Aussitôt annoncé, aussitôt fait. Cela n'a pas trainé. Le gouvernement a préparé plusieurs décrets dont un pour abonder de crédits budgétaires le programme 178 de la mission défense (Préparation et emploi des forces). Soit 643,2 millions d'euros au total. Dans le même temps, un autre décret annule 850 millions d'euros de crédits de paiement sur le programme 146 (Équipement des forces). Ils étaient déjà gelés.
En outre, plus de 40 millions d'euros de crédits de paiement supplémentaires ont été annulés au sein du ministère des Armées. Soit au total près de 900 millions d'euros perdus par Florence Parly. Mais entre 643 millions d'euros de crédits de paiement ouverts et 891,8 millions d'euros d'annulations, il y a une différence de 248,6 millions. Où va ce delta? En tout cas, toutes ces coupes ont fait littéralement exploser de colère le chef d'état-major des armées. Selon des sources concordantes, le général Pierre de Villiers aurait dit mercredi matin à propos des coupes budgétaires lors de son audition à la commission de la défense de l'Assemblée nationale : "Je ne me laisserai pas b..... comme cela".
Parmi les 40 millions d'euros de crédits de paiement du ministère des Armées annulés, 25 millions portent sur le programme 169 (Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant), 15,6 millions sur le programme 191 (Recherche duale) qui devaient abonder les budgets du CNES et du CEA, et, enfin, 1,2 million sur le programme 167 (Liens entre la Nation et son armée), pourtant cher à Emmanuel Macron... qui reçoit Donald Trump lors du défilé du 14 juillet. Les militaires, quant à eux, apprécieront ce coup de poignard.