L'Europe souhaite se doter de son propre réseau d'acceptation des paiements, basé sur le paiement instantané.
MAXIM ZMEYEV
La société temporaire EPI, qui porte le projet européen des paiements destiné notamment à contrer l'offensive des Gafam, a une nouvelle fois décalé l’annonce des participants au projet. Les banques françaises, belges et allemandes sont toujours partantes mais certaines, notamment espagnoles, hésitent toujours à investir dans ce nouveau projet alors même qu’elles sont déjà engagées dans de lourds investissements monétiques.
Nouveau retard pour le projet européen des paiements : dans un communiqué, EPI Interim Company, la structure temporaire qui porte le projet, a indiqué que la liste des actionnaires et des prestataires de services de la société « cible » (Target company qui doit effectivement lancer et financer le projet) ne sera annoncée que mi-mars, au lieu de mi-février. C'est le troisième retard annoncé depuis novembre. Le communiqué précise qu'une majorité de banques de Belgique, de France et d'Allemagne, ont déjà confirmé leur participation au projet.
Le projet EPI vise à créer un nouveau standard européen des paiements, notamment pour contrer la domination des grands schemes internationaux, comme Visa et Mastercard, mais aussi l'offensive des Gafam dans les paiements.
La solution proposée est de s'appuyer sur le paiement instantané, via une carte bancaire ou un wallet numérique, et ce pour toute l'Europe. Cette solution doit devenir une nouvelle norme de paiement, en ligne, en magasin et en P2P, qui viendra se substituer peu à peu aux solutions domestiques existantes, comme par exemple le GIE Cartes Bancaires ou Paylib en France.
Des questions en suspens
C'est là que le bât blesse. Certaines banques, notamment espagnoles, qui ont récemment lourdement investi dans leurs infrastructures de paiement, hésitent à remettre au pot sur une solution qui doit à terme faire disparaître une partie de leurs investissements. Le lancement du projet nécessite en effet une mise de départ de 1,2 à 1,5 milliard d'euros, à se répartir parmi tous les actionnaires. Mais moins il y aura de participants au départ, et plus la mise initiale sera élevée pour ceux qui restent dans le projet. D'où les longues et délicates négociations depuis plusieurs mois.
« La question est de savoir combien de banques vont y aller au départ. L'idée est pourtant de récupérer ce qui existe dans le paysage européen et d'investir l'ensemble des moyens de paiements, y compris la diffusion de l'euro digital. En échange, les banques ont reçu la promesse de la Commission européenne de ne plus toucher à la commission interchange », relève un observateur.
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