cloturer à +23,49% à 1,76 euro. Il ne s?est pourtant rien produit de nouveau depuis le vent de panique qui a soufflé sur la banque Jeudi, au point de voir chuter son cours de 29% en séance pour finalement perdre 14%. Les investisseurs réagissaient notamment la possible révision des comptes de Bankia en 2011 (300 millions d?euros de bénéfice), laissant entrevoir des résultats plus mauvais.

A cela s?étaient ajoutées des rumeurs de fuites massives de dépôts, démenties par Bankia. Après la démission de son président et l?annonce le 9 mai de sa nationalisation, Bankia a ainsi subi de gros volumes de ventes de ses titres, qui ont perdu 52% depuis son entrée en Bourse en juillet 2011.

Des incertitudes continuent de planer sur Bankia

Les marchés attendent maintenant de connaître la situation réelle de Bankia, même si le Gouvernement de Mariano Rajoy a d?ores et déjà promis d?apporter tout le capital nécessaire. Goldman Sachs aurait été chargée par ce dernier de mener l?audit des comptes de la quatrième banque d?Espagne désormais dirigée par un ancien du BBVA, José Ignacio Goirigolzarri. Ce dernier devra redresser la barre de ce géant plombé par une exposition immobilière à risque de 31,8 milliards d?euros. Il devra également faire face aux obligations de provisions additionnelles de 4,8 milliards d?euros imposées par la dernière réforme financière.

Les incertitudes qui planent sur Bankia pèsent sur le secteur depuis plusieurs mois. Pourtant, dans un récent rapport, le FMI soulignait que seules dix banques (dont Bankia) sont vulnérables. « Les banques espagnoles figurent parmi les plus solvables d?Europe avec des taux de fonds propres élevés. De plus les gros acteurs du pays, Santander et BBVA, sont peu exposés au risque espagnol grâce à leur diversification géographique. Rien à voir avec les banques grecques qui sont plus exposées au risque de la dette souveraine, alors que leur pays est en risque de défaut », compare Daniel Pingarrón, stratège chez IG Markets.

16 banques espagnoles dégradées

Cette analyse n?est pas partagée par Moody?s qui a dégradé jeudi la note de seize banques espagnoles, dont Santander et BBVA. L?agence base sa décision sur le poids de la récession, les doutes sur la dette souveraine, les difficultés d?accès au financement sur les marchés ainsi que sur la rapide détérioration des crédits des banques. La Banque d?Espagne a d?ailleurs annoncé vendredi une nouvelle hausse des créances douteuses à 8,36% en mars.

« Grâce à la nouvelle réforme financière (provisions sur les actifs immobiliers non toxiques, audit externe des bilans bancaires, et bad banks, ndr) le risque immobilier est désormais couvert, mais les doutes pèsent sur l?ensemble du portefeuille de crédits, de 1,7 billions d?euros, qui se détériore avec la récession. Il y a en outre des soupçons de camouflage de créances douteuses via refinancement de dettes », explique Joaquin Maudos, chercheur à l?Institut Valencien de Recherches Economiques (IVIE). Les audits indépendants devraient lever le doute sur la question, mais en attendant qu?ils soient menés au cours des prochains mois, les pressions sur les banques demeurent.

L'Etat espagnol pourra-t-il encore renflouer les banques si c'est nécessaire ?

Le secteur devrait enregistrer aussi des pertes à la suite des exigences de provisions ce qui pourrait entraîner de nouveaux apports de fonds publics aux entités en difficulté. Le doute plane sur la capacité de l?Etat à apporter tous les fonds nécessaires, alors que l?Espagne paie le prix fort sur les marchés, comme le note Moody?s. « A ce stade, l?Etat doit avant tout garantir la transparence de l?information, notamment de Bankia », estime Pingarrón qui plaide pour que la BCE prête à nouveau sans compter aux banques. L?appel au mécanisme européen de stabilité est de plus en plus souvent évoqué parmi les analystes. Un porte-parole du ministère des finances allemand a toutefois affirmé vendredi que le secteur espagnol pourrait s?en sortir sans aide européenne, rapporte l?agence Efe.

 

 

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Commentaires 2
à écrit le 20/05/2012 à 10:14
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on ne peut que constater le phénomène suivant:ce sont les grand joueurs de la bourse qui cassent tout. Faut il bloquer en séance tout titre qui prendrait plus ou moins 5% et laisser la cotation reprendre le lendemain ou plus tard si le resque d' envo...

à écrit le 19/05/2012 à 20:29
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Chronique d'un massacre annoncé, un massacre dont on ne peut imaginer ni la portée, ni la date précise... 30 ans de mauvaise gestion vont s'abattre sur nous !

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