Ariane 5 : 100 vols, 95 succès, 5 échecs

 |   |  757  mots
La mission 243 était le centième lancement d'Ariane 5 depuis juin 1996
La mission 243 était le centième lancement d'Ariane 5 depuis juin 1996 (Crédits : Arianespace)
A l'occasion de son 100e lancement réussi dans la nuit de mardi à mercredi (mission VA243), le lanceur lourd européen a mis en orbite deux satellites de télécoms.

100 lancements pour Ariane 5 depuis juin 1996. A l'occasion de son 100e lancement réussi dans la nuit de mardi à mercredi (mission VA243), le lanceur lourd a mis en orbite deux satellites de télécoms (Horizons 3e et Azerspace-2/Intelsat 38) d'un poids total de  9.940 kg. Ce centième vol a marqué un double événement dans l'histoire de l'Europe spatiale et d'Arianespace : 100e lancement d'une Ariane 5 depuis 1996 et 300e lancement pour l'ensemble de la famille de lanceurs Arianespace (famille Ariane, Soyuz et du lanceur léger italien Vega).

Avec ce 100e vol, Ariane 5 aura mis en orbite un total de 207 satellites pour 68 clients, représentant une masse cumulée de plus de 790 tonnes. A partir de 2020, un dernier lot d'Ariane 5 sera exploité de façon concomitante avec Ariane 6 avant la pleine capacité opérationnelle du futur lanceur, prévue en 2023... et l'arrêt d'Ariane 5. En 22 ans de carrière, Ariane 5 a connu cinq versions : Ariane 5 G, G+, GS, ES et ECA. Ariane 5 ES a été lancée huit fois depuis 2008. Ariane 5 ECA a, quant à elle, effectué 62 lancements vers l'orbite géostationnaire depuis 2002.

Elle a enregistré "un gain de performance de 15% depuis son entrée en service et a atteint un record d'emport vers l'orbite géostationnaire de 9.969 kg de masse nette lors du vol VA237 (1er juin 2017)", a précisé Arianespace dans son communiqué.

Un champion à l'export

La mission V243 reflète bien la carrière d'Ariane 5: sur les 205 satellites que le lanceur a placés en orbite depuis 1996, 170 l'ont été sur des orbites géostationnaires, avec 153 dédiés aux télécoms et 141 lancés pour le compte d'entreprises privées. Au fil des ans, le lanceur Ariane 5 s'est donc imposé comme une des références du lancement vers l'orbite géostationnaire. Plus de 50% des satellites mis en orbite par le lanceur lourd l'ont été pour le compte d'opérateurs situés en dehors de l'Europe, ce qui en fait un champion à l'export.

De nombreuses missions européennes emblématiques ont également jalonné l'histoire d'Ariane 5 : XMM-Newton en 1999, ENVISAT en 2002, Rosetta en 2004, Hershel et Planck en 2009, les cinq lancements des cargos automatiques ATV (ravitaillement de l'ISS) entre 2008 et 2014 et trois lancements pour la constellation de navigation européenne Galileo (12 satellites) entre 2016 et le 25 juillet 2018. Le 19 octobre prochain, c'est le satellite BepiColombo (ESA en partenariat avec la JAXA) qui embarquera à bord d'Ariane 5.

Une fiabilité exemplaire

En dépit de cinq échecs depuis 1996, Ariane 5 confirme avec ce nouveau vol réussi en 22 ans de service, sa réputation de lanceur commercial le plus fiable au monde. Le lanceur lourd européen a atteint 98,1% de fiabilité, selon la méthode AMSSA, citée par Arianespace. ArianeGroup a communiqué sur cette fiabilité en donnant quelques données : 75e succès consécutif du moteur Vulcain® 2, 100e succès des étages propulsifs EAP (étages à poudre) et 140e succès consécutif du moteur HM7B.

Pour autant, la fête est un peu gâchée par la mission V241 en partie ratée en début d'année. Les investigations de la commission d'enquête indépendante "ont démontré que l'anomalie de trajectoire résulte d'une valeur erronée dans la spécification de mise en œuvre des deux centrales inertielles du lanceur". Du coup, les satellites SES-14 (SES) et Al Yah 3 (Yahsat, l'opérateur des Émirats Arabes Unis) ont été largués sur une mauvaise orbite de transfert géostationnaire (GTO) en raison d'une erreur d'inclinaison dès le départ. L'erreur de programmation bête... En revanche, "le lanceur et le programme de vol ont parfaitement fonctionné", avait estimé la commission.

Lors du premier tir d'Ariane 5 le 4 juin 1996 à Kourou, le lanceur a été détruit après 37 secondes de vol en raison d'une erreur informatique. Le deuxième lancement, le 30 octobre 1997, a été également considéré comme un échec. La mission est allée à son terme mais l'orbite souhaitée n'a pas été atteinte à la suite d'un mouvement de rotation du lanceur sur lui-même. Le troisième vol d'Ariane 5 a été en revanche une réussite totale. Aux deux premiers échecs d'Ariane 5, s'ajoutent ceux survenus sur des vols commerciaux, en 2001, 2002 et 2018. Lors du vol du 12 juillet 2001, il n'y a pas eu de panne franche, ni d'erreur de pilotage. Le problème est venu du moteur du dernier étage qui a fonctionné moins longtemps que prévu. Par ailleurs, le 11 décembre 2002, le vol inaugural d'Ariane 5 ECA s'est terminé dans l'océan Atlantique, à la suite d'une défaillance du moteur Vulcain 2, équipant l'étage principal du lanceur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/09/2018 à 8:02 :
C'est possible de connaître le détail des calculs de la méthode AMSSA ?
Parce qu'avec 2 échecs + 3 partiels sur 100 lancements, ce n'est pas compliqué de comprendre qu'on a au mieux 98.0% de réussite...
S'ils arrivent à considérer fiable un échec total, il va falloir qu'ils m'expliquent leur façon de penser !
Par ailleurs cette fiabilité ayant été annoncée AVANT la réussite de la mission, elle ne doit pas prendre en compte le 100eme lancement.
A moins qu'ils ne redéfinissent aussi les bonnes pratiques dans le milieu, comme ça a déjà été le cas avec les annonces publiques pendant VA241 alors qu'ils étaient dans le flou total ?
a écrit le 27/09/2018 à 7:44 :
A peu près la même fiabilité que les indiens, qui viennent de lancer la 44ème fusée PSLV avec seulement 2 echecs dont la première.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :