Espagne : les caisses d'épargne ne sont pas le seul maillon faible du secteur bancaire

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Les banques espagnoles pourraient connaître des pertes de 80 à 112 milliards d'euros en 2012 et 2013, selon les calculs de Standard & Poor's. Les Caisses d'épargne et certaines banques traditionnelles vont devoir être aidées alors que Santander ou BBVA sont assez solides pour faire face aux nouvelles exigences.

Quel est l'état réel du système financier espagnol ? Le Gouvernement de Mariano Rajoy a demandé à plusieurs cabinets internationaux de se charger de répondre à cette question après la publication le 11 juin d'un rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur le système bancaire espagnol.

Entre 40 milliards et ...100 milliards d'euros de besoins de recapitalisation

Le Gouvernement compte attendre les résultats des tests de juin pour déterminer si l'Espagne doit, ou pas, recourir aux fonds européens pour recapitaliser ses banques. En attendant, les spéculations oscillent entre 40 milliards selon le FMI d'après Reuters, et 100 milliards d'euros. Pour l'agence de notation Standard & Poor's, les banques espagnoles pourraient enregistrer des pertes entre 80 et 112 milliards d'euros en 2012 et 2013. Elles pourraient être en partie comblées par des provisions sur résultat d'exploitation à hauteur de 60 milliards d'euros ^récise S&P, sans compter les ressources issues de cessions d'actifs.

Un fossé sépare les anciennes caisses d'épargne de Santander  et BBVA

Toutes les entités ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Un fossé continue en effet d'exister entre les banques et les anciennes caisses d'épargne, aujourd'hui devenues banques commerciales. Dans un rapport du mois de mai, le FMI estimait ainsi que « la plupart des banques serait capable de résister à des chocs futurs, bien qu'il existe des poches de vulnérabilité ». Les deux mastodontes de la finance espagnole, Santander et BBVA, devraient ainsi pouvoir faire face seuls aux nouvelles exigences de provisions issues des audits à venir, grâce à leurs résultats soutenus par leur forte diversification géographique. Certes, leurs bénéfices ont baissé respectivement de 24% et 12,6% au premier trimestre, notamment à cause de leur exposition au marché espagnol. Mais celle-ci reste toutefois circonscrite (16% des résultats de BBVA et 12% de ceux de Santander).

A l'opposé figurent une dizaine d'établissements fragiles, d'après le FMI en mai, dont Bankia. La quatrième banque d'Espagne par actifs, nationalisée le 9 mai dernier, requiert 23,5 milliards de fonds publics pour se recapitaliser. Les autres entités vulnérables sont également, pour la plupart, des banques issues de cajas. Cette vulnérabilité se reflète dans les chiffres : sept des huit entités mises sous tutelle par la Banque d'Espagne depuis le début de la crise sont des cajas. Par ailleurs, lors des stress tests européens de juillet 2010, les caisses comptaient pour quatre des cinq entités recalées.

Les ex-caisses d'épargne sont mieux gérées qu'avant mais pas assez compétitives

« La gestion des caisses s'est améliorée depuis qu'elles sont devenues des banques mais elles ne sont pas aussi compétitives que les banques traditionnelles. Par ailleurs, elles payent encore les excès du boom durant lequel elles ont grossi essentiellement à travers l'octroi de crédits au secteur immobilier », explique Javier Montoya, chez Alpha Plus. Bankia a ainsi été victime de son exposition de 40 milliards à des actifs immobiliers toxiques.

 Leur exposition au seul marché domestique les rend d'autant plus vulnérables, dans un contexte de récession et alors que le taux de chômage de 25% ne semble pas en voie de se résorber. Le bénéfice net du secteur a ainsi baissé de 70% en 2011, d'après la Confédération des Caisses d'Epargne (CECA). Leur taux de créances douteuses s'élevait à 9,48% en février, contre 8,15% pour l'ensemble du secteur financier.  Dans ce contexte les caisses sont soumises à un fort processus de concentration. De 45 entités en 2009, elles sont sur le point de passer à moins d'une dizaine. Malgré une taille moyenne de 80 milliards d'actifs en 2011 (contre 29 milliards en 2008), les caisses concentrent 46% des crédits en Espagne.

Elles comptent toutefois quelques gros joueurs, comme Caixa Bank, première entité sur le marché espagnol avec 350 milliards d'actifs (une fois consolidée l'absorption de Banca Cíviva), d'ailleurs considérée comme une exception dans le secteur, compte tenu de sa solidité.

La santé incertaine de Banco Popular

La santé des banques traditionnelles n'est pas pour autant épargnée par la crise. Si Santander et BBVA devraient assumer sans trop de dommages la situation actuelle en Espagne, le cas de Banco Popular, partenaire de Crédit Mutuel dans Targo Bank, préoccupe particulièrement les marchés. Son exposition au secteur immobilier et son activité presqu'intégralement développée sur le marché domestique rappellent la problématique à laquelle sont soumises les cajas. La sixième banque d'Espagne compte toutefois sur ses bénéfices et sur la cession d'actifs pour réaliser, d'ici fin 2013 les assainissements exigés. Les audits de juin et juillet diront si Popular pourra le faire sans aide publique.

 

 


 

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a écrit le 09/06/2012 à 13:34 :
Le besoin est sûrement supérieur dans la mesure où il y aurait de l'ordre de 2 à 2,5 millions d'invendus en Espagne. Avec une moyenne de 150.000 - 200.000 Euros, le total est bien supérieur. Les coupables : les banques espagnoles dont le seul objectif était de gagner beaucoup beaucoup mais vraiment beaucoup d'argent très rapidement (dixit un banquier espagnol) mais également les espagnols qui ont surfés sur cette vague spéculative sachant également très bien ce qu'ils faisaient. Pourquoi devrait-on payer pour ces erreurs ?
a écrit le 08/06/2012 à 14:34 :
quand on sait que un certain nombre d' espagnol ont retiré des dizaines de milliards d'euros pour les déposer en grande partie sur des comptes en grande bretagne, il y a de quoi être écoeuré.
ces avares, peureux, coûtent à toute la société espagnole, en faisant augmenter les taux d'intérêt, il feraient mieux d'investir, d'embaucher ou de prêter à 1 ou 2% !
cela relancerait le système et tout le monde y trouverait son compte.
les européens devraient interdire ou contrôler ces transferts de fonds, et éventuellement les taxer lourdement.
a écrit le 07/06/2012 à 21:26 :
Oui. Nous savions que les dettes privées étaient aussi graves que les dettes publiques. Voir plus, d'ailleurs, vu le renflouement des banques. Mais pourquoi cet article se focalise sur les seules banques espagnoles...?? Essayez de voir que la mondialisation existe..!!!!
Réponse de le 07/06/2012 à 23:42 :
Il faut arrêter de dire tout et n'importe quoi sur les banques et laisser circuler cette pensée unique (et simpliste) qu'elles sont la cause de tous nos problèmes. Si la crise des 2008 (subprimes) a été engendrée par les banques (américaines), celle des dettes souverianes européennes a été créée par les gouvernements européens successifs qui depuis 30 ans ont endetté nos comptes publics européens sans compter pour satisfaire à des intérêts démagogiques et électoralistes sans se soucier des générations futures. Les banques sont un maillon essentiel de l'économie en permettant de collecter l'épargne au service de l'investissement et donc de la croissance. Ce n'est pas en les fustigeant et en entretenant une défiance à leur encontre qu'on aidera les entreprises à financer leurs investissements et à créer des emplois...
Réponse de le 08/06/2012 à 12:23 :
@Yvan: Une fois de plus, vous dites n'importe quoi (cf l'article paru hier sur les declarations de Michel Barnier)... Par pitie, cessez d'intervenir sur des sujets que vous ne maitrisez visiblement pas le moins du monde...
Réponse de le 09/06/2012 à 13:32 :
le probleme n'est pas qu'il s'exprime sur un sujet qu'il ne comprend pas mais le danger c'est qu'il vote :
ce type de personnes se bouchent les oreilles quand on leur parle d'efforts( et on ne leur parle pas de sang ni de larmes sinon ils pleureraient leurs mamans)

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