Acquisition : Alstom va prendre en compte les difficultés de Bombardier Transport

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(Crédits : Regis Duvignau)
Si le rachat de l'activité ferroviaire du groupe canadien par le groupe français pour un montant évalué entre 5,8 et 6,2 milliards d'euros a reçu l'aval des autorités de Bruxelles, Alstom annonce néanmoins vouloir prendre en considération la dégradation récente de la santé économique de Bombardier Transport dans ses futures discussions.

Alstom, qui a reçu le 31 juillet le feu vert de Bruxelles pour le rachat de Bombardier Transport, déplorait vendredi les difficultés "non prévues" auxquelles fait face la branche ferroviaire du groupe canadien et annonce vouloir "en tenir compte (...) lors des discussions à venir". "L'annonce des résultats trimestriels souligne des évolutions négatives et non prévues quant à Bombardier Transport, laquelle fait face actuellement à des difficultés, notamment par rapport aux informations disponibles en amont de l'annonce, le 17 février 2020, de l'acquisition envisagée de Bombardier Transport par Alstom", regrette le groupe français dans un communiqué. "Alstom tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier Inc", prévient-il encore sans plus de précision.

Numéro deux mondial du rail

La Commission européenne a autorisé sous conditions fin juillet le rachat, qui doit donner naissance au numéro deux mondial du rail, un an et demi après le mariage avorté entre Alstom et Siemens. Le 17 février, le constructeur ferroviaire français avait indiqué que le prix serait compris entre 5,8 et 6,2 milliards d'euros. La fusion elle-même ne semble toutefois pas remise en cause, Alstom indiquant qu'il "maintient sa forte conviction dans le rationnel stratégique de l'acquisition de Bombardier Transport". Le groupe est "confiant dans sa capacité à rétablir à moyen terme la rentabilité et les performances commerciales des activités de Bombardier Transport", poursuit-il.

Recul de 33% du chiffre d'affaires trimestriel

Basé à Berlin, Bombardier Transport a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 8,3 milliards de dollars américains (7 milliards d'euros), terminant l'année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars (30,1 milliards d'euros). Cette branche de Bombardier est détenue à 32,5% par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Au deuxième trimestre, son chiffre d'affaires a reculé de 33%. La branche ferroviaire a dû inscrire une charge additionnelle de 435 millions de dollars "liée en grande partie à des coûts additionnels d'ingénierie, de certification et de modifications associés à un certain nombre de projets en voie d'achèvement principalement au Royaume-Uni et en Allemagne", a précisé Bombardier début août.

De son côté, Alstom a bouclé son exercice 2019-20 (clos fin mars) avec un chiffre d'affaires en légère progression, à 8,2 milliards d'euros. Son carnet de commandes culmine à 40,9 milliards d'euros.

Vers 11h15 (heure de Paris), à la Bourse de Paris, l'action Alstom perdait 1,63% à 46,56 euros, dans un marché en légère hausse, l'indice SBF 120 progressant de 0,42%.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2020 à 11:59 :
Visiblement Alstom n'a pas fait son job lors de la Due Diligence de Bombardier.
Les points "liée en grande partie à des coûts additionnels d'ingénierie, de certification et de modifications associés à un certain nombre de projets en voie d'achèvement principalement au Royaume-Uni et en Allemagne" était bien connu depuis un bon moment, bien avant le Covid 19, tout comme les charges importants en Suisse dû à des années de retard et des problèmes de qualité.
Alstom veut juste diminuer le prix, sous des prétextes plus que discutable.
a écrit le 10/08/2020 à 14:39 :
Les français sont amusants, ils se targuent de racheter Alstom alors que c'est l'inverse qui se passe. Dans les faits, Alstom rachète Bombardier avec de l'argent issu d'une augmentation de capitale qui voit la CDPQ devenir l'actionnaire principal du nouveau groupe. Or qui est la CDPQ? c'est l'état québecois ! A votre avis, lorsqu'il faudra faire un choix industriel entre le site quebecois de La pocatiere (Quebec) et un site en France, qu'est ce qui va pencher dans la balance ? Idem avec la fusion PSA-FCA, dont l'actionnaire majoritaire va être la famille Agnelli. À force de taper sur les grands groupes industriels francais depuis 20 ans, ils sont devenus si faibles qu'ils meurent. Triste mais inexorable tant que le français ne changeront pas de vision quant à l'économie, la valeur du travail et l'industrie.
Réponse de le 10/08/2020 à 18:42 :
Mon commentaire contient une erreur. Il fallait lire " ils se targuent de racheter Bombardier alors que c'est l'inverse qui se passe"
Réponse de le 11/08/2020 à 9:33 :
Sur le site internet de la CDPQ au 17 février 2020: À la clôture de la transaction, la Caisse détiendra environ 18 % des actions d’Alstom et deux sièges au conseil d’administration.

Si pour vous avec 18% du capital la CDQP rachète Altsom alors bravo. Une majorité c'est 50, 01% des actions. La caisse va devenir l'actionnaire de référence d'Alstom avec 18%.
Réponse de le 11/08/2020 à 11:49 :
Et pk les quebecuos une ex-colonnie francaise doivent acheter une entreprise francaise.D'ailleurs Quebec est plein avec des chinois.C'est le meme pour PSA Fiat e tjrs en dificultes financieres et ils veulent d'etre les chefs.Ca marche po.

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