Le gouvernement a publié vendredi matin deux décrets, l'un portant sur des annulations de crédits budgétaires, l'autre sur des ouvertures de crédits. Comme l'avait révélé La Tribune la semaine dernière, les industriels seront mis à la diète en 2017. Ainsi, le ministère des Comptes publics a abondé le programme 178 de la mission défense (Préparation et emploi des forces) à hauteur de 643,2 millions d'euros au total. Dans le même temps, un autre décret a annulé 850 millions d'euros de crédits de paiement sur le programme 146 (Équipement des forces). Ils étaient déjà gelés.
Ce qui est "faux", a affirmé ce vendredi le député Républicain François Cornut-Gentille. , "Le montant de 450 millions d'euros n'a pas été fixé en fonction du contrat opérationnel mais lors de l'adoption de loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, il a estimé que ces annulations de crédits budgétaires sont "en contradiction avec l'article 4 de la LPM toujours en vigueur : la dotation annuelle au titre des opérations extérieures est fixée à 450 millions d'euros. En gestion, les surcoûts nets, hors titre 5 et nets des remboursements des organisations internationales, non couverts par cette dotation qui viendraient à être constatés sur le périmètre des opérations extérieures font l'objet d'un financement interministériel".
En outre, plus de 40 millions d'euros de crédits de paiement supplémentaires ont été annulés au sein du ministère des Armées. Soit au total près de 900 millions d'euros perdus par Florence Parly. Mais entre 643 millions d'euros de crédits de paiement ouverts et 891,8 millions d'euros d'annulations, il y a une différence de 248,6 millions. Où va ce delta? Toutes ces coupes ont fait littéralement exploser de colère le chef d'état-major des armées et ont conduit à sa démission.
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Parmi les 40 millions d'euros de crédits de paiement du ministère des Armées annulés, 25 millions portent sur le programme 169 (Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant), 15,6 millions sur le programme 191 (Recherche duale) qui devaient abonder les budgets du CNES et du CEA, et, enfin, 1,2 million sur le programme 167 (Liens entre la Nation et son armée), pourtant cher à Emmanuel Macron... La publication de ce décret est l'épilogue d'une crise majeure entre le président et les militaires, qui laissera des traces très longtemps. D'autant que les propos inélégants du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner à propos du général de Villiers seront appréciés à leur juste mesure par les militaires.
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