Le « continuum air et espace » face aux nouvelles menaces
Natasha Laporte
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A l'heure où la défense aérienne souffle ses 80 bougies, les enjeux se complexifient. « Les menaces sont diversifiées, certaines plus lentes, d'autres plus furtives », rappelle le général Laurent Rataud, au commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) à l'état-major de l'air et de l'espace.
En particulier les drones, malveillants ou hostiles, se multiplient et constituent d'ailleurs sa principale préoccupation du moment pour préparer le salon du Bourget. « Plus les technologies vont évoluer et plus nous serons collectivement amenés à voler de plus en plus haut et de plus en plus vite, que l'on soit industriel, du milieu de la défense, civil ou militaire », abonde le général Alexis Rougier, officier général en charge de la très haute altitude à l'état-major de l'armée de l'Air et de l'espace.
Ainsi, tandis qu'aujourd'hui, la majorité des aéronefs volent en dessous de 20 km d'altitude, c'est désormais l'espace entre 20 et 100 km qui se verra investi, d'un côté par des aéronefs lents, HAPS (High Altitude Permanent System), principalement des ballons, et de l'autre, par des armements hypervéloces. Or « dès que vous êtes au-dessus de 20 km, la réglementation actuelle fait que vous n'êtes plus contrôlé. Se pose donc une question de souveraineté, même si le traité de Chicago de 1944 dit que l'air est souverain », analyse-t-il. En outre, le traité sur l'espace de 1967 n'indique pas quand commence l'espace alors qu'il est libre...
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La question est complexe, d'autant que, puisque l'air se raréfie de manière continue, à un moment donné, on bascule de l'air à l'espace dans une forme de continuité. « Ce qui fait frontière entre l'un et l'autre, c'est que d'un côté, on parle d'aéronefs qui volent et de l'autre, d'objets spatiaux. C'est une approche fonctionnaliste », décrypte le général Rougier. A des enjeux de supériorité opérationnelle s'ajoute une question de coopération, dans un domaine « technologiquement très compliqué », poursuit-il. Bref, la question de la haute altitude ne peut être abordée que « ensemble, avec la base industrielle et technologique de défense, avec nos alliés ».
Natasha Laporte
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