A400M : Airbus menace les pays clients d'abandonner

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'avionneur européen, filiale d'EADS, n'hésite pas à évoquer ce mardi un abandon du projet si aucun accord n'est trouvé sur le financement du programme avec les sept pays clients de l'avion militaire.

Airbus hausse le ton face aux pays clients de l'A400M. Alors que les négociations battent leur plein sur le financement du programme de l'avion militaire, un abandon du projet est évoqué ce lundi par des sources au sein de l'avionneur, filiale du groupe européen d'aéronautique, d'espace et d'armement EADS. De quoi mettre la pression sur les discussions.

Selon le Financial Times Deutschland, le patron d'Airbus, l'allemand Thomas Enders, serait très sceptique sur la conclusion d'un accord d'ici fin janvier avec les sept pays de l'Otan acquéreurs de l'appareil. Il estimerait ainsi les chances de réussite à seulement 50%. De fait, Tom Enders préparerait l'abandon de l'avion de transport militaire A400M. Selon le journal, des listes d'ingénieurs, qui seraient réaffectés de l'A400M à d'autres programmes de développement du groupe, sur l'A380 et sur l'A350, existeraient déjà.

D'autres sources citées par l'agence Reuters vont dans le même sens. Airbus n'aurait ainsi pas l'intention de sacrifier ses activités civiles pour sauver l'A400M si les gouvernements européens ne prennent pas à leur charge une partie plus importante des surcoûts liés à son développement.

Même de façon plus officielle, Airbus ne cache pas sa volonté de mettre la pression sur les négociations. Un porte-parole de l'avionneur rappelle ainsi la déclaration de Tom Enders en mars 2008, selon laquelle il vallait mieux "une fin qui provoque des cris d'orfraie, que des cris d'orfraie sans fin".

Il faut dire que l'enjeu est de taille puisqu'Airbus cherche à partager les 5 milliards d'euros de surcoût attendu sur le programme de l'A400M. L'avionneur a déjà dû passer pour 2,4 milliards d'euros de provisions. Depuis plusieurs mois, l'avionneur négocient donc avec les sept pays clients de l'avion, qui ont commandé un total de 180 appareils pour 20 milliards d'euros.

En Bourse, le titre EADS termine ce mardi dans le rouge avec un repli de 0,32% à 13,94 euros.

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